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4 févr. 2012

Sons of Anarchy, saison 4


Il en va de Charming comme du chateau d'Elseneur ou de Vérone. Quoique l'on souhaite ou que l'on choisisse de faire, on ne peut s'en évader, et souvent au quatrième acte, tout se noue et rien ne pourra démêler ce qui entraînera le final forcément... tragique.

Et ce n'est pas pour rien si, pour SoA, je me réfère aux codes de la tragédie (et j'en parlais déjà à propos des deuxièmes et troisièmes saisons), car tout semble dans le déroulement de cette quatrième saison nous amener vers une tragédie en 5 actes : sentiment d'un destin auquel ne peut échapper Jax Teller, les mensonges qui affleuraient explosent enfin, des morts, des malentendus aux conséquences tragiques, des personnages extérieurs aux Sons qui sont bien plus spectateurs, témoins qu'acteurs, ou dont les actions amplifient l'inévitable enchaînement des actions, tel Escalus dans Roméo et Juliette.

Alors, il est vrai que rien actuellement ne me permet de dire que cette quatrième saison pourrait être l'avant-dernière. Mais par sa capacité de maintenir une qualité d'intrigue constante et l'intransigeance des scénaristes (et du créateur Kurt Sutter), elle nous promet en tout cas une cinquième saison particulièrement dur et terrible pour les Sons. Mais je me prends à rêver qu'elle sera effectivement la dernière, pour que cette série soit autant dans le fond que dans la forme une véritable tragédie.

Car il va sans dire que l'avenir des Sons, de Charming et de Jax Teller parait désormais bien sombre et que je ne vois guère désormais d'espoir de salut ou un échappatoire quelconque. Comme toutes les tragédies, cela finira dans le sang. Et pour Sons of Anarchy, ce sera en plus avec du talent.

8 oct. 2011

Sons of Anarchy, saison 3


Alors que la diffusion de la quatrième saison vient de débuter outre-atlantique, il me semblait bien avoir complétement zappé d'évoquer ici la troisième saison de Sons of Anarchy. Oubli que je m'en vais de ce pas effacer.

Après le final tragique de la seconde saison, l'intrigue nous menait directement vers l'Irlande, tandis que l'ATF, toujours sous la houlette de l'Agent Stahl (Ally Walker, impeccable perverse), resserrait l'étau autour du MC après la fuite de Gemma.

Sans vouloir dévoiler l'intrigue à ceux qui découvriraient la série, cette troisième saison est loin de décevoir : révélations, trahisons, retournements, dénouements. La série est menée tambour battant, sans jamais édulcorer son propos (quel final !), et les membres du SAMCRO, aussi durs, violents qu'ils soient, restent attachants, se révèlent même pour certains d'une humanité troublante. Et malgré des valeurs plutôt archaïques, plus proches du western que de la diplomatie onusienne, ce SAMCRO est définitivement addictif.

Western moderne aux accents de polar et de tragédie shakespearienne, au casting encore et toujours impeccable, cette troisième saison confirme Sons of Anarchy dans le club des séries absolument immanquables. En VO, bien évidement.

14 août 2011

Hellboy 2 : Les Légions d'Or Maudites


On ne change pas une équipe qui gagne, dit-on. Mais encore faut-il gagner avec la manière. Si Hellboy est une franche réussite, sur tous les points de vue, j'ai du mal à l'être autant emballé par sa suite même si, à première vue, tout semblait être réuni pour me faire frétiller mes neurones de fanboy primaire, avec, en premier lieu, un fantastique encore plus présent, que Del Toro chérit particulièrement.

Et c'est sûr que visuellement, il n'y a rien à redire : c'est superbe, grandiose, merveilleux. Du travail d'orfèvre. Mais ça ne fait pas un film, surtout un film d'Hellboy. Et c'est là où le bât blesse.

Comme dans Blade 2, happé par cette civilisation elfique et ce monde magique en fin de cycle, Del Toro lâche son BPRD, un peu en cours de route, préfèrant disserté sur une magie qui se meurt, tel cet esprit de la nature (séquence grandiose mais amère), détruit par le BPRD pour sauver la ville, dernier représentant de son espèce, qui meurt en offrant la nature à la ville dans une séquence émouvante mais perturbante, car il nous manque le principal : de vrais ennemis.

