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29 févr. 2012

Star Trek : Nemesis


Dernier film mettant en scène l'équipage de Picard avant le récent reboot d'Abrams, Nemesis connait, encore aujourd'hui, des avis très partagés de la part des trekkies. Haine, incompréhension, amour, raillerie, variés sont les sentiments que procure ce film auprès des fans, quand ce ne sont pas des critiques quant au canon trekkien (certaines ne sont d'ailleurs pas dénuées de sens). Mais j'éviterai (sauf en commentaires) de développer ici les querelles techniques.

Je vous épargnerai ainsi 20 lignes minimum d'arguments et de contre-arguments (que vous pourrez retrouver, si ça vous intéresse, dans nombre de forum) mais, au risque de faire râler les puristes, Nemesis est sans doute le plus cinématographique des quatre film mettant en scène la next generation.

Enfin, on peut enfin se dire que l'on a ici à faire avec un film (mis à part la séquence un peu kitsch du mariage, au début), et les moyens qui vont avec, et non un téléfilm haut de gamme, ou un épisode rallongé. Nemesis a de la gueule, ne serait-ce que visuellement (on partait de très bas avec Insurrection). Et le scénario possède tous les éléments de tension, de doutes, d'initiatives et d'héroïsme, cette flamboyance, ce souffle épique qui faisaient parfois ou souvent défaut sur les précédents. Et mise à part la Reine Borg qui faisait exception dans Premier Contact (et Data était plus concerné que Picard), enfin Picard a un adversaire à sa hauteur, torturé et mégalomane (excellent Tom Hardy, futur Bane du Dark Knight Rises).

Alors oui, quand on est trekkie, on tique sur tel ou tel point. Mais moi j'ai été enfin emballé du début jusqu'à la fin par un film qui implique le Picard's crew. Et je dis bien jusqu'à la fin qui, si elle fait évidement plus que penser (et on peut aisément rapprocher Nemesis et la Colère de Khan) à la mort de Spock dans le deuxième, est celle qui fallait à cet équipage : un chant du cygne doux-amer, pourtant toujours et à jamais tourné vers là où l'homme n'a jamais été auparavant.

Des quatre derniers films, Nemesis est le seul qui ressemble de bout en bout à un film, et le seul qui ressemble à ce que j'attends d'un film Star Trek. Et tant pis pour les puristes.

28 févr. 2012

Star Trek : Insurrection


Que tous ceux qui conspuent L'Ultime Frontière, soi-disant le pire de tous les films Star Trek, jettent un œil à celui-ci. Si jusqu'à maintenant, l'équipage du Commandant Picard n'a pas ébloui le cinéma de sa présence, on se demande bien ici ce qui a motivé un tel film, et si surtout les auteurs se sont rendu compte du résultat final.

Effets spéciaux catastrophiques (affreuses séquences spatiales), méchant ridicule, intrigue qui aurait pu passer sur 40 minutes mais se délite sur la longueur d'un film, et toujours les mêmes personnages mis en avant. Pourtant, faire un film sur la prime directive (directive, dans l'univers de Star Trek, qui empêche tout contact et toute interférence avec une civilisation n'ayant pas encore un niveau technologique lui permettant le voyage en vitesse de distorsion, c'est à dire plus vite que la lumière) aurait pu donner quelque chose de fort. Mais là, non, rien, juste un ennui profond et une laideur visuelle (jusqu'à l'affiche) même pas digne de la série.

A éviter ou à oublier, je vous laisse le choix.

27 févr. 2012

Star Trek : Premier Contact


Pas le plus mauvais des Star Trek version Picard et consorts, on a du mal, tout de même, à être emballé tout au long du film. Scénario qui rappelle (un peu) le Retour sur Terre de Kirk et Spock, ne serait-ce que par le voyage dans le temps nécessaire pour sauver le monde, Premier Contact montre aussi que Moore, Braga et Berman, talentueux sur la série, n'ont jamais vraiment su la développer au cinéma. Peut-être n'était-elle d'ailleurs pas adaptable au cinéma ? En tout cas, les ficelles scénaristiques, présentes sur Générations et qui se maintiendront jusqu'à Nemesis, nous font parfois regretter leurs glorieux aînés : beaucoup (trop ?) de référence à la série, Picard reste systématiquement le héros du film, Data est le second mieux loti et les autres se partagent les miettes du scénario.

