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7 oct. 2011

Star Trek VI - Terre Inconnue


Dernier film de la saga avec l'ensemble de l'équipe originale, il sera aussi le dernier film que le créateur de Star Trek, Gene Rodenberry, verra de son vivant.

En tout point, ce sixième volet marque la fin d'une époque. Tout d'abord, il ne fait que peu de mystère quant au fait que plus jamais on ne verra Spock, McCoy, Kirk et les autres réunis sur grand écran, sous les traits de leurs interprètes originaux. Ensuite, l'intrigue est clairement orientée vers cet état de fait : la paix entre Klingons et Fédération est un tournant et ce tournant n'est pas du goût d'une vieille garde qui s'était bien arrangé de cet état de guerre larvée. Enfin, tout cela ne vous rappe-t-il pas quelque chose ? Nous sommes en 1991, à la sortie de ce sixième volet : chute du mur, fin du bloc soviétique et du grand ennemi à haïr, tournant de l'Histoire. Car tout cela est en toile de fond, et a toujours marqué la mouture originale de Star Trek, plus ou moins.

Star Trek VI - Terre Inconnue clôt avec un certain talent (encore Nicholas Meyer au scénario et derrière la caméra) ce premier âge de Star Trek sur grand écran. Il y insuffle à la fois une noirceur et une violence (l'attentat sur le vaisseau klingon) rarement vus dans un Star Trek jusqu'à maintenant, tout en créant cette petite lumière d'espoir au bout du tunnel. Loin de faire des klingons des guerriers uniquement mus par la soif de combattre, il donne même une vision de la Fédération plus proche du panier de crabe belliciste que d'un club de centristes pacifistes. Le film est proche d'un bon polar, rythmé, tendu, visuellement réussi (ça sent l'avénement des CGI, mais ça reste propre et pas ridicule) mais garde l'humour et les liens entre les personnages. Et surtout, il ne rate pas, dans la chronologie Star Trek, l'arrivée des Accords de Khitomer, évenement majeur dans l'univers Star Trek dont les conséquences sont régulièrement exploitées dans les séries The Next Generation, Deep Space 9 et Voyager.

Coté casting et surtout pour l'anecdote, la superbe Mme Bowie, Iman, nous rappelle à son bon souvenir et les fans comme moi auront la chance d'apercevoir le grand-père de Worf en avocat de la défense, incarné par Michael Dorn, c'est à dire Worf dans The Next Generation et Deep Space 9. Enfin, saluons la fugace apparition de Christian Slater en homme d'équipage.

Star Trek VI - Terre Inconnue clôt donc avec sérieux 25 ans de Star Trek première version, et je me dis que ces 6 premiers films, parfois raillés ou moqués, m'ont démontré que Kirk, Spock, McCoy et les autres n'avaient pas été si ridicules que ça au cinéma (et je n'avais pas de bons a priori sur les films Star Trek). Sous l'impulsion en particulier de Nicholas Meyer ou de Leonard Nimoy (aussi à l'origine de l'histoire de ce film-ci), Star Trek a gagné honorablement (ne serait-ce que par les fameux films pairs) sa place dans les sagas de science-fiction sur grand écran. Cet équipe de l'Entreprise a eu de la chance, car pas sûr que l'équipe suivante (Picard, Data, Riker et consorts...) soit aussi vernie...

20 sept. 2011

Star Trek IV - Retour sur Terre


Voilà donc le fameux "Star Trek à la baleine", dont mes souvenirs flous m'avaient éloignés, en me laissant un goût de nanar au fond de la mémoire. Les souvenirs ne sont que de sales traîtres.

Si Wrath of Kahn nous proposait un grand Star Trek côté aventure, risques et combat d'un équipage contre la folie destructrice d'un tyran, voici le film qui nous propose la deuxième facette de ce qu'est Star Trek : l'aventure humaine par l'utopie d'un monde meilleur. De fait, pas de méchants, pas non plus de violence (pas un seul tir d'arme dans ce film). Et un film étonnant au final, par son humour (Spock s'acclimatant au 20ème siècle, ou Chekov demandant tout naturellement où sont entreposés les navires nucléaires de l'US Navy...) jamais ridicule et la force des relations entre les personnages, et tout particulièrement le trio Kirk-Spock-McCoy, épine dorsale du film. Son sujet, étonnamment écolo pas gnan-gnan mais dans la droite ligne du canon établi par Gene Rodenberry, détonne aussi dans le paysage reaganien des blockbusters 80's plus tourné vers Top Gun et Rocky IV (sortis eux aussi en 1986). La réalisation de Nimoy est impeccable, le scénario tout autant (Nicholas Meyer, une seconde fois, qui le dénominateur commun et le pourquoi de la réussite des films pairs de la saga entre le I et le VI).

Et si l'on ne voit qu'à la fin la silhouette de l'Entreprise, peu importe. Le film démontre que Star Trek, c'est aussi autre chose que l'espace, cette ultime frontière, et le résultat ne prend pas une ride. Il en est même plus que jamais actuel, dans notre monde que nous laissons mourir à petit feu. Ainsi se clôture avec classe la trilogie Star Trek II - III - IV, aux (un peu plus que) deux tiers amplement réussis, non seulement dans le cadre strict de l'univers trekkien, mais surtout en terme de cinéma de science-fiction et de cinéma, tout simplement.

31 août 2011

Star Trek II - La Colère de Khan


A part le récent reboot de JJ Abrams, voilà LE film de la saga que je conseillerais à quiconque me demanderait un film Star Trek à regarder.

Seul film sur les onze existants actuellement à reprendre une situation (James Horner reprend aussi le thème original de la série) et un personnage, Khan, issus de la série (Space Seed, Star Trek, s.1 ép. 23, un des tous meilleurs de cette saison d'ailleurs), il n'est cependant pas utile d'être fin connaisseur pour comprendre les enjeux de la folle colère et de la vengeance destructrice de Khan (impeccable Ricardo Montalban, qui reprend là, et ce n'est pas la moindre qualité du film, le rôle qu'il endossa dans la série plus de 15 ans auparavant).

Rythmé, tendu, visuellement impeccable, on prend aussi plaisir à retrouver enfin (le précédent film avait un laisser tout ça de coté) les relations entre les personnages, et surtout entre Kirk et Spock (les larmes de Kirk...). Et l'on s'amusera aussi du running gag du film sur l'âge des personnages, les petites vacheries entre la nécessité de Kirk d'avoir des lunettes et le coté "un peu vieux pour ces conneries". On regrettera juste une traduction française quelque peu hasardeuse, ne serait-ce que pour le sir (désignant un officier supérieur) traduit en monsieur (même pour ces dames) et l'étonnant "klingonnais" alors que klingon était bien suffisant et adopté depuis bien longtemps. Mais je pinaille un peu, non ?

Enfin, et surtout, voilà un vrai bon film d'action et de SF, une vraie réussite qui subit peu l'outrage des années. Et peut-être, avec le Abrams, LE film Star Trek que les trekkies peuvent brandir à ceux qui les (nous...) charrient avec "celui avec la baleine" (mais ils n'ont pas tort non plus, les films n'étant pas la plus grande réussite de l'univers trekkien).