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20 août 2012

Sammy 2

Si j'adhère sans souci au message de l'affaire, dénonçant sans en faire trop la marchandisation du vivant, difficile en revanche de se satisfaire du reste, d'autant plus que ce Sammy 2 lorgne trop souvent, à l'inverse du premier volet, vers Nemo (l'intrigue rappelle largement dans ses enjeux et dans son découpage celle des aventures du poisson clown pixarien), sans compter les deux murènes gardes du corps qui nous rappellent trop souvent les compagnons d'Ursula dans La Petite Sirène.

Mais si l'animation n'avait pas été pensée à ce point pour la 3D, j'aurai pu passer un peu outre ces "détails". Vu en 2D, plusieurs séquences (en particulier celles de poursuite) sont ainsi indigestes, mal fichues et bien trop répétitives, comme si ces séquences avaient été pensées pour un cinéma dynamique d'un parc d'attraction plutôt pour un simple écran de cinéma. Et s'il s'agit ainsi de noyer une certaine platitude en terme d'histoire et d'animation (le premier m'a laissé un bien meilleur souvenir) sous le clinquant de la 3D, la ficelle est bien trop grosse et gâche d'autant plus l'ensemble. Car un bon film, qu'il soit visionné en en 2 ou 3D, reste un bon film, et ce n'est manifestement pas le cas.

Reste quelques moments sympathiques et quelques personnages secondaires savoureux (en particulier la langoustine doublée à merveille par Guillaume Gallienne) et un spectacle pas désagréable pour peu qu'on ait, par exemple, 3 et 5 ans et que votre père préfère 1h30 de cinéma moyen dans une salle pas très chère, confortable et pas trop climatisé un mercredi après-midi à la chaleur étouffante, plutôt q'un après-midi enfermée à la maison.

7 avr. 2012

Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout


Après un Mission : Noël de bonne facture, on ne pouvait qu'espérer un retour des studios Aardman aux bonnes vieilles méthodes qui ont fait leur gloire depuis 40 ans (la plasticine et la stop-motion) et qu'ils n'avaient plus mises en œuvre sur grand écran depuis l'excellentissime Mystère du Lapin-Garou en 2005.

C'est donc chose faite ici et, même si des plans en CGI ne sont pas absents, on ne peut qu'être impressionné par la qualité, le détail, l'ampleur de la tâche et le résultat à l'écran. Servi par une histoire qui fait la part belle à cet esprit gentiment frondeur (quelle reine Victoria), cet humour décalé sans jamais tomber dans la parodie bas de plafond (les abordages valent des points) et une BO au poil, Les Pirates ! nous offre 1h30 de divertissement de qualité, vraiment tout public au sens le plus noble du terme, et où les multiples références, semées ici ou là et qui ravissent des yeux comme les miens, n'empêchent en rien l'adhésion d'un public plus jeune.

On saluera aussi la qualité du doublage et le choix de l'acteur Edouard Baer, impeccable en pirate-réveur-loser indécrottablement optimiste, et bien que j'aimerais bien à l'occasion écouter la VO, qui ne nous propose rien de mieux que Hugh Grant, Salma Hayek, David Tennant ou Martin Freeman.

Inventivité (quelle scène de destruction de la maison de Darwin), rythme, personnages attachants, je reste toujours admiratif de ce que les studios Aardman sont capables d'offrir à nos regards, et l'on pourrait passer quelques heures à scruter tous les détails dans les arrières-plans. Ces Pirates ! raflent à coup sûr le butin du divertissement tout public à voir en ce printemps 2012. Et ces sacrés britiches ont bien raison de s'accrocher à leurs méthodes du siècle dernier car ils n'ont rien perdu de leur mojo.

11 janv. 2012

Raiponce


Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas par le jukebox du mois que je commence le mois, et l'année (et sur ce bonne année à tous), mais par une chronique. Et honnêtement, qui pourrait résister aux grands yeux verts de Raiponce ?

Ce que Disney sait (souvent) faire de mieux, ou au moins de bien, ce sont les histoires de princesse. Et nous ici sommes sans aucun doute dans une véritable histoire de princesse : preux chevalier, dangers, vilaine sorcière, royaume idyllique. Tout y est. Ca craint ? Qui a dit "ça craint" ?

