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5 août 2012

The Amazing Spider-Man


Mis en œuvre principalement pour éviter de remettre la licence sur le marché, ce reboot a en plus l'inconfort de passer derrière la trilogie récente et globalement réussie de Sam Raimi. Et 10 ans plus tôt, la pilule serait peut-être passée.

Malgré une volonté de ne pas se référer aux films de Raimi (quoique, certains plans semblent largement le citer, ou le plagier) et en reprenant entre autre des éléments de la BD non exploités précédemment, ce Tisseur pèche au fur et à mesure du film par manque d'intensité et de personnalité, le réalisateur semblant être submergé par ses effets visuels.

Passant aussi à côté de son méchant (que ce Lézard est laid !), de certaines bonnes idées (quid de ces flics transformés en reptiles ?) et de son teaser final, il se rattrape quelque peu grâce à une jolie relation Gwen Stacy/Peter Parker (le regard d'Emma Stone...) et un très beau couple en Ben et May Parker, incarnés à l'écran par deux superbes acteurs (Sally Field et Martin Sheen).

Pas vraiment amazing, pas honteux non plus, cet Amazing Spider-Man est plutôt anecdotique, et malgré un nom de famille collant au plus près du sujet, le réalisateur Marc Webb n'avait clairement pas les épaules pour.

2 août 2012

The Dark Knight Rises


Il est difficile de reprocher à Nolan son sens du cadre, de la caméra et sa volonté de proposer du cinéma à la fois spectaculaire et cérébral. Mais ce qui pointait déjà dans les précédents volets du Dark Knight et qui sautait aux yeux dans le surestimé Inception, c'était le manque d'humanité, de sentiments, d'émotion, d'empathie. Tout semblait être coulé dans du béton armé, dans un réalisme chirurgical, formellement impressionnant mais humainement vide.

Et cet ultime volet de la saga Batman version Nolan est à ce titre une vraie surprise. Enfin, Nolan conjugue sa science du plan (et de l'arrière-plan), du découpage, de la composition avec, dans sa camera, une véritable empathie pour ses personnages qui transpire de la bobine.

Nolan propose certes une conclusion, mais tout d'abord 2h40 de cinéma extrêmement maitrisé et réfléchi, où Gotham en véritable personnage à part entière subit toutes les plaies étasuniennes (de la bomba atomique au 11 septembre), refusant la 3D (mais éblouissant les mirettes avec des plans IMAX), au casting sans faute et conservant jusqu'au bout la logique et le cadre qu'il a donné à son Batman.

A mon humble avis, ce Dark Knight Rises est tout bonnement le meilleur des trois, tout en étant de bout en bout indissociable des deux précédents films. Et peut être bien le meilleur Nolan à ce jour. Et, juste histoire de, si Michelle Pfeiffer sera à tout jamais Catwoman, Anne Hathaway fait une formidable Selina Kyle.

1 mai 2012

Avengers


Après la qualité très variable des précédents films annonçant la réunion de famille, et sachant que cette même réunion fut décidé quelque peu sur le tard, réussir à lier tout cela tout en s'en démarquant relevait de la quasi mission impossible. Puis Joss Whedon arriva et et l'espoir apparu au bout du tunnel. Mais au final, a-t-il réussi ?

Serait-ce de par sa science de la gestion de personnages multiples acquise au cours des 7 saisons de Buffy ? Serait-ce grâce à sa connaissance et son travail fait avec Marvel autour de comics ? Serait-ce parce qu'il a eu les coudées franches ? Car, oui, Whedon, réussit à (re)lancer une franchise pas forcément bien barrée, et il le fait avec un talent fou. Autant sur le scénario qu'à l'écran, Whedon fait montre d'une maîtrise impressionnante, n'oubliant aucun personnage (tous ont leurs moments de gloire), ne les dénaturant jamais (voire, comme avec la Veuve Noire, leur donne enfin de l'ampleur), s'amusant avec eux au détour de répliques cinglantes (les vannes d'Iron Man sont de grands moments). Et, surtout, il n'oublie jamais le fait que ces Avengers sont une alliance improbable et fragile entre des "héros" ne partageant, à l'inverse des X-Men, que la préservation de leurs intérêts individuels.

Mis en valeur par un méchant, Loki, à la hauteur de leurs égos respectifs, ces Avengers crèvent l'écran et Whedon gagne enfin la reconnaissance du grand écran. Et il n'hésite pas à donner une leçon de cinéma d'action lors de la bataille finale, véritable mélange entre une guérilla urbaine et une guerre de tranchées, gérant à merveille tous les enjeux narratifs et visuels avec un sens de l'équilibre enivrant, là où un Michael Bay ne propose avec une séquence similaire dans Transformers 2 que déstruction priapique et hystérique.

Si Abrams, au parcours relativement similaire (à l'exception que Whedon a été moins couronné de succès après Buffy sur grand et surtout petit écran, malgré des œuvres exceptionnelles comme Dollhouse), est désormais bien installé autant sur petit que sur grand écran, gageons qu' Avengers permettra aussi à Whedon de connaître la même reconnaissance, au delà de geeks comme moi vénérant son whedonverse, et de lui permettre de poursuivre avec un deuxième Avengers annoncé (ne partez pas au générique de fin). Car le futur grand méchant promet.

22 févr. 2012

Captain America The First Avenger


Je n'attendais rien du Captain, loin de faire partie de mon panthéon Marvel. Et les films tournant autour des Vengeurs (Thor et Iron Man) ne m'ont jusqu'alors guère emballé. Si l'on ajoute à ça un super héros fleurant bon un patriotisme que je ne goûte guère et un Joe Johnston à la caméra, pourtant compagnon de route de Lucas et Spielberg, qui ne m'a jamais emballé en tant que réalisateur, dubitatif pourrait être aisément le mot définissant mon état d'esprit avant de visionner ce film.

Et c'est agréable d'être surpris comme cela. A comparer de ses précédentes réalisations (au hasard : Rocketeer, Jumanji et Jurassic Park III), Joe Johnston signe là sûrement son meilleur film. Jouant à fond la carte de l'aventure, de l'action et de l'héroïsme old school, sans jamais flirter avec la naphtaline d'un patriotisme rance et burné (le film détourne même de façon intelligente la propagande de guerre), il nous offre deux heures de spectacle rétro-futuriste divertissant, au sens le plus noble du terme. A ce titre, les effets spéciaux et autres CGI sont, à l'inverse d'un Thor ou d'un Green Lantern, là pour servir le film, offrir le cadre visuel adéquat, et pas juste pour en mettre plein la vue en essayant de masquer l'indigence d'un scénario.