Le prince elfe est un ennemi malgré lui, par ses méthodes, mais son combat se comprend. L'esprit de la nature est un ennemi malgré lui, lui aussi. Seuls les créatures anthropophages de la salle des enchères nous offrent notre dose d'ennemis digne de ce nom, là où la clique de Rasputin nous en donnait pour notre argent dans le premier.

Alors c'est peut-être un pari de la part de Del Toro, de ne pas avoir voulu nous faire un méchant bigger and louder (et pourquoi pas d'ailleurs), mais on perd aussi un peu Hellboy, plus caricatural, moins attachant que dans le premier. Il y a une ambiance de fin de règne, de déprime glissant doucement vers la dépression dans ce film, peut-être volontaire mais mal gérée, qui rend au final le film bancal. Comme si, entre son appétit pour les univers fantastique et son amour du personnage et de l'univers d'Hellboy, Del Toro avait clairement laissé ses pulsions prendre le dessus sur le film.

13 août 2011

Hellboy


Vu que je ne suis pas d'humeur à tourner autour du pot, faisons simple : Hellboy fait partie des toutes meilleurs adaptations d'un comics à l'écran. Respectueux du matériau de départ et fidèle à l'esprit, Del Toro (et Mignolia, qui est loin d'avoir été un simple consultant) nous gratifie en plus d'un scénario d'aplomb, équilibré avec des personnages bien écrits et une intrigue prenante.

Entre des méchants vraiment méchants (la palme à Kroenen), des grosses séquences d'actions (la poursuite entre Hellboy et Sammael), des SFX et des décors de qualité et des acteurs au poil (aucune star mais que du bon, de Perlman à Selma Blair, en passant par John Hurt et Karel Roden en Rasputin, glacial et dérangeant), il n'y a rien a jeter. Et on ne remerciera jamais assez James Cameron d'avoir conseillé à Del Toro le maquillage (superbe travail de Rick Baker) pour Hellboy, plutôt que les images de synthèse, tant Perlman s'est glissé dans ce rôle comme dans un gant et que ce fils des enfers nous paraît vrai. Car on s'y attache, et ce n'est pas le moindre tour de force qu'a réussi Del Toro pour ce grand blockbuster.

9 janv. 2010

Sons of Anarchy, saison 2


Si la première saison permettait de nous familiariser avec les us et coutumes (très spéciales, y compris dans le vocabulaire, et de ce fait une vision en VO est plus que recommandée) du SAMCRO (Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original), son final annonçait pourtant un temps d'orage sur les chromes et les cuirs. Un temps d'orage ? Que dis-je ! Une tempête tragique et sournoise s'infiltre, alors que l'unité du club s'émiette.

Là encore je ne spoilerai pas les intrigues et évènements de cette deuxième saison, mais sachez que je ne galvaude pas le terme tragique. Car cette deuxième saison semble véritablement lancer la série vers la tragédie dans le sens littéraire et théâtrale du terme, façon Hamlet. Et là encore, c'est volontairement que je parle d'Hamlet car, si rien ne me permet de confirmer cette hypothèse, de nombreux éléments de la série semblent tout droit issus de la tragédie shakespearienne. Fils et prince qui essaye de changer les choses dans un royaume pourri dont il est pourtant appelé à prendre le trône un jour, mort du père et mariage de la mère/matriarche avec le "frère" (les membres du club s'appellent comme ça entre eux) du fondateur, ce même père mort qui parle au fils par l'intermédiaire de mémoires (qui semble horrifier sa mère comme si c'était le spectre de ce père décédé), mystère autour du décès du père, et je ne parlerai pas des morts et évènements survenus par mégarde, tromperie et trahisons. Et le final (sur 3 épisodes) de cette deuxième saison et dans cette droite ligne, avec un crescendo de tension par un enchevêtrements d'évènements qui vont mener à un final à la fois haletant et terrible et qui excite l'impatience de voir la troisième saison, et surtout de voir si le shakespearien (on peut aussi retrouver d'autres éléments, et pour ceux que ça intéresse, je veux bien bavasser là-dessus en commentaire) n'était qu'une parenthèse ou bien une ligne directrice pour la suite.