Même si ici, ces éléments se tiennent, et particulièrement de par le conflit et la haine de Picard envers les Borgs. Et ce sont d'ailleurs eux qui relèvent amplement le niveau et l'intérêt général du film, avec leur prise de pouvoir de l'Entreprise. Entre une Reine Borg (Alice Krige au top) particulièrement réussie et un Data plus que troublé (leur duo nous fait d'ailleurs nous demander si les androïdes rêvent de pin-up électriques...), ils écrasent l'intrigue terrienne un peu plan-plan.

Bien que les effets spéciaux soient réussis et la réalisation sérieuse, on a du mal à se dire qu'il y a ici plus qu'un téléfilm de luxe ou une honnête série B. Seul l'amateur de la saga, connaissant plutôt bien la série, peut y trouver un peu son compte, et sa dose de Borgs. Les autres s'en ficheront autant qu'un Klingon se fiche de la Petite Maison dans la Prairie.

20 févr. 2012

Star Trek Generations


Six mois après la fin de la série Star Trek - The Next Generation sortait ce film, ayant pour objectif de poursuivre la saga Star Trek au cinéma avec la nouvelle équipe (qui en sept saisons avait réussi à trouver son public) tout en offrant à Shatner un dernier baroud d'honneur.

Sauf qu'en voulant absolument faire se réunir les deux capitaines, on en a oublié un peu Star Trek, Generations faisant la part belle à Picard et laissant des miettes au reste de l'équipage, quasi inexistant, et venu gratter à peu de frais un joli cachet. Une sous-intrigue sur Data et son éternelle recherche d'humanité peine à démontrer son utilité dans l'histoire, histoire qui elle-même patine largement, ne trouvant jamais le bon angle tout en essayant de flatter le trekkie avec quelques klingons et des références à la série.

Avec le potentiel du Nexus (un lieu où seul le bonheur compte et où le temps n'existe plus) largement sous exploité, des bonnes idées qui ne mènent pas à grand chose (l'espionnage via le viseur de LaForge) et un Malcom McDowell qui cabotine en méchant, il ne nous reste plus grand chose à nous mettre sous la dent, si ce n'est une intro très proche des longs-métrages précédents, avec un Kirk ne supportant pas sa retraite, et des effets spéciaux pas ridicule dont un impressionnant atterrissage de la soucoupe de l'Entreprise.

Au final, Star Trek Generations apparaît plus comme un bien ennuyeux téléfilm, à peine digne de la seconde série et loin aussi d'une bonne partie des précédents films. Largement oubliable en tout cas pour ce qui concerne la saga Star Trek au cinéma.

7 oct. 2011

Star Trek VI - Terre Inconnue


Dernier film de la saga avec l'ensemble de l'équipe originale, il sera aussi le dernier film que le créateur de Star Trek, Gene Rodenberry, verra de son vivant.

En tout point, ce sixième volet marque la fin d'une époque. Tout d'abord, il ne fait que peu de mystère quant au fait que plus jamais on ne verra Spock, McCoy, Kirk et les autres réunis sur grand écran, sous les traits de leurs interprètes originaux. Ensuite, l'intrigue est clairement orientée vers cet état de fait : la paix entre Klingons et Fédération est un tournant et ce tournant n'est pas du goût d'une vieille garde qui s'était bien arrangé de cet état de guerre larvée. Enfin, tout cela ne vous rappe-t-il pas quelque chose ? Nous sommes en 1991, à la sortie de ce sixième volet : chute du mur, fin du bloc soviétique et du grand ennemi à haïr, tournant de l'Histoire. Car tout cela est en toile de fond, et a toujours marqué la mouture originale de Star Trek, plus ou moins.