Un héros très humain (Chris Evans, convaincant), un vrai méchant (Hugo Weaving, impeccable sous le masque du Crane Rouge), des seconds rôles solides (Tommy Lee Jones en tête), le film n'oublie pas non plus de se référer à la BD de Kirby, ne serait-ce que par la présence des Howlers, le commando qui suivra le Captain dans sa guerre contre Hydra. Et Joe Johnston se permet même de citer Indiana Jones (une réplique du Crane Rouge, rappelant la recherche de reliques dans le désert, ainsi que sa mort, assez proche de celle des nazis dans l'Arche Perdue) et Star Wars, dans une poursuite forestière à moto rappelant celle en speeder du Retour du Jedi.

Et si, à titre personnel, j'aurais largement préféré que le film se termine sur ce crash polaire (les 5 dernières minutes étant là uniquement pour faire le lien avec la réunion de famille que sera The Avengers), je ne boude pas pour autant mon plaisir. Honnête de bout en bout, Captain America m'a, et j'en suis le premier surpris, tout simplement conquis.

15 févr. 2012

Green Lantern


L'affiche est vilaine, hein ? Ca tombe bien, vous ne serez pas déçu en regardant le film, croisement improbable entre Top Gun et Ghost Rider, totalement conforme à l'esthétique de cette affiche.

Particulièrement laid visuellement (Thor est à côté un sommet de classe et de bon goût), il est tout aussi pénible à suivre, ennuyeux (des scènes d'action ? Quelles scènes d'action ?) et passant régulièrement à coté des enjeux super-héroïques, bien que se voulant moqueur (l'autre super-green héros, côté frelon, a été bien plus malin et ambitieux) mais se référant tout autant au glorieux anciens (ne serait-ce pas Superman que je vois débouler sur le balcon de la belle). Ne prenant jamais au sérieux son héros, tout se dégonfle, y compris le trauma initial (la mort du père, sommet risible de sadisme), et tout ça pas aidé par un faiblard super-méchant et son side-kick (malgré lui) jaloux et revanchard. Même l'utilisation de l'anneau et ses possibilités infinies ne sont pas exploités.

Le casting aurait pu sauver un peu le tout (Tim Robbins, la jolie Blake Lively en brune, Mark Strong), mais là non plus il n'y a pas grand chose à sauver, faute à des personnages plats et inconsistant, Ryan Reynolds remportant aisément la palme de la fadeur.

Bref, tout ça manque cruellement d’héroïsme, d'imagination, de finesse. Green Lantern rejoint ainsi sans problème Ghost Rider dans le club trop peu fermé des purges super-héroïques et malheureusement, comme suggère l'image finale, un suite se profile à l'horizon...

25 janv. 2012

The Green Hornet


J'ai fait partie de ceux qui, effrayés par la formule "gros budget+Michel Gondry", ont fait l'impasse lors de la sortie en salle dudit Green Hornet, par peur de voir dilués dans la soupe hollywoodienne les petits plus qui nous plaisent tant chez Gondry : la bricole, l'inventivité l'amour du pastiche et ce goût sans fin pour la culture des séries B, des séries TV, des comics...

Et bien mal m'en a pris. Ce Green Hornet, sous les oripeaux du popcorn movie, porte en lui ce truc qui fait le charme et honnêteté des films de Gondry. Ce Green Hornet est un pastiche de film de super-héros, voire même un pastiche de Batman, où tout ce qui fait l'origine de l'alter-ego de Bruce Wayne est ici inversé, en faisant d'un duo de sales gosses (également peu enclins à partager avec Peter Parker cette idée du "grand pouvoir, grandes responsabilités") les héros du film, qui d'ailleurs rappellent plus le buddy movie façon Lethal Weapon que le couple Batman-Robin.

Et c'est d'ailleurs sûrement cette étonnante mayonnaise, propre aux films de Gondry, qui fait le charme de ce Green Hornet, où tout élément porte le germe de son pastiche sans jamais le ridiculiser (le méchant joué par un Christoph Waltz est à ce titre révélateur). Et je serai même tenté d'y voir tout autant et voire plus un hommage à ces fameux buddy movies qu'un "simple" film de super-héros, ne serait-ce que par le peu de considération que nos héros ont du bien public, mais aussi par leur relation, les origines éloignées et la jolie fille au milieu.

Et si Michel Gondry garde cette sincérité, je lui promets de ne plus jamais douter de sa capacité à faire d'une commande un film qui porte sa griffe. Car, pour moi, ce Green Hornet entre tout droit dans mon top des films de super-héros.

30 sept. 2011

Misfits, saison 2


Après une première saison efficace et addictive, on pouvait quand même bien se demander si la suite serait une redite (le petit manque de perspective au niveau de l'intrigue) ou arriverait à maintenir le niveau (bons mots de l'inénarrable Nathan, la "malédiction" du superviseur des TIG, rythme soutenu, personnages attachants) en gommant les petites scories de la première, dont le très relatif intérêt d'un personnage comme Alisha, véritable viagra sur (très jolies) jambes et dont les faibles perspectives dues à son pouvoir semblaient bloquer le personnage dans son évolution.

Pour faire bref (contrairement à la phrasagraphe précédente),Howard Overman (le créateur et unique scénariste de cette seconde saison) y est bel et bien arrivé. Entre le mystérieux cascadeur en noir (et je ne ferai pas de spoiler), Alisha dont le rôle s'étoffe, Nathan qui n'est pas que (même s'il l'est beaucoup) cette andouille insupportable et des perspectives plutôt sombres, cette deuxième saison démontre les ressources de son créateur-scénariste (vous ne verrez plus les produits laitiers comme des sensations si pures que ça...). Et il est aussi agréable, pour le spectateur que je suis, de voir un concept (ce qu'était un peu la première saison) s'étoffer pour devenir un véritable récit.