Une deuxième saison très maitrisé, très âpre, violente, mais où l'on arrive toujours plus à s'attcher à cette ville de Charming et ce club peu recommandable, où pourtant certaines valeurs sont loin d'être déplaisantes, bien que d'autres soient détestables. On retrouve presque les mêmes guests (ah, Ally Walker, encore et toujours exceptionnelle) et quelques invités supplémentaires dont Henry Rollins (vu quelque fois sur grand écran, en particulier dans Lost Highway de Lynch).

7 janv. 2010

Sons of Anarchy, saison 1


A priori, les motards, les grosses cylindrées, l'odeur de la poussière d'asphalte sur une veste de cuir, ça ne m'a jamais passionné, ou même intéressé. Le seul deux-roues sur lequel j'accepte volontiers de monter est le vélo.
Alors une série qui me propose de suivre les aventures d'une bande de Hell's Angels, ça n'avait pas de quoi me faire particulièrement frémir. Mais un soir, un peu par hasard, je suis tombé dessus sur la 6ème chaine. Pas totalement emballé, qui plus est je la prenais en cours de route, la série m'a tout de même intrigué et le casting paraissait, ne serait-ce que par la présence de Katey "Peggy Bundy" Sagal, Ron "Hellboy" Perlman et Mitch Pileggi, qui a endossé pendant 9 saisons le rôle de Skinner dans X-Files.
Alors, avec méfiance, nous nous y sommes plongés ma tendre et moi. Et grand bien nous en a pris !

Les Sons of Anarchy sont un MC (motorcycle club), aux activités plus ou moins légales, qui tiennent sous leur coupe la petite ville californienne de Charming, qui semble plutôt bien s'accomoder de la présence de ce club. Mais d'autres personnes ou entités apprécient beaucoup moins les activités du club...

C'est une série américaine, pas de doute. Communautarisme (séparatistes blancs, aryens, noirs, bikers latinos, mafia chinoise...), violence, justice/vengeance, propriété, recherche de valeur, famille, ces grands thèmes traversent depuis plusieurs années de nombreuses séries, et Sons of Anarchy est en plein dedans. A partir de la découverte par le fils d'un des membres fondateurs (mort au moment de la série) des écrits de son père sur l'évolution et la dérive du club, peu à peu se ctisse un canevas assez tragique, sans pour autant, du moins dans la première saison, faire du rebondissements son moteur. On est plutôt dans le concours de circonstances malheureux, le coup-fourré, l'interprétation biaisée qui entraine toujours dans conséquences imprévues. Tel qu'est conçue la série, difficile en tout cas d'en dire vraiment beaucoup dur l'intrigue de la première saison, si ce n'est qu'il est question de traffic d'armes, d'agents fédéraux, d'apprentissages, de représailles, d'amour et de décéptions.

13 épisodes qui forment un seul et même arc narratif, et une fin de saison qui ouvre sur la seconde, sans toutefois laisser trop de questions en suspens, portés par un casting au petits oignons : des tronches, des vraies, belles, cassées, antipathiques, toutes attachantes. Des guests énormissimes, à commencer par Ally Walker, perdue de vue depuis Profiler, en agent June Stahl de l'ATF, femme à poigne, aussi tenace qu'un mangouste avec un cobra : un vrai plaisir de la voir dans ce rôle qui lui sied à merveille. Question réalisation, elle est sobre et efficace, évite la tendance docu et shaky camera, et sert l'histoire sans esbroufe. Enfin, à noter un très beau générique et une BO rugueuse, collant parfaitement à l'esprit.

Voilà une belle surprise donc, en tout cas pour moi. C'est une série dont je n'attendais rien, et qui m'a accroché très rapidement. Âmes sensibles, tout de même, s'abstenir car elle ne nous épargne pas quelques scènes moralement difficiles ; nous ne sommes pas non plus avec des enfants de choeurs...