Car, non, Raiponce, bien qu'enfermée 18 ans durant dans sa tour, est loin de sentir le renfermé. Animation au top, personnages bien écrits, travail de mise en scène (la séquence de la taverne est de haute volée), humour, merveilleux (la beauté de la séquence des lanternes), tout y est, et d'autant plus qu'ici, on essaie pas de se la jouer post-moderne, vannant crânement le glorieux passé. Non, on l'assume même (Raiponce s'inscrit sans mal dans la lignée des Blanche-Neige, Cendrillon, Aurore et consœurs...), tout faisant un film bien dans son époque, à l'héroïne pas si naïve, très féminine, et au prince charmant plus humain que parfaitement charmant.

Alors les fines bouches pourront toujours dire qu'on est bien loin du conte originel, et c'est plutôt vrai. Mais quand j'arrive, devant un Disney, à rire, à poser ma larmes sur une scène (les lanternes, encore une fois), à m'enthousiasmer pour les trouvailles de mise en scène (si j'osais, je dirais que la mise en lumière du secret des origines de Raiponce flirterait presque avec la psychanalyse) et, surtout, à apprécier réellement les chansons, je me dis que Disney a sacrément bien réussi son coup, en replongeant dans les bonnes vieilles recettes maison plutôt que de lorgner vers les cousins de chez Pixar ou vers d'autres shrekeries. Et cerise sur le gâteau, la VF est tout bonnement impeccable.

Finalement, alors que Pixar semble connaître avec Cars 2 son premier échec qualitatif (ce deuxième volet, toujours pas vu , sent vraiment la pompe à fric), c'est plutôt agréable de voir que Disney est encore capable d'offrir du grand cinéma d'animation qui n'est pas qu'un simple support à produits dérivés.

14 déc. 2011

Cars


Pixar a du savoir-faire, il va sans dire. Ne serait-ce qu'avec la séquence d'ouverture, cette fantastique séquence de course qui en quelques minutes nous dépeint le personnage principal, Flash McQueen, tout en nous offrant des plans et des scènes époustouflantes (quel carambolage).

Mais thématiquement, Cars est pour moi (et sans avoir vu le deuxième volet, qui semblerait digne des DirectToDVD de Disney) le plus faible des Pixar. Mettez ça peut-être sur mon manque d'attrait pour la mécanique et les carrosseries rutilantes, mais nous sommes ici pour moi à l'opposé total d'un Monstres & Cie, d'un Indestructibles et d'un Wall-E. Ode à l'éternelle american way of life, celle du gallon d'essence pas cher, des mécaniques qui font du 30 litres au 100, celle de l'asphalte conquérant, où est donc l'émotion, l'humour, la finesse, la classe, bref ce qui fait l'exception Pixar ? Surement coincés au fond du filtre à particule...

Me vient soudain une hypothèse qui vaut ce qu'elle vaut. Et si, en fait, John Lasseter avait initié avec Cars un nouveau style de remake ? Plutôt que de l'avouer franchement, il se fait ainsi là les petits plaisirs coupables, comme celui de faire le remake déguisé de Jours de Tonnerre avec Cars. Et Fast and Furious avec Cars 2 ? Pas sûr d'avoir le cran de vérifier...

11 déc. 2011

Mission : Noël - Les Aventures de la Famille Noël


En dehors de Wallace et Gromit, y'a-t-il un salut pour les studios Aardman ? Si Chicken Run avait plutôt réussit son coup en gardant la marque de fabrique du studio (l'animation en pâte à modeler, image par image, qui a fait aussi ses preuves sur l'excellent Shaun le Mouton), j'avoue que j'étais plus sceptique sur leur capacité à imprimer leur patte sur de l'animation plus classique.

Sans égaler les sommets d'humour d'un Mystère du Lapin-Garou, force est de constater qu'avec un sujet aussi éculé que Noël (et sans pâte à modeler) les Studios Aardman ont un truc. Autour d'une histoire de succession familiale pas mal fichue, le film nous emmène dans 1h30 rythmée (la séquence d'ouverture est à ce titre inventive et pêchue), drôle (le papy Père Noël vaut des points), efficace. Et si coté animation Pixar tient toujours la dragée haute, Aardman ne démérite et nous ferait presque replonger dans la magie de Noël sur quelques plans.