Je ferai juste ma fine bouche sur le Christmas Special (grande tradition dans les séries anglo-saxonnes), considéré comme le septième épisode de cette saison. Si le but de l'épisode est de donner les prémices de l'intrigue de la troisième saison (cette automne en outre-manche), et de ce point de vue là ces éléments font saliver, j'ai été un peu plus circonspect par l'autre facette, l'épisode (même si le pitch, un prêtre qui devient Jésus en achetant des pouvoirs, avait du potentiel) souffrant de quelques ellipses si l'on le rattache au sixième : que s'est-il donc passé entre les deux ? Il y a trop de vide pour une série qui nous a vite habitué à ne pas trop laissé planer de mystère. Et j'ai été ainsi bien plus emballé par ceci (VO non sous-titrée, et attention spoilers si vous n'avez pas vu cette deuxième saison).

Avec toujours cette réalisation nerveuse et glacée en adéquation avec le décorum (et il y en aurait à dire sur cette ambiance de béton, impersonnelle et anxiogène, cf. l'énorme épisode - s02 ép04 - où le pouvoir d'un mec est celui de vivre sa vie comme s'il était le personnage d'un jeu façon GTA), des acteurs toujours aussi bons, une BO excellente, vous ne pouvez pas passer à côté. Et surtout, n'essayez même pas de savoir s'il existe une VF, c'est à voir en VO. Et ça ne se discute pas.

24 août 2011

Misfits, saison 1


Dernière sensation venue d'outre-Manche, Misfits montre une fois de plus que nos voisins britons savent faire de le bonne série.

En seulement 6 épisodes pour cette première saison, la série se pose vraiment comme celle à surveiller du coin de l’œil, tant l'approche du super-pouvoir est ici abordé de manière rafraichissante, sur certains aspect même décomplexé sans vouloir tomber dans la caricature. Ces pouvoirs tombent littéralement sur la tête de ces 5 marginaux (traduction de misfits), ou au moins 4 d'entre eux (et quelques autres), et ils essayent de s'en dépatouiller tant bien que mal, avec leurs problèmes de jeunes adultes pas franchement dans les clous et surtout avec leur travaux d'intérêt généraux. Pas vraiment d’héroïsme donc, mais de la survie, plutôt.

Les personnages sont bien construits et les 6 épisodes nous permettent de mieux découvrir chacun. On sent tout de même quelques personnages plus fort, plus porteurs, comme Nathan (au milieu sur la photo, insupportable et drolatique petit con égoïste sans pouvoir) et surtout Simon (à droite toute sur la photo), attachant et dérangeant, sûrement le personnage le mieux écrit. Les filles sont un peu en retrait à mon goût, malgré Kelly, au caractère bien trempée, garçon manqué à l'accent (en VO, of course) improbable et inimitable.

Coté histoire, difficile de faire la fine bouche (visuellement ça a de la gueule, et coté narration et action on ne s'ennuie guère), mais je me permettrai, suite à la vision de cette première saison, d'émettre quelques réserves sur la possibilité de tenir cette série sur la longueur. Si cette première saison est une excellente saison d'introduction, il manque un petit fil conducteur, quelque chose qui nous montrerait que le créateur sait d'une manière ou d'une autre où il souhaite nous emmener (mis à part, peut-être, ce mystérieux cycliste à capuche du cinquième épisode ?).

Mais cela reste tout de même un peu du pinaillage (en attendant en tout cas le visionnage de la deuxième saison), tant la qualité globale de ces 6 épisodes, la liberté de ton, l'humour, l'esprit railleur et une BO d'enfer font qu'on devient rapidement accro à Misfits. Immanquable donc, et en VO, uniquement.

14 août 2011

Hellboy 2 : Les Légions d'Or Maudites


On ne change pas une équipe qui gagne, dit-on. Mais encore faut-il gagner avec la manière. Si Hellboy est une franche réussite, sur tous les points de vue, j'ai du mal à l'être autant emballé par sa suite même si, à première vue, tout semblait être réuni pour me faire frétiller mes neurones de fanboy primaire, avec, en premier lieu, un fantastique encore plus présent, que Del Toro chérit particulièrement.

Et c'est sûr que visuellement, il n'y a rien à redire : c'est superbe, grandiose, merveilleux. Du travail d'orfèvre. Mais ça ne fait pas un film, surtout un film d'Hellboy. Et c'est là où le bât blesse.

Comme dans Blade 2, happé par cette civilisation elfique et ce monde magique en fin de cycle, Del Toro lâche son BPRD, un peu en cours de route, préfèrant disserté sur une magie qui se meurt, tel cet esprit de la nature (séquence grandiose mais amère), détruit par le BPRD pour sauver la ville, dernier représentant de son espèce, qui meurt en offrant la nature à la ville dans une séquence émouvante mais perturbante, car il nous manque le principal : de vrais ennemis.

Le prince elfe est un ennemi malgré lui, par ses méthodes, mais son combat se comprend. L'esprit de la nature est un ennemi malgré lui, lui aussi. Seuls les créatures anthropophages de la salle des enchères nous offrent notre dose d'ennemis digne de ce nom, là où la clique de Rasputin nous en donnait pour notre argent dans le premier.

Alors c'est peut-être un pari de la part de Del Toro, de ne pas avoir voulu nous faire un méchant bigger and louder (et pourquoi pas d'ailleurs), mais on perd aussi un peu Hellboy, plus caricatural, moins attachant que dans le premier. Il y a une ambiance de fin de règne, de déprime glissant doucement vers la dépression dans ce film, peut-être volontaire mais mal gérée, qui rend au final le film bancal. Comme si, entre son appétit pour les univers fantastique et son amour du personnage et de l'univers d'Hellboy, Del Toro avait clairement laissé ses pulsions prendre le dessus sur le film.

13 août 2011

Hellboy


Vu que je ne suis pas d'humeur à tourner autour du pot, faisons simple : Hellboy fait partie des toutes meilleurs adaptations d'un comics à l'écran. Respectueux du matériau de départ et fidèle à l'esprit, Del Toro (et Mignolia, qui est loin d'avoir été un simple consultant) nous gratifie en plus d'un scénario d'aplomb, équilibré avec des personnages bien écrits et une intrigue prenante.

