Affichage des articles dont le libellé est robert rodriguez. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est robert rodriguez. Afficher tous les articles

27 déc. 2010

Machete


Objectivement, Robert Rodriguez nous étire une fausse bande-annonce (tirée du projet Grindhouse) de 5 minutes sur 1h45, et ça se voit. Rodriguez bricole une scénario que n'auraient pas renié les productions Cannon, gère son casting façon club med (le potentiel du personnage de Don Johnson est clairement sous-exploité et la miss Lohan est là pour les nichons) et on l'a connu plus inspiré question réalisation.

Mais ne vient-on pas voir Machete aussi pour ce genre de défauts, ou en tout cas sans illusion aucune quand au fond et à la forme dudit objet ? Nous ne sommes pas chez Godard ou Bergman, alors il est tout de même plutôt facile de passer outre ces menus défauts. Car Machete est un pur plaisir bis/pop-corn, avec du big gun (et de la grosse lame), du big tits et de la punchline (et deux ou trois banderilles envers la politique de gestion des flux migratoires au niveau du Rio Grande). Et des acteurs qui savent certes qu'ils ne sont pas ici pour la course aux oscars, mais qui font le job à commencer par De Niro, visiblement ravi de cabotiner façon facho redneck, et par les très charmantes et convaincantes Jessica Alba et Michele Rodriguez. Et il y a un petit plaisir, façon revanche, de voir les rôles s'inverser et cette sale trogne de Trejo foutre une branlée au gros pèpère de Seagal (dans son tout premier rôle de bad guy). Enfin, rayon bisserie, Rodriguez sait quand même ouvrir les vannes avec quelques scènes inventives, entre un rappel avec 15 mètres d'intestins, une crucifixion plutôt hard et un final très western façon Fort Alamo entre clandos mexicains et bouseux blanc-bec tendance KKK.

Alors, au final, si Rodriguez est quand même loin de son Planète Terreur ou de sa Nuit en Enfer, il arrive tout de même à remplir le contrat, celui de proposer un bis craspec et fun, décomplexé et fier de son statut de péloche bis. Machete reste ainsi jubilatoire, même si Rodriguez n'a vraiment pas forcé son talent sur cette péloche-ci. Souhaitons tout de même qu'il se racle la soupière un peu plus pour la prochaine fois.

8 janv. 2009

Planet Terror


Autre moitié du diptyque rodriguo-tarantinien Grindhouse, il en est sans conteste le pendant le plus craspec et étonnement plus accessible que Death Proof (je m'explique un peu plus loin, d'abord un petit pitch).

Pour aller vite, une expérience de l'armée tourne mal dans une petite ville et transforme presque tous les gens en zombie. Seule une poignée arrive à rester humain et vont tout faire pour survivre, mais en fait l'histoire ne nous intéresse guère.

Robert Rodriguez s'est fait visiblement plaisir et a lâché la bride. Cascades, effets spéciaux, maquillages, décors, ambiance, tout rappelle un cinéma presque perdu, que quelques défricheurs avaient lancé sur le devant de la scène (les références à Zombies de Romero sont pléthore, ne serait-ce que par la présence de Tom Savini, acteur-maquilleur sur ce même Zombies). Dans ce sens, Planet Terror s'inscrit dans le même élan nostalgico-respectueux à la Doomsday, avec pour différence certaine le sens du spectacle et du décorum que Marshall n'a pas, ou en tout cas n'a pas totalement réussi à mettre en place.

Et c'est en cela que j'utilisais en introduction le terme accessible pour qualifier ce film. Non pas qu'il soit visible par tous (je pense à ma mère, par exemple, les mecs qui explosent ou les orgies de barbaque humaine, c'est pas ce qu'elle kiffe le plus au cinéma, mais mon père risque de bien se marrer en revanche), mais Rodriguez est un réalisateur de cinéma de divertissement, un entertainer. Et ce n'est pas, en tout cas ici, une critique que je lui adresse, bien au contraire. Il fait là, comme il a toujours fait avec plus (Desperado) ou moins (Shark Boy & Lava Girl) de qualité, un cinéma spectaculaire, pour passer un bon moment d'1h30, et suffisamment bien troussé pour ne pas avoir l'impression d'avoir été pris pour un con.

Tarantino filme pour lui un cinéma cinéphile, Rodriguez filme pour le spectacle rendu sur l'écran. Deux visions complémentaires du cinéma, avec un amour visible dans les deux cas pour le cinéma, qu'importe son genre. Grindhouse, quel que soit le respect final du dogme de départ (soyons honnête, pour ça Rodriguez a été un peu plus honnête que son compère), est avant tout cela : une manière de dire ce qu'est le plaisir de faire et de regarder du cinéma.


PS à l'éditeur de mon coffret DVD : où sont les vraies bandes-annonces de faux films avec des loups-garoux femelles SS, des fait pas ci et Thanksgiving ? Seule la délirante Machette est présente, en introduction de Planet Terror. Pourtant, il me semble bien avoir vu ici ou là des images de celles-ci. N'ai-je pas le bon coffret ? N'existent-elles qu'en import ? Ont-elles seulement été diffusées au cinéma lors de la sortie des films en France ? En tout cas, une fois n'est pas coutume que l'esprit d'un film ou d'un concept ne soit pas respecté à la lettre par les éditeurs et distributeurs de ce genre de galette...