Star Trek VI - Terre Inconnue clôt avec un certain talent (encore Nicholas Meyer au scénario et derrière la caméra) ce premier âge de Star Trek sur grand écran. Il y insuffle à la fois une noirceur et une violence (l'attentat sur le vaisseau klingon) rarement vus dans un Star Trek jusqu'à maintenant, tout en créant cette petite lumière d'espoir au bout du tunnel. Loin de faire des klingons des guerriers uniquement mus par la soif de combattre, il donne même une vision de la Fédération plus proche du panier de crabe belliciste que d'un club de centristes pacifistes. Le film est proche d'un bon polar, rythmé, tendu, visuellement réussi (ça sent l'avénement des CGI, mais ça reste propre et pas ridicule) mais garde l'humour et les liens entre les personnages. Et surtout, il ne rate pas, dans la chronologie Star Trek, l'arrivée des Accords de Khitomer, évenement majeur dans l'univers Star Trek dont les conséquences sont régulièrement exploitées dans les séries The Next Generation, Deep Space 9 et Voyager.

Coté casting et surtout pour l'anecdote, la superbe Mme Bowie, Iman, nous rappelle à son bon souvenir et les fans comme moi auront la chance d'apercevoir le grand-père de Worf en avocat de la défense, incarné par Michael Dorn, c'est à dire Worf dans The Next Generation et Deep Space 9. Enfin, saluons la fugace apparition de Christian Slater en homme d'équipage.

Star Trek VI - Terre Inconnue clôt donc avec sérieux 25 ans de Star Trek première version, et je me dis que ces 6 premiers films, parfois raillés ou moqués, m'ont démontré que Kirk, Spock, McCoy et les autres n'avaient pas été si ridicules que ça au cinéma (et je n'avais pas de bons a priori sur les films Star Trek). Sous l'impulsion en particulier de Nicholas Meyer ou de Leonard Nimoy (aussi à l'origine de l'histoire de ce film-ci), Star Trek a gagné honorablement (ne serait-ce que par les fameux films pairs) sa place dans les sagas de science-fiction sur grand écran. Cet équipe de l'Entreprise a eu de la chance, car pas sûr que l'équipe suivante (Picard, Data, Riker et consorts...) soit aussi vernie...

22 sept. 2011

Star Trek V - L'Ultime Frontière


Ai-je vu le même film qu'un paquet de gens qui n'hésite pas à faire de ce cinquième volet le pire (ou presque) de tous (les Razzies l'avaient à l'époque sévèrement récompensé) ?

Si William Shatner, cette fois-ci à la réalisation, n'a pas eu vraiment les coudées franches sur cet opus (importante réduction de budget, entre autre, et une expérience loin de lui avoir laissé d'excellents souvenirs), il est loin de nous avoir troussé le pire de tous.

Son vrai point faible n'est autre que ses effets visuels, largement en dessous des précédents, faute à une enveloppe à la hauteur des ambitions, que ce soit dans l'espace ou dans la malheureuse séquence où Kirk est sensé escaladé une voie plutôt raide du Yosemite National Park. Entre la différence flagrante entre la doublure et Shatner (devinez qui n'a pas de bidoche...) et l'arrivée de Spock plutôt gadget (et la chute qui s'en suit), on peut se demander légitimement si la poursuite du visionnage a un quelconque intérêt. Je passerai aussi sur l'aspect très "cantina de Mos Esley" du rade de Paradise City et la "danse " d'Uhura, qui n'aident pas vraiment le film à être pris au sérieux.

Et à la question précédemment posé (stop ou encore ?), étonnement, la réponse est oui. Grâce à nouveau à un trio Kirk-Spock-McCoy au sommet de sa forme, le film arrive à tenir la route, dans ce film un peu plus métaphysique que les autres. Avec un semi-méchant, Sybok, entre Luther King et Jim Jones, mais aussi beaucoup d'humour et quelques séquences vraiment réussies (l'intro dans le désert, les scènes de camping, McCoy qui revit la mort de son père) et le retour derrière le pupitre de Jerry Goldsmith, difficile ainsi de croire que j'ai pu voir le nanar tant annoncé, qui reprend en plus l'idée de cette barrière galactique du fameux épisode Where No Man Has Gone Before (ST : TOS s1 ép.3).