Entre des méchants vraiment méchants (la palme à Kroenen), des grosses séquences d'actions (la poursuite entre Hellboy et Sammael), des SFX et des décors de qualité et des acteurs au poil (aucune star mais que du bon, de Perlman à Selma Blair, en passant par John Hurt et Karel Roden en Rasputin, glacial et dérangeant), il n'y a rien a jeter. Et on ne remerciera jamais assez James Cameron d'avoir conseillé à Del Toro le maquillage (superbe travail de Rick Baker) pour Hellboy, plutôt que les images de synthèse, tant Perlman s'est glissé dans ce rôle comme dans un gant et que ce fils des enfers nous paraît vrai. Car on s'y attache, et ce n'est pas le moindre tour de force qu'a réussi Del Toro pour ce grand blockbuster.

5 juil. 2011

X-Men Origins : Wolverine


Où comment bousiller l'aura animale d'une des icônes Marvel pour en faire une espèce de truc caricatural, digne des pires heures du cinéma d'action. Situations milles fois vues et revues, traitées sans même une once de tentative d'originalité, de l'opposition des deux frères à la planque au fond des bois pour oublier une vie de crimes, de la situation du gars qui n'a plus rien à perdre à la trahison de tous.

Bourré de clichés (le sourire au coin des lèvres, Wolverine marche au ralenti quand explose en second plan un hélicoptère) qui semblent faire la moelle épinière du scénario, le Wolverine présent ici a plus rapport avec une éventuelle franchise musculeuse quelconque de la "grande" Cannon dans les eighties qu'au personnage trouble et violent qu'il est sensé être. Mais il faut faire des choix, et le choix ici est clairement de capitaliser sur le merchandising de la Marvel.

Alors, amoureux du personnage de papier ou de celui dessiné par les films de Singer (Hugh Jackman réussit une superbe imitation/caricature de lui-même jouant Wolverine en pire), passe ton chemin. Jamais capable de produire une seule miette de qualité (à part peut-être la fugace apparition de Wade Wilson, pour les connaisseurs, rare élément presque en lien avec l'univers originel) y compris dans les scènes d'action, voilà une péloche digne de passer directement aux oubliettes.

Voire, si vous pouvez éviter de regarder ce machin (avec cependant une dispense pour les masos et les pervers) et vous contenter de tout le mal que j'en dis et que j'en pense...

4 juil. 2011

X-Men : L'Affrontement Final


Exit Bryan Singer, engagé sur le (plutôt bon) reboot de Superman, welcome Brett Ratner. Aïe.

Quand je l'ai vu au cinéma à sa sortie, j'avais le mince espoir que ce tâcheron nous torche au moins un film convenable. Et je suis sorti de la salle avec l'envie de brûler cette immonde péloche.

Dégueulé avec le style ratnerien habituel, c'est à dire à la truelle et avec le goût de la merde bien faite, on préfère désormais (et il suffit de regarder l'affiche pour s'en convaincre) mettre le paquet sur les deux stars bankable, Hugh et Halle, à la place d'un scénario et d'une narration potable et faire dans la surenchère d'apparitions à l'écran (toutes plus inutiles les unes que les autres) de mutants prompts à satisfaire le fanboy, que les executifs doivent imaginer docile et pavlovien, du genre "ouah trop cool c'est génial ce film ils ont mis Leech, Angel et on voit même le Fléau et Psylocke moi dans la BD je la trouve trop bonne Psylocke". Ce qu'il est, certes, parfois, mais faut pas non plus le prendre pour un jambon-beurre de la SNCF.

Un ratage complet, où le Phœnix est un espèce de micro-onde sur deux (belles) jambes et où Wolverine n'est plus qu'un truc musculeux sans âme. Seul surnage un peu Magneto dans cet océan de médiocrité, où, clairement, on vire les personnages et les acteurs moins bankable en les tuant : Cyclope, Mystique, Xavier... Et l'affrontement final tant annoncé frise la blague de mauvais goût.

C'est peut-être ça le truc avec Brett Ratner : c'est un comique et son humour est loin d'être encore compris par le commun des mortel. Je ne serai pas en tout cas de ceux qui le réhabiliteront par ce biais (ni par un autre d'ailleurs), car il a réussi en deux heures de film à gâcher beaucoup de choses (ou, si l'on se place d'un point de vue plus objectif, à permettre des vocations comme pour le Wolverine dont la chronique arrive demain) et surtout à devenir l'un de mes nemesis, avec Michel Sardou, Claude Lelouch et ma prof de maths de seconde.

3 juil. 2011

X-Men 2


Après un premier jet satisfaisant sans casser pour autant la baraque, Bryan Singer se devait de transformer l'essai, eu égard aux potentialités esquissées dans le volet précédent.

Il aura ainsi suffi d'une scène, la première dans la Maison Blanche, pour comprendre que Singer avait placé la barre un chouïa plus haut en terme d'ambitions formelles (rien que cette scène avec Diablo explose toutes les scènes d'action du premier) et narratives. Avec cette fois-ci un véritable ennemi (Stryker est une belle pourriture) et un contexte politico-narratif prompt à nous rappeler quelques belles heures de la guerre contre le terrorisme, Singer nous déroule l'un des grands films de super-héros de la précédente décennie, sombre, violent, où l'héroïsme prime moins que la survie.

Là où dans le précédent volet nos mutants manquait un peu de profondeur, ils gagnent ici de la prestance (Ian McKellen EST Magneto), du charisme (mamma mia Jean Grey...), de l'humanité (Mystique en particulier prend une belle dimension, au delà de la plastique de Rebecca Romjin). Surtout Singer évite la surenchère en terme de nouveaux personnages, et offre en tout cas un véritable intérêt (un Diablo très réussi) à ces arrivées.

Là où les X-Men ont souvent été intéressant dans les comics, c'est dans le sombre, la violence, le conflit avec l'humanité (le Phoenix Noir, Genosha...) et il me semble que c'est cet esprit politique et désenchanté que Synger a retrouvé dans ces deux heures de (très bon) film. Et en apercevant l'ombre d'un phœnix sur les eaux d'Alkali Lake, on ne pouvait qu'être impatient à l'arrivée d'un troisième volet...

2 juil. 2011

X-Men


Pas facile de mettre à l'écran près de 40 ans d'une des franchises de comics les plus prolifiques (et à mon goût un chouia bordélique à partir des 90's) de la Marvel en contentant les fanas et les moins délicats, ainsi que les néophytes. Quelle équipe choisir, quel super méchant, quel fil conducteur ? 1h30 pour introduire au cinéma un univers si dense, c'est évidement casse-gueule, même si une suite était à l'époque plus qu'envisagée et que ce premier volet servait plus de rampe de lancement.