Pari réussi donc qu'était celui de faire un produit calibré pour la saison. A l'inverse de productions concurrentes qui misent plutôt sur la parodie, le détournement, Aardman nous offre un vrai film de Noël, s'appropriant les images d'Epinal pour offrir un peu de fraîcheur et de légèreté au genre Noël, étouffé par la naphtaline et les recettes éculées. Les studios Aardman en ont encore sous la pédale, et ça, ça fait plaisir.

6 nov. 2011

Emilie Jolie


Ca aurait pu être pas mal, vraiment. Surtout que le conte musical original reste tout de même une référence en la matière.

On pourrait d'abord se poser la question suivante : pourquoi partir sur un scénario différent du matériau original ? Mais autant pisser dans un violon, le mal est fait.

Car tout y est mince, voire raté : le point de départ de l'histoire, les rebondissements, les chansons même ne sont qu'un prétexte pour rattacher vaguement ce film au conte musical.Et, last but not des moindres, l'animation est rarement réussi (la sorcière et les paysages qui l'entourent surnagent), et les personnages humains sont tout particulièrement laids. Allez, histoire de ne pas trop charger la mule, disons que les voix des personnages ont été plutôt bien choisies. Mais rien ne sauve Emilie Jolie du naufrage.

Tentative donc loupée pour Philippe Chatel. Mes drôles (2ans et demi et 4 ans et demi), fanas du disque, ont certes passé un bon moment. Mais je tiens le pari qu'elles oublieront volontiers, d'ici une vingtaine d'année, ce dessin-animé même pas digne des programmes jeunesses à la télé, mais replongeront avec la douceur de la nostalgie dans le conte musical, absolument indémodable.

28 sept. 2010

Taram et le Chaudron Magique


Il fut un temps pas si lointain où j'avais tôt fait de qualifier ce Disney sorti en 1985 de dernier vrai grand dessin animé sorti des usines à rêve de Tonton Walt, tout ce qui venait ensuite n'étant pour moi que vilaine soupe sur-assistée par ordinateur, sur-dégoulinant de chansons sirupeuses et boursoufflé de politiquement correct.

Mais qu'on le veuille ou non, il est jugement que le temps et les évènements de la vie vous obligent à reconsidérer. Et dans ce cas-ci, cela vient par une demoiselle de trois ans et demi qui s'envoie joyeusement depuis une bonne année une grande partie de l'œuvre de la firme de Burbank. Et force est de constater que les 20 dernières années sont loin d'être honteuses pour Disney. Et que Taram est loin d'être le film que j'avais en mémoire, comme une utopie prise à bras le corps et que le réel se fait un malin plaisir à nous renvoyer les scories dans la gueule.

Ils ont pourtant, pendant 12 ans de développement, tout fait pour sortir des carcans de Tonton Walt : pas de chansons ni de passages chantés au cours du film et une adaptation d'un univers d'heroïc fantasy, moins conte de fée, un peu plus sombre. Et vu le four à la sortie, Disney n'a rien fait pour valoriser depuis ce film. Alors oui, The Black Cauldron (en VO) est le film maudit de Disney, mais pas vraiment le chef d'oeuvre maudit que j'encensais jadis.

Plutôt faiblard dans son intrigue et ses ressorts scénaristiques (à part Gurki, les faire-valoir, à commencer par le ménestrel, sont ratés), son animation est également en dents de scie, le cul entre les chaise du style crayonné des Reitherman (Merlin l'Enchanteur, les 101 Dalmatiens, Bernard et Bianca...), de l'envie de se détacher de cet âge d'or (tout en étant écrasé par celui-ci) et des innovations et expérimentations visuelles que l'outil informatique commence à offrir. On passe ainsi de quelques détails des paysages réussis (les reflets des étangs possèdent un réalisme bluffant) à des séquences de poursuites où la gestion du relief et du mouvement ne sont pas dignes du standing Disney.

Et si l'on ne peut nier l'aura du Seigneur des Ténèbres (un grand méchant Disney à mon avis, avec Cruella, Jafar, La Reine et un ou deux autres), s'il faut saluer le réveil et la marche de l'armée des squelettes et enfin cette tentative d'échapper aux carcans de Disney, force est de constater que les tentatives plastiques ne masquent guère le manque de rythme global du long métrage, les lacunes d'un scénario trop léger et des personnages trop peu étoffés. Et on lui préfèrera sans souci son successeur chronologique, Basil Détective Privé, pourtant moins riche visuellement, plus classique dans son histoire, moins audacieux aussi (même si l'audace de Taram est souvent à coté de la plaque) mais plus enlevé, plus rythmé. Plus Disney peut-être aussi.

Taram et le Chaudron Magique ? De la réconciliation de votre serviteur avec Disney par une démarche de désamour objectif...

11 mars 2010

Basil, Detective Privé


Soyons honnêtes. Je ne vous aurais jamais parlé de ce Disney de 1986 si ma fille de trois ans ne se le regardait pas en boucle depuis 4 jours, midi et soir. Qui plus est, les longs-métrages de tonton Walt post-Taram ne trouvent guère leur place dans mon cœur de cinéphage (et que dire des affreux direct-to video ?...).

Mais Basil (et peut-être son visionnage avec mon ainée) a fait jaillir chez moi une agréable sensation de regarder un divertissement familial dans le bon sens du terme. Issu d'une série de bouquin, dont l'influence avouée et affichée est celle de Mister Holmes, Sherlock de son prénom, ce court dessin-animé (71 min seulement) nous présente donc un Basil, détective privé, un peu ailleurs, pas très sociable, mais plutôt doué, en lutte contre son ennemi juré, Ratigan, qui ourdit un terrible complot contre le royaume des souris.

Encore assez exempt de politiquement correct (ça fume, ça boit mais on s'en inquiète pas plus que ça pour nos chères têtes blondes), Basil est une enquète somme toute très classique mais efficace, à l'animation gardant encore un certain cachet (ça commencera à se gâter avec la Petite Sirène), au chansons pas pénibles et correctement chantées sans envolées lyriques à la Mariah Carey et au doublage français avec un minimum d'allure. Si notre charlot national de Gerard Rinaldi n'a pas la classe de Vincent Price en Ratigan, il joue tout de même sa partition avec sérieux et efficacité.

D'un point de vue technique, c'est d'ailleurs le premier Disney à intégrer des CGI pour une séquence entière (la bataille finale dans Big Ben entre Basil et Ratigan), dans un grand moment (pour un coup d'essai c'est un coup de maître) de suspens et de tension dramatique dans un enchevêtrement de rouages et d'engrenages. D'autres séquences valent le détour, comme la course-poursuite dans le magasin de jouets, la scène du tripot, avec un bon numéro chanté, ou la poursuite aérienne. Coté personnages, si Ratigan tire son épingle du jeu, son sous-fifre Fidget (la chauve-souris boiteuse) est détestable comme il le faut et Dawson, par son maniérisme très british, apporte un peu de légèreté à la grandiloquence et l'omniscience d'un Basil.

Pourtant, il est vrai qu'en terme d'esprit en général, d'une certaine folie, d'une certaine volonté d'avant-garde, ou d'originalité, Basil a très nettement cette odeur du creux de la vague des 80's pour Disney. On est ici loin de tutoyer les sommets musicaux d'un Aristochats ou d'un Livre de la Jungle. Ratigan, bien que réussi, est loin de valoir quelques grands méchants façon Cruella Denfer ou la Reine de Blanche-Neige. Malgré cette séquence de haute tenue dans Big Ben, elle ne vaut pas l'émerveillement que j'ai encore à la vision de la montée du chapiteau sous la pluie dans Dumbo, et pas un moment je ne sens ce souffle qui parcourt un chef d'oeuvre comme Alice Aux Pays des Merveilles (pour moi, entre tous, le meilleur des meilleurs de chez Disney).

Je suis donc assez sûr que ce Basil ne sera, à juste titre, jamais cité comme l'un des chefs d'oeuvre de Disney, mais il serait tout de même dommage de l'oublier, ne serait-ce que par son ambiance, son rythme et Ratigan. Et ce n'est pas parce que les 80's sont une période creuse (en termes de revenu, entendons-nous bien ; il faut dire que Taram battu par le long-métrage des Bisounours au box-office USA, ça vous plombe une ambiance de travail pour quelques années) pour tonton Walt que sa production a été foncièrement mauvaise. Je trouve a contrario que les 90's, et cette manie de foutre des images de synthèse partout (et des chansons dégoulinantes), sonne le glas qualitatif de Disney. A part peut-être Aladdin, je veux bien, à partir de la Petite Sirène, tout jeter à la poubelle (avec en tête Tarzan et Dinosaure), et regarder encore une vingtaine de fois d'affilée Basil Détective Privé. Avec ou sans ma fille.