Et contrairement au résumé qu'on en fait souvent, Kirk ne part pas à la recherche de Dieu, car il est profondément athée. Mais ouvert et surtout d'un curiosité insatiable, il laisse Sybok aller au bout de sa quête, et c'est même le doute de Kirk qui ouvrira les yeux à tous. Alors, plutôt qu' une recherche de Dieu, c'est cette soif insatiable de savoir qu'a l'homme qui est au cœur de cet opus, mais aussi de l'univers Star Trek, en particulier de la série originale.

Alors pour moi, sans valoir les II et IV, cet épisode de la saga est un bon épisode, pas sans défauts, mais avec suffisamment de qualité pour être regardé avec un certain plaisir.

20 sept. 2011

Star Trek IV - Retour sur Terre


Voilà donc le fameux "Star Trek à la baleine", dont mes souvenirs flous m'avaient éloignés, en me laissant un goût de nanar au fond de la mémoire. Les souvenirs ne sont que de sales traîtres.

Si Wrath of Kahn nous proposait un grand Star Trek côté aventure, risques et combat d'un équipage contre la folie destructrice d'un tyran, voici le film qui nous propose la deuxième facette de ce qu'est Star Trek : l'aventure humaine par l'utopie d'un monde meilleur. De fait, pas de méchants, pas non plus de violence (pas un seul tir d'arme dans ce film). Et un film étonnant au final, par son humour (Spock s'acclimatant au 20ème siècle, ou Chekov demandant tout naturellement où sont entreposés les navires nucléaires de l'US Navy...) jamais ridicule et la force des relations entre les personnages, et tout particulièrement le trio Kirk-Spock-McCoy, épine dorsale du film. Son sujet, étonnamment écolo pas gnan-gnan mais dans la droite ligne du canon établi par Gene Rodenberry, détonne aussi dans le paysage reaganien des blockbusters 80's plus tourné vers Top Gun et Rocky IV (sortis eux aussi en 1986). La réalisation de Nimoy est impeccable, le scénario tout autant (Nicholas Meyer, une seconde fois, qui le dénominateur commun et le pourquoi de la réussite des films pairs de la saga entre le I et le VI).

Et si l'on ne voit qu'à la fin la silhouette de l'Entreprise, peu importe. Le film démontre que Star Trek, c'est aussi autre chose que l'espace, cette ultime frontière, et le résultat ne prend pas une ride. Il en est même plus que jamais actuel, dans notre monde que nous laissons mourir à petit feu. Ainsi se clôture avec classe la trilogie Star Trek II - III - IV, aux (un peu plus que) deux tiers amplement réussis, non seulement dans le cadre strict de l'univers trekkien, mais surtout en terme de cinéma de science-fiction et de cinéma, tout simplement.

17 sept. 2011

Star Trek III - A La Recherche de Spock


Il est, paraît-il, une malédiction qui pèse sur certains films, ceux au chiffre impair plus exactement, de la saga Star Trek. Il semblerait ainsi que tous les films impairs soient ratés, mauvais, à chier...

Relativisons de suite cette idée presque reçue. Le premier, par exemple, n'est pas mauvais, c'est juste beaucoup plus un film de techniciens (Wise, mais surtout Trumbull - 2001, ça parle à quelqu'un ? - et Dykstra - fondateur d'ILM et grand artisan du succés visuel de Star Wars -) qui ont oublié qu'un scénario c'était bien et que Star Trek ce n'était pas juste un vaisseau dans l'espace.

Et ce troisième alors ? Pour son premier passage derrière la caméra, Leonard Nimoy (éternellement Spock, quasiment absent de ce film, il ne souhaitait d'ailleurs pas rempiler, un peu fatigué par le costume du vulcain) hérite d'un concept alléchant (Spock, mort, revient à la vie sous l'influence de l'évolution de la planète Genesis. Ses funérailles hors de Vulcain provoque parallèlement l'arrivée de Sarek, son père, qui reclame la restitution du corps sur Vulcain pour finalisés les funérailles façon vulcaines) avec enfin l'apparition des klingons en méchants.