Et c'est ce que Singer réussit, une bonne introduction, pas transcendante mais bien menée. Le choix des personnages est difficilement contestable même si certains regretteront l'absence d'ici le Fauve, de là Angel/Archangel ou encore de super-vilains bien vilains. Car si ce premier volet est loin d'être exceptionnel, Singer ne galvaude pas le matériel et plutôt que de faire un simple affrontement gentils-méchants, il met en place ses pions, loin du facile manichéisme primaire : la relation Xavier-Magneto, le potentiel de Mystique, l'aura trouble de Wolverine et l'arrière-plan politique (le problème mutant), tous ces éléments qui feront le cœur du deuxième volet.

Voilà donc juste un bon film, agréable et bien plus excitant par le potentiel entrevu que par ses qualités intrinsèques (hormis Xavier et Magneto, nos mutants manquent un peu de profondeur), plutôt dans le haut du panier des adaptations des comics Marvel. Pas non plus l'équivalent du premier Spiderman de Raimi, mais il est plus facile surement d'adapter un personnage plutôt qu'une équipe. Quoique, lorsqu'on voit les ratages, de Daredevil à Ghost Rider en passant par Elektra, on se dit qu'on aurait pu passer pas loin de la catastrophe, car la Marvel ne prête guère d'attention à la qualité des adaptations à l'écran. Mais ceci est un autre débat, qui ne concerne (presque) pas les X-Men sur grand écran. Et j'ai bien dit presque.

21 juin 2011

X-Men - Le Commencement


Alors qu'Ultime Tâcheron, le super-vilain du navet gros budget à Hollywood j'ai nommé Brett Ratner, avait quasiment enterré la franchise X-Men au cinéma avec l'affreux X-Men 3, je ne donnais pas cher de la possibilité de relancer la franchise.

Mais Bryan Singer, l'instigateur et réalisateur des deux premiers volets, n'a pas lâché l'affaire et proposé le reboot à Matthew Vaughn, tout juste auréolé du succés (largement mérité) de Kick-Ass, mais surtout réalisateur engagé à l'origine sur le 3 et qui avait pourtant quitté le navire avant le début du tournage. Et on en vient à regretter de fait cette décision, car Matthew Vaughn semble avoir tout compris, ou presque, de ce qu'il fallait faire et ne pas faire sur ce genre de film.

Alors j'évacuerai rapidement l'éventuelle querelle ou les possibles réticences quant au canon Marvel, car si quelqu'un comprend exactement où en sont les X-Men, dans quelle dimension parallèle, quel reboot faut-il respecter, quelle équipe faut-il prendre en compte, qu'il me fasse signe, je me ferai un plaisir de lui laisser la parole ici-même.

Je disais donc : Matthew Vaughn a (presque) tout compris. Retour au duo Xavier-Magneto, mais cette fois-ci aux origines, aux 60's, période à la fois foisonnante dans l'histoire du comics lui-même, mais aussi riche en terme de background historique, tant sur la guerre froide que sur la poussée de la défense des droits civiques (le "mutant et fier de l'être" scandé plusieurs fois fait immédiatement penser au "black and i'm proud"). Mais plutôt que de rester sur des aspects sombres, durs principalement développé par Singer dans les deux premiers, les 60's permettent aussi à Matthew Vaughn d'instiller un peu de légèreté, d'humour, de pop façon James Bond. De ce point de vue, le duo Emma Frost-Sebastian Shaw (gigantesque Kevin Bacon) est james-bondien au possible, de la tenue/coiffure de la vénéneuse télépathe au sous-marin classieux de Shaw. Pop certes, mais jamais caricatural, et pas toujours tendre avec ses héros, ne serait-ce qu'avec Xavier, petit péteux dragueur, Gandhi du mutant mais conformiste au possible dès qu'il s'agit de l'apparence de Mystique.

Matthew Vaughn n'oublie aucunement le spectaculaire, sans en faire trop, et réussit particulièrement cette ultime scène, la tentative de vengeance de Magneto envers les navires US et russe. On peut pourtant reprocher à la fine équipe (s'il ne signe pas le scénario, Singer est pourtant à la production) un petit péché d'autoplagiat de par la séquence de massacre/élimination par un téléporteur, car la scène (bien fichue au demeurant car tout se passe au second plan) où Azazel élimine un section entière de la CIA est tout de même un sacré copier-coller de la spectaculaire séquence d'ouverture d'X-Men 2 avec Diablo au sein de la Maison Blanche.

Casting impeccable (aucune faute de goût, premiers ou seconds rôles), solidité et rythme de l'ensemble, il ne faut pas bouder son plaisir devant ce retour en grâce, ou au moins en très grande forme de mes mutants favoris, surtout que les dernières productions Marvel n'ont pas laissé de traces imperrissables. Et Matthew Vaughn confirme, avec ce quatrième film, son goût du travail bien fait (et pourtant le délai pour ce X-Men a été court, 13 mois toute phase comprise) et son sens indéniable du spectacle intelligent. Définitivement, un réalisateur à ne pas perdre de vue.

4 juil. 2010

Kick-Ass


Cela fait plusieurs semaines que je tergiverse sur ce film, enfin sur la chronique que je veux en faire, ne sachant par quel bout la prendre.

Ce film n'a pourtant rien du Stalker ou du Septième Sceau du film de super-héros. C'est juste une mise en abîme de l'univers, des codes du super-héros, et de ce que cela implique dans un monde "réel". Une mise en abîme, issue d'un comics de John Romita Jr. et de Mark Millar, que Matthew Vaughn (l'excellent et frontal Layer Cake, vendu faussement à l'époque comme un Snatch bis) réussit sans problème, grâce à une mise en scène efficace, un scénario solide (et validé par les auteurs du comics) et une belle brochette d'acteurs, où Nicolas Cage retrouve enfin un rôle consistant à la hauteur de ses qualités.

