Affichage des articles dont le libellé est nicolas winding refn. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nicolas winding refn. Afficher tous les articles

24 mai 2013

Only God Forgives


Au cas où vous n'étiez pas au courant, le duo de Drive (Refn/Gosling) est de retour, et c'était évident que cela ferait tremblait d'excitation et que le fantasme serait symétriquement inverse à la déception. Comme si Drive avait occulté les réalisations de Refn précédentes. Pusher, Valhalla Rising, anyone ?

Ah ben voui, c'est sûr que Refn, c'est pas Audiard ni Tarantino en terme de dialogue foisonnant. Violent ? Ah tiens, Drive, Pusher et Valhalla Rising sont donc des épisodes des Bisounours. Keuwa ? Gosling est moins sexy que dans Drive ? On s'en tape.

Étonnante tragédie oedipienne proche parfois d'un onirisme sombre lynchien, Refn nous offre une expérience âpre, émotionnellement aussi sèche que le personnage de la troublante (et toujours aussi impeccable) Kristin Scott Thomas. Sèche certes, mais aussi cathartique, par cette violence frontale et jusqu'au boutiste, cette sexualité soit déviante soit castrée, suggérée au détour de quelques plans, et ces rares dialogues, dont un repas bref mais au moins aussi violent symboliquement que les éviscérations  Enivrante  enfin, de par cette réalisation brillante, maîtrisé, ultra réfléchie et cette direction d'acteur (fallait quand même y penser à la miss Thomas dans un rôle pareil) rendant à chaque fois l'apparition de ce flic/ange exterminateur (Vithaya Pansringarm) quasi iconique, bien plus que Gosling ici (le personnage ne s'y prête pas), nous qui bêtement attendions le retour du Cascadeur à Bangkok.

Refn fait un cinéma intransigeant, violent, taiseux, stylisé, ésotérique. Donc difficile, parfois. Et Only God Forgives, tout comme l'était Valhalla Rising, est un film indéniablement difficile, loin de la belle simplicité et efficacité de la relecture super-héroïque sauce Refn qu'est Drive. Alors, cela convainc ou cela rebute, et Refn a prêché durant 1h30 un convaincu.

10 oct. 2011

Drive


Classieux, grisant, violent, Drive tient toutes les promesses annoncées à Cannes, de par la palme d'or de la mise en scène qu'il a reçu. Avec un scénario classique que d'autres auraient mis en image avec force caméra clipesque mode vibro, gros biscotos et cylindrées bien burnées façon Fast & Furious, et qui auraient fait de Drive un machin ringard et poussif, voilà que Refn nous rend tout cela, grâce à une camera sobre et patiente, des images urbaines de nuit rappelant celles superbes du Miami Vice de Michael Mann, terriblement immersif, sexy, humain, et dont les 10 premières minutes sont un monument de mise en scène.

L'intérêt n'est pas ici la carrosserie, mais le Cascadeur, son monde, son mystère, et les séquences de voiture, qui ailleurs, sous forme d'extension phallique, nous soûleraient vite, sont ici autant d'éléments de narration, et nous disent au moins autant (avec la BO de Cliff Martinez, superbe) si ce n'est plus sur le Cascadeur que les quelques lignes de dialogues. Fidèle à ses héros taiseux, Refn transforme d'ailleurs Gosling en icône, et Gosling nous joue une partition énorme, entouré par un casting solide et impeccable : Ron Perlman, Bryan Cranston (un jour, peut-être, un grand et premier rôle au cinéma ?), Oscar Isaac (l'infect Blue Jones dans Sucker Punch) et Carey Mulligan.

Et au delà du film noir, je me pose une question : Nicolas Winding Refn n'aurait-il pas fait aussi, un peu, un film de super-héros ? Par l'anonymat de son héros (c'est le Cascadeur, pas de prénom), sa double vie (une diurne, passe-partout, une nocturne, dangereuse et mystérieuse), son éthique irréductible (peu importe le fric, seuls comptent la veuve et l'orphelin) et surtout son costume (la fameuse veste blanche au scorpion), je ne suis pas loin de le penser. Drive est en tout cas l'un des films de l'année et entre directement, pour moi, dans mes films fétiches.

16 août 2011

Valhalla Rising


Une fois de plus, voilà typiquement le genre de film dont je suis client. En clair, je n'ai pas tout compris mais j'ai adoré ça.

Violent, torturé, sombre, fou, perturbant, Valhalla Rising réussit à nous mettre dans le même état de doute teinté de peur que cette équipée de païens et de chrétiens, voguant vers les croisades, mais perdu dans un brouillard à la fois réel, mais aussi d'angoisses, de superstitions, d'aveuglement.

Trip halluciné et superbe (quels décors, quelle photographie, quel acteur), voilà un film que l'on adopte ou que l'on quitte, mais qui ne peut laisser en rien indifférent. Un film qui sent la fin du monde.