Mais malgré tout cela, on s'ennuie copieusement, la confrontation avec les klingons ne tenant pas vraiment ses promesses (et Christopher Lloyd, le fameux Doc de Retour vers le Futur, ne fait pas un excellent super-vilain klingon). D'ailleurs on a même du mal à voir l'intérêt de la présence de ceux-ci et leur motivation, serait-ce plutôt les réminiscences de la guerre froide, au beau milieu de ces 80's, qui les fait être dans ce film ? On a ainsi l'impression de voir un téléfilm, voire un épisode de la série avec un chouïa plus de moyens, étiré sur 1h30. Bref, un scénario qui manque un peu d'ambition, dans ce qui se voulait une trilogie interne (les films 2, 3 et 4 se suivent). La faiblesse de son deuxième volet fait ainsi retomber le soufflet, et l'on redoute de fait la suite.

Mais je ne parlerai pas de navet ou de ratage complet. Visuellement, ça reste largement regardable et le film est techniquement loin d'être risible. Deux ou trois bonnes idées également, celle de la fusion de l'esprit de Spock avec celui de McCoy, personnages antagonistes au possible et celle de faire de l'équipage de l'Entreprise des renégats de la Fédération. Enfin, les 20 dernières minutes rattrapent la mollesse du reste du film avec les retrouvailles entre un Spock sans esprit et l'équipage, en particulier Kirk. Le cérémonial vulcain, la réapparition de Spock, retrouvant peu à peu son esprit, et la perspective d'un retour sur Terre en Oiseau de Proie klingon, amènent de belles émotions et du souffle à ce film qui en manque cruellement.

Pas le meilleur de tous c'est sûr, surtout quand on vient juste derrière un très grand Star Trek II, mais loin d'être l'un de ces ratages au chiffre impair. Comme le premier volet, mais pour d'autres raisons, un bon scénario manque juste à l'appel.

31 août 2011

Star Trek II - La Colère de Khan


A part le récent reboot de JJ Abrams, voilà LE film de la saga que je conseillerais à quiconque me demanderait un film Star Trek à regarder.

Seul film sur les onze existants actuellement à reprendre une situation (James Horner reprend aussi le thème original de la série) et un personnage, Khan, issus de la série (Space Seed, Star Trek, s.1 ép. 23, un des tous meilleurs de cette saison d'ailleurs), il n'est cependant pas utile d'être fin connaisseur pour comprendre les enjeux de la folle colère et de la vengeance destructrice de Khan (impeccable Ricardo Montalban, qui reprend là, et ce n'est pas la moindre qualité du film, le rôle qu'il endossa dans la série plus de 15 ans auparavant).

Rythmé, tendu, visuellement impeccable, on prend aussi plaisir à retrouver enfin (le précédent film avait un laisser tout ça de coté) les relations entre les personnages, et surtout entre Kirk et Spock (les larmes de Kirk...). Et l'on s'amusera aussi du running gag du film sur l'âge des personnages, les petites vacheries entre la nécessité de Kirk d'avoir des lunettes et le coté "un peu vieux pour ces conneries". On regrettera juste une traduction française quelque peu hasardeuse, ne serait-ce que pour le sir (désignant un officier supérieur) traduit en monsieur (même pour ces dames) et l'étonnant "klingonnais" alors que klingon était bien suffisant et adopté depuis bien longtemps. Mais je pinaille un peu, non ?

Enfin, et surtout, voilà un vrai bon film d'action et de SF, une vraie réussite qui subit peu l'outrage des années. Et peut-être, avec le Abrams, LE film Star Trek que les trekkies peuvent brandir à ceux qui les (nous...) charrient avec "celui avec la baleine" (mais ils n'ont pas tort non plus, les films n'étant pas la plus grande réussite de l'univers trekkien).

30 août 2011

Star Trek, le film


Mis en chantier par la Paramount qui préférait relancer la saga au cinéma (le space-opera, sous l'influence du succés de Star Wars, et la SF connaissaient alors un bel âge d'or sur grand écran) plutôt qu'à la télévision (le projet Star Trek Phase II fut ainsi mis au placard, ou presque), le but était alors d'en mettre plein les yeux, de montrer le budget (énorme pour l'époque : 46 millions de $) à l'écran. Quitte à en oublier un peu le matériau de base.