Réussissant habilement le grand écart entre spectacle super-héroïque (les scènes d'action ont vraiment de la gueule, en particulier l'assaut final dans le building de la mafia par Hit Girl), chronique adolescente (excellente introduction) et regard critique sur le mythe du super-héros couplé à quelques piques acerbes sur l'omnipotence de l'image, Matthew Vaughn se permet de déranger là où on ne verrait, dans un contexte cinématographique différent, que des séquences fun et décomplexées, où une gamine de 12 ans éduquée par son père à dessouder du "méchant" et à réclamer un couteau-papillon pour Noël ferait rire une salle parce que "c'est pour de faux". Mais le film arrive à nous pincer une zone du cerveau assez fortement pour nous rappeler que tout ceci pourrait être vrai, et ça perturbe mon regard de spectateur. Là où je jubilais au massacre des 88 Crazies par The Bride dans la House of Blue Leaves (Kill Bill vol.1), je ne peux m'empêcher de me dire qu'une gamine de 12 ans ne devrait pas savoir dézinguer à tout va du mafieux patibulaire, même si elle le fait avec autant de style que The Bride (à ce titre, Chloë Moretz, qui joue la Hit Girl en question, est en tout point bluffante dans son personnage, avec ce qu'il implique à la fois de légèreté et d'horreur).

Vous allez me dire :"mais alors, c'est bon, tu viens de la faire ta chronique, et ça avait pas l'air si compliqué à sortir." Certes. Mais que le film m'ait dérangé dans le bon sens du terme, passe encore, mais en tergiversant aussi longtemps sur cette chronique, j'en suis venu à repenser à la séance de cinéma. Et c'est en fait non pas le film qui me pose encore problème aujourd'hui, mais la réaction d'une partie du public à la vision du film, bouffant du pop-corn et riant à toute scène un peu rentre-dedans, sans distance aucune face au propos du film, rabattant seulement son caquet lors d'une terrible scène de torture. Oui, ce manque de distance chez ces spectateurs, cette recherche de fun à tout crin dans la violence graphique alors que la justice façon super-héros peut rapidement sentir le rance façon vert-de-gris, cela m'a dérangé, car là est l'un des propos du film. Si je ne peux exiger de quiconque d'avoir la même appétance et le même regard pour le cinéma que le mien, il m'est difficile d'accepter ce manque de sens critique, de distance chez certains de mes congénères. Mais je ne m'emballerai pas non plus et n'alourdirai pas ce blog d'une diatribe contre l'appauvrissement des intelligences. Je ne m'attendais juste pas à le vivre devant ce film-là.

10 juin 2010

Retour sur... Heroes (saison 1 à 4)

J'inaugure aujourd'hui une nouvelle thématique, les Retour Sur..., qui me permettront de revenir, parfois de manière plus dense comme ici, sur des séries dont je n'ai pas détaillé les saisons jusque là, et qui a mes yeux méritent le coup d'œil ou un retour critique. Cela me permettra aussi de jeter un œil dans le rétroviseur sur quelques vieilleries connues par nous sur le bout des doigts (regardez vers l'antépénultième lettre de l'alphabet, par exemple, ou vers quelques pieux joliment manipulés par une blondinette californienne). A suivre donc...

Après 4 saisons et des audiences toujours en baisse depuis la deuxième saison, Heroes vient d'être annulé par NBC, bien qu'il semblait que la saison 5 devait être l'ultime saison, cloturant la série sur le chapitre Brave New World (chapitre ouvert dans les dernières minutes de l'épisode éponyme et final de la saison 4).

Malgré une première saison encensée, que cette série soit arrivée jusque là tient déjà de la gageure, tant la critique et le public se sont désintéressés d'Heroes, et on ne reviendra évidemment pas sur la diffusion télé (c'est valable pour tellement d'autres) pour la France (quoique France4 semble vouloir faire un meilleur boulot que TF1), sinon on peut y passer des heures et ça ne sera pas bon pour mon cœur. Et bien que cette quatrième saison ne soit pas la meilleure, et qu'Heroes ne sera surement pas une série qui restera dans les mémoires de beaucoup, la désaffection pour cette série a été aussi violente et rapide que sa mise au firmament lors de sa première mise à l'antenne.

La principale critique adressé à l'égard d'Heroes a toujours été son coté soap, avec multiplication d'intrigues, de sous-intrigues, de capillotraction, de personnages, de retournements, ce qui n'est d'ailleurs pas faux. Les personnages de Noah et Claire Bennet (le père barbouze et la fille pom-pom girl invincible) en sont d'ailleurs les exemples les plus flagrants : on s'aime, on se ment (toujours pour le bien de l'autre, enfin c'est l'excuse...), on se déchire, on se rabiboche, on se promet de ne plus faire tout ça et puis finalement on y retourne à cœur-joie... Mais arrêtons-nous sur cette critique deux minutes. La volonté de Tim Kring a été de transposer un univers dense (les super-héros) porté depuis 50 ans par la BD et que le cinéma a difficilement transposé (quelques réussites sur combien de ratages...), de part le format de durée limité sur grand écran qui rend délicat l'équilibre entre satisfaction des fans acharnés et nécessaire élagage de l'univers choisi pour toucher le plus grand monde. Alors quand en plus une suite se met en œuvre, la tentation du toujours plus (surtout dans les personnages) ne fait pas que pointer le bout de son nez et rend l'exercice encore plus casse-gueule. La série télé semblait ainsi (et semble toujours, à mes yeux) le format adapté à l'adaptation de ce type d'univers : une saison d'une vingtaine d'épisode c'est plus de 13 heures de programme, contre à peine 9 heures pour les trois Spiderman. Les moyens ne sont peut-être pas les mêmes, mais quand on voit aujourd'hui la qualité de réalisation des séries TV depuis 15 ans, on sait que le fossé qualitatif s'est considérablement réduit en peu de temps. Et quiconque a lu ou a tenté de lire les X-Men par les Strange (pour les plus vieux d'entre nous), a arrêté, puis a repris un jour par curiosité, sait que l'univers des comics est pire que les Feux de l'Amour : retournement de vestes, morts, résurrections, mariages, disparition, naissances, futurs alternatifs, présents modifiés, univers parallèles qui s'entrechoquent. Et je passerai sur les relectures, les reboots et remises à zéro. Voilà ce qui caractérise l'univers des super-héros. Un vrai bordel, tout simplement.

Tim Kring a eu la bonne idée de créer de toutes pièces son univers de super-héros plutôt que d'adapter un univers existant, et qui doit certes beaucoup aux X-Men (les mutants, leurs pouvoirs, les manipulations génétiques, la question du secret et de la mise au grand jour de l'existence de ces personnes) mais qui s'en éloigne aussi, ne serait-ce que par l'absence de véritable organisation type Institut Xavier ou Confrérie des Mauvais Mutants et aussi par l'absence de costumes. Et si, chez les heroes, c'est parfois le bordel en terme d'intrigue, force est de constater que peu de questions sont restées en suspens, grâce au système de chapitre. La série a ainsi été divisé en 6 chapitres (dont le dernier que nous ne verrons donc jamais) qui ont permis, tout en créant et perpétuant un univers assez cohérent, de circonscrire sur chaque saison une intrigue principale. Enfin, c'était le principe, car la grève des scénaristes en 2007 a divisé par 2 les chapitres 2, 3 et 4, ces deux derniers ayant été condensé sur la troisième saison, et la deuxième saison n'a duré que 11 épisodes, ce qui a pu donné chez certains ce goût de mauvaise maîtrise des intrigues.

Mais pour ainsi dire, j'ai du mal à comprendre ce qui a causé la désaffection du public et les critiques acerbes, surtout à partir de la saison 2. Si c'est le fait d'avoir condensé les intrigues, je trouve tout de même que les scénaristes se sont particulièrement bien sortis de la division en 2 chapitres de la saison 3, qui est sans aucun doute, avec la première saison, la plus réussie et la plus spectaculaire. Et puis, coté personnage, si certains étaient dès le départ fadasses (Peter Petrelli en tête), d'autres ont tout de même été particulièrement bien traités et ont maintenu le niveau d'intérêt de la série, en particulier Nathan, Hiro et Sylar. Ce sont les trois personnages, avec des parcours et des personnalités très différentes, qui ont connu une vrai progression, une évolution intéressante et que les scénaristes n'ont jamais lâché. Et si la saison 4 est sans aucun doute la plus faible (mauvaise gestion des intrigues multiples et qui affaiblit la portée de certains personnages comme Matt Parkman, malgré un méchant séduisant et complexe), le parcours des trois heroes précités reste le vrai point fort de la série.

Alors, à coté des faiblesses de la quatrième saison, peut-être que l'univers des comics, quand il concerne un ensemble de personnages, n'est pas encore assez grand public pour maintenir une audience suffisante pour une grande chaîne US. Car Heroes n'a pas été une mauvaise série. Une grande série, certes non, mais, avec son univers cohérent et original (par exemple, l'avenir écrit dans un comics, élément central de la série à ses débuts, a donné une véritable identité visuelle à la série, ce que n'a pas oublié la série française Hero Corp), ses personnages dans l'ensemble attachants et bien construits, sa structure fidèle à l'esprit comics et ses thématiques, déjà balisés chez les X-Men (entre pouvoir, science, bannissement de populations catégorisés et chasse aux sorcières), aux résonances toujours d'actualité, Heroes aura été sans nul doute une des bonnes séries de ces 5 dernières années. Elle aurait, en tout cas, mérité de pouvoir conclure son dernier chapitre Brave New World, où l'existence des heroes était enfin révélé à la face du monde...

28 févr. 2010

Hero Corp, saison 2


Simon Astier (je le rappelle, il est créateur, scénariste et réalisateur sur la série, et aussi accessoirement le héros de l'histoire) a décidément du talent, et n'est pas que le frère de.

Après une première saison prometteuse, il s'agissait de développer dès lors la trame et l'univers posé. Plutôt que de poursuivre pépèrement la vie au village, des évènements qui les dépassent vont bouleverser la troupe de super-h...as-been. S'ils restent mystérieux, les pouvoirs de John (Simon Astier) s'affinent et il prend peu à peu de la carrure. Par des flash-backs assez savoureux (Astier y joue son peronnage ado, nuque longue et moustache naissante, dont les déclarations d'amour à sa copine Britney valent le détour), on comprend mieux aussi les évènements qui vont l'amener à son arrivée au village (première saison). Les relations entre les différents personnages sont moins caricaturales, moins drolatiques et étoffent leur psychologie. Ils n'en deviennent que plus attachants. Le grand méchant de la saison et lui aussi bien plus sombre et plus inquiétant que The Lord lors de la première saison, dont il apparaît également qu'il bien moins le super-méchant légendaire qu'on nous annonce qu'un homme qui cherche une nouvelle vie. Tous ces éléments scénaristiques rendent la série plus sérieuse mais mieux construites et lui offrent des épaules plus larges pour poursuivre sur facilement deux saisons de plus.

Pourtant, ce coté plus sérieux n'a pas effacé l'aspect humoristique de la série. Les dialogues et les vannes restent efficaces et quelques personnages secondaires font mouche en particulier l'inénarrable Captain Sports Extrêmes ou l'exceptionnel Jean Micheng, au pouvoir assez indescriptible.

L'esprit est tout de même plus sombre ; nos héros attendent, subissent, sont dans l'expectative et dans l'inquiétude, la survie étant la seule motivation qui reste. Même certains cameo sont étranges, comme celui de Pierre Palmade en mystérieux ermite philosophe. et certaines séquences sont assez violentes. Le double épisode final se termine sur un sacré cliffhanger, très dark, ne pouvant que donner l'envie de voir cette future troisième saison.

Visuellement, la série, avec son petit succés, étoffe son budget, et cela se voit à l'écran. Si une grand part est laissée aux décors naturels (magnifiques au demeurant, merci la Lozère) et au jeu des acteurs, les effets spéciaux sont un peu plus présents qu'en première saison, sans pour autant en abuser. Un beau générique (chose assez rare dans nos séries françaises) nous est proposé et renforce l'identité originale de la série. La réalisation est plus assurée et un peu plus inventive. La série et son équipe prennent de l'assurance à tous les niveau et cela se ressent, pour notre plus grand plaisir.

Cette deuxième saison garde quelques défauts (grrrrr, le jeu de d'Agnès Boury, qui joue Mary la tante de John), quelques éléments scénaristiques tombent comme un cheveu sur la soupe comme les vampires diurnes, rigolos au demeurant mais dont on peine à voir l'intérêt (mais où il est l'occasion de revoir Nicolas Puydebat, l'éternel Nicolas d'Hélène et les Garçons) ou l'amnésie de (la jolie) Jennifer (Aurore Pourteyron), rapidement mis de coté alors qu'elle était un élément important de l'histoire en début de 2ème saison.

Mais la série réussit à trouver son identité propre, malgré un entourage qui pourrait être envahissant, entre Kaamelott, les comics US, Heroes ou Lost. Cette deuxième saison monte sans aucun doute d'un cran le niveau de la série, en lui donnant une crédibilité dramatique, tout en conservant son aspect décalé. Un tour de force, tout de même, que de réussir cela. Une troisième saison nous démontrera peut-être qu'Hero Corp est en train de poser un jalons dans le domaine des séries françaises, dont ces années 2000 semblent être, malgré toujours la frilosité des grandes chaines (Hero Corp doit sa diffusion à la TNT, par France4, et le satellite, par Comédie!), le début du renouveau de la série française, celle qui n'a rien à envier à ses cousines américano-british.

25 févr. 2010

Hero Corp, saison 1


Une série française comique sur des super-héros ? Ca sent le sujet casse-gueule. Qui plus est quand on s'appelle Simon Astier, qu'on est le frère du créateur de Kaamelott et que la comparaison va irrémédiablement se faire.

John (Simon Astier, au centre) vient d'apprendre la mort de sa tante, qu'il n'a pas vu depuis près de 10 ans et qui l'a élevé enfant. Il vient donc l'enterrer et se retrouve dans un village étrange, aux mœurs et coutumes plus que singulières (surtout avec les étrangers), et surtout dans le trou du cul du monde. Il se trouve que l'ensemble, ou presque, des habitants de ce village sont des super-héros à la retraite, aux pouvoirs défaillants et au moral plutôt en berne. Il semble que John ait un rôle à jouer, surtout que se profile à l'horizon un grand danger...

Pour évacuer tout de suite la comparaison avec Kaamelott, le lien de parenté est assez évident, que ce soit en terme d'acteurs ou surtout de dialogues, où l'on retrouve l'art de la vanne et de l'absurde langagier. Mais Hero Corp ne souffre guère de cette comparaison. Simon Astier (créateur, réalisateur et scénariste sur l'ensemble de la série) pose dès cette première saison l'univers d'Hero Corp, en développant le fil rouge qu'est la découverte de John du monde d'où il vient et dont il fait partie. En 15 épisodes de 26 minutes, la série démontre que son créateur semble savoir où aller, distillant ça et là des éléments dramatiques ou quelques mystères qui alimenteront la seconde saison.

De plus, la faune du village (et des alentours, avec les raies des bois et les bergers s'exprimant en rotant) est assez croustillante et les pouvoirs pécraves alimentent le ressort comique de la saison. Entre l'ex-avocat qui se raidit au moindre mensonge, le fils du maire rongé par la soif de pouvoir, Mental qui persuade ses victimes à condition qu'elles soient d'accord, la rivalité du boulanger et du patron du bistrot (sur le fait de savoir qui du feu ou de la glace) est supérieur), et ceux qu'on aperçoit au détour d'un épisode, dont l'inénarrable Captain Sport Extrèmes, les super-héros semblent être croqués du coté de la parodie. Il ont en plus tous un prénom anglophone, mais toujours prononcé à la frenchie (Mike devient Mique). Pourtant, on sent qu'il y a un vrai respect (sans déférence geek) de l'univers super-héros, par le visuel du générique (grande référence également à la série US Heroes) mais aussi par la quête de John.

Visuellement cette première saison tient la route et Simon Astier compense un léger manque de moyen avec intelligence et humour, et très peu d'effets spéciaux, ce qui renforcent leur portée quand il y en a. L'effet feuilleton fonctionne à plein et l'on se prend à avoir très envie de savoir la suite à la fin de chaque épisode. Enfin, une série française qui ose un peu d'originalité avec humour et dramaturgie. Seuls quelques acteurs paraissent un peu en-dessous et gâchent parfois le plaisir.

Humour, action, suspens, amour et un final étonnant, en voilà une série française qu'elle est bien. Il serait en tout cas bien dommage de bouder son plaisir, tant la volonté de Simon Astier de faire une série qui tient la route transpire à l'écran et efface les quelques scories et défauts de cette première saison.

11 janv. 2010

Ghost Rider


Que dire ? Ce film est un ratage total. Il faut dire que l'affiche annonce la couleur et que le générique du film enfonce le clou après une introduction brouillone et toute vilaine. Cette péloche à peine digne d'un direct-to-video est une réécriture honteuse et pop-corn du comics sans une seule once de volonté de faire un divertissement correct. La réalisation ne vaut strictement rien et se ridiculise encore plus par l'utilisation massive de CGI terriblement laids, la musique est d'une abyssale nullité, l'histoire ne vaut pas tripette, les punchlines sont affligeantes et les acteurs sont soit nuls (les démons sont moches et ridicules), soit à la ramasse (la callipyge Eva Mendes n'est que callypige, dans ce film en tout cas, et n'est que l'ombre du personnage féminin original). Nicolas Cage a décidément une drôle de carrière ces derniers temps, capable souvent du pire (il est ridicule ici) ces derniers temps. A croire qu'il dit oui à tout, ou qu'il ne sait pas lire, ou qu'il signe ses contrats sous Rohypnol ou GHB, ou que ses cachets sont si ridicules qu'il doit jouer dans tout ce qui passe (ce qui revient à la première hypothèse). Ou il est maso. Ou il n'en a rien à secouer et fait l'acteur comme d'autres font éboueurs.

S'il n'y a pas grand chose de plus à dire sur Ghost Rider, je me pose toutefois des questions sur la firme Marvel. A-t-elle, tout comme Johnny Blaze, passer un pacte avec Méphistophélès l'obligeant à refiler ses franchises au premier tâcheron qui passe, voire de lui redonner une franchise quand il vient d'en bousiller une première (le réalisateur, Mark Steven Johnson, est déjà coupable du Daredevil) et en plus de lui proposer de faire une suite à cet affreux film dont je vous parle (Ghost Rider 2 est annoncé pour 2012) ? Ou vraiment n'en a-t-elle strictement rien à foutre de ses personnages (rappellons au passage qu'au States les personnages de comics appartiennent aux firmes comme DC ou Marvel et non aux auteurs) et en profite juste pour se faire un max de blé, peu importe la manière ? Sûr que de ce point de vue, DC Comics semble tout de même moins gourmand, ou plus regardant sur le résultat final. Mieux vaut, dès lors, se replonger dans ses vieux Strange et se dire que Spidey et les X-Men de Synger (je ne parle pas du 3) ont eu du bol. Leurs camarades de papier, pour la plupart, ont eux été sacrifiés sur l'autel du Dieu Vert.