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4 juil. 2011

X-Men : L'Affrontement Final


Exit Bryan Singer, engagé sur le (plutôt bon) reboot de Superman, welcome Brett Ratner. Aïe.

Quand je l'ai vu au cinéma à sa sortie, j'avais le mince espoir que ce tâcheron nous torche au moins un film convenable. Et je suis sorti de la salle avec l'envie de brûler cette immonde péloche.

Dégueulé avec le style ratnerien habituel, c'est à dire à la truelle et avec le goût de la merde bien faite, on préfère désormais (et il suffit de regarder l'affiche pour s'en convaincre) mettre le paquet sur les deux stars bankable, Hugh et Halle, à la place d'un scénario et d'une narration potable et faire dans la surenchère d'apparitions à l'écran (toutes plus inutiles les unes que les autres) de mutants prompts à satisfaire le fanboy, que les executifs doivent imaginer docile et pavlovien, du genre "ouah trop cool c'est génial ce film ils ont mis Leech, Angel et on voit même le Fléau et Psylocke moi dans la BD je la trouve trop bonne Psylocke". Ce qu'il est, certes, parfois, mais faut pas non plus le prendre pour un jambon-beurre de la SNCF.

Un ratage complet, où le Phœnix est un espèce de micro-onde sur deux (belles) jambes et où Wolverine n'est plus qu'un truc musculeux sans âme. Seul surnage un peu Magneto dans cet océan de médiocrité, où, clairement, on vire les personnages et les acteurs moins bankable en les tuant : Cyclope, Mystique, Xavier... Et l'affrontement final tant annoncé frise la blague de mauvais goût.

C'est peut-être ça le truc avec Brett Ratner : c'est un comique et son humour est loin d'être encore compris par le commun des mortel. Je ne serai pas en tout cas de ceux qui le réhabiliteront par ce biais (ni par un autre d'ailleurs), car il a réussi en deux heures de film à gâcher beaucoup de choses (ou, si l'on se place d'un point de vue plus objectif, à permettre des vocations comme pour le Wolverine dont la chronique arrive demain) et surtout à devenir l'un de mes nemesis, avec Michel Sardou, Claude Lelouch et ma prof de maths de seconde.

3 juil. 2011

X-Men 2


Après un premier jet satisfaisant sans casser pour autant la baraque, Bryan Singer se devait de transformer l'essai, eu égard aux potentialités esquissées dans le volet précédent.

Il aura ainsi suffi d'une scène, la première dans la Maison Blanche, pour comprendre que Singer avait placé la barre un chouïa plus haut en terme d'ambitions formelles (rien que cette scène avec Diablo explose toutes les scènes d'action du premier) et narratives. Avec cette fois-ci un véritable ennemi (Stryker est une belle pourriture) et un contexte politico-narratif prompt à nous rappeler quelques belles heures de la guerre contre le terrorisme, Singer nous déroule l'un des grands films de super-héros de la précédente décennie, sombre, violent, où l'héroïsme prime moins que la survie.

Là où dans le précédent volet nos mutants manquait un peu de profondeur, ils gagnent ici de la prestance (Ian McKellen EST Magneto), du charisme (mamma mia Jean Grey...), de l'humanité (Mystique en particulier prend une belle dimension, au delà de la plastique de Rebecca Romjin). Surtout Singer évite la surenchère en terme de nouveaux personnages, et offre en tout cas un véritable intérêt (un Diablo très réussi) à ces arrivées.

Là où les X-Men ont souvent été intéressant dans les comics, c'est dans le sombre, la violence, le conflit avec l'humanité (le Phoenix Noir, Genosha...) et il me semble que c'est cet esprit politique et désenchanté que Synger a retrouvé dans ces deux heures de (très bon) film. Et en apercevant l'ombre d'un phœnix sur les eaux d'Alkali Lake, on ne pouvait qu'être impatient à l'arrivée d'un troisième volet...

2 juil. 2011

X-Men


Pas facile de mettre à l'écran près de 40 ans d'une des franchises de comics les plus prolifiques (et à mon goût un chouia bordélique à partir des 90's) de la Marvel en contentant les fanas et les moins délicats, ainsi que les néophytes. Quelle équipe choisir, quel super méchant, quel fil conducteur ? 1h30 pour introduire au cinéma un univers si dense, c'est évidement casse-gueule, même si une suite était à l'époque plus qu'envisagée et que ce premier volet servait plus de rampe de lancement.

Et c'est ce que Singer réussit, une bonne introduction, pas transcendante mais bien menée. Le choix des personnages est difficilement contestable même si certains regretteront l'absence d'ici le Fauve, de là Angel/Archangel ou encore de super-vilains bien vilains. Car si ce premier volet est loin d'être exceptionnel, Singer ne galvaude pas le matériel et plutôt que de faire un simple affrontement gentils-méchants, il met en place ses pions, loin du facile manichéisme primaire : la relation Xavier-Magneto, le potentiel de Mystique, l'aura trouble de Wolverine et l'arrière-plan politique (le problème mutant), tous ces éléments qui feront le cœur du deuxième volet.

Voilà donc juste un bon film, agréable et bien plus excitant par le potentiel entrevu que par ses qualités intrinsèques (hormis Xavier et Magneto, nos mutants manquent un peu de profondeur), plutôt dans le haut du panier des adaptations des comics Marvel. Pas non plus l'équivalent du premier Spiderman de Raimi, mais il est plus facile surement d'adapter un personnage plutôt qu'une équipe. Quoique, lorsqu'on voit les ratages, de Daredevil à Ghost Rider en passant par Elektra, on se dit qu'on aurait pu passer pas loin de la catastrophe, car la Marvel ne prête guère d'attention à la qualité des adaptations à l'écran. Mais ceci est un autre débat, qui ne concerne (presque) pas les X-Men sur grand écran. Et j'ai bien dit presque.