Car ne vous attendez pas aux couleurs pop, aux décors cartons pâtes et aux ciels étranges et psychédéliques. N'essayez pas de chercher les charmes troublants du bikini d'une danseuse exotique et extraterrestre. Les pyjamas sont beiges, blancs, marrons, le sérieux est de mise. Même Kirk n'est plus cet indécrottable mâle charmeur. Ce sera plutôt le futur pasteur père de famille la morale et pénible de Seventh Heaven (Stephen Collins, déjà un peu tête à claques à l'époque) qui emballera la jolie donzelle au crâne rasé. Tout laisse aussi à penser que Robert Wise (dont la filmo force tout de même le respect), en fin de carrière (il ne réalisera plus grand chose après celui-ci), a profité du budget alloué pour se faire son 2001 à lui, car longue et nombreuses sont les séquences contemplatives de l'espace et du vaisseau. Et il faut bien attendre 45 bonnes minutes avant qu'il ne se passe un peu quelque chose.

Mais le Trekkie que je suis ne peut pas totalement bouder son plaisir. Tout d'abord visuellement, il a très bien vieilli et les séquences spatiales sont tout ce que l'on rêve de voir dans un space-opera. La musique de Jerry Goldsmith qui supporte ces scènes reste encore aujourd'hui une référence, ne serait-ce que par le thème, repris par la série Star Trek : The Next Generation. Enfin, louable est la tentative de faire un méchant (l'étrange et dévorante entité V'ger) pas si... méchant, plutôt que de se lancer dans une confrontation avec d'éventuels klingons ou romuliens, ce qui n'aurait pas été tout à fait dans l'esprit Star Trek. Enfin, et ce n'est pas rien, l'Entreprise a enfin de la gueule.

Alors oui, ce n'est pas l'épisode le plus excitant ou le plus réussi. Mais ce n'est pas le plus honteux (Insurrection est, dans mon souvenir, peut-être le pire de tous). Difficile pourtant de le conseiller à tous, à moins que vous soyez peut-être un/une amoureux(se) transi de space-opera ou un/une indécrottable trekkie.

7 mai 2009

Star Trek - Croire en son Destin


Malgré une petite réticence (doute quant aux qualités de JJ Abrams avec le médium cinéma, sous-titre français pas terrible, doutes quant au casting...), j'y suis allé avec ces a priori, et ce malgré une presse plutôt et étonnamment enthousiaste, sachant qu'en plus les derniers efforts cinématographiques de la franchise (malgré un Nemesis de bonne facture) n'ont ni emballé les foules ni la critique française (une certaine exception culturel, il faut croire, face à cet univers...).

Star Trek est un univers difficile à réécrire, à réinventer, compte-tenu de sa longévité médiatique (40 ans !), de sa chronologie précise et de son cadre plutôt rigoureux (valeurs véhiculées, relations entre les peronnages, design...). Surtout si, comme l'a choisi Abrams, on veut reprendre tout, ou presque, aux origines (grande mode hollywoodienne, soit-dit en passant, si l'on repense aux derniers Batman, au Superman de Singer, ou au récent Wolverine, et je dois en oublier d'autres).

Sans vraiment dévoiler l'intrigue, la solution est scénaristiquement la meilleure qui soit, pour cet univers et pour un public profane, clairement visé par Abrams : cette solution est l'uchronie (cliquez sur le lien pour ceux qui ne connaisse pas ce procédé), en gros de créer un univers parallèle, chose commune ces dernières années dans les comics US du genre X-Men si je ne me trompe. Et de fait, cela fonctionne, même si, jusqu'au dévoilement du pourquoi du comment, j'ai mis du temps à comprendre comment Abrams allait se dépatouiller avec toutes les incohérences face à la chronologie originale. Ainsi (et j'étais accompagné d'un novice en la matière qui le confirmerait), tout est a redécouvrir, même si le connaisseur est servi en terme de références, sans pour autant que celles-ci biaisent le plaisir du néophyte.

Visuellement, Abrams a saupoudré un univers plutot austère au départ d'une bonne dose de space opera à la Star Wars, sans pour autant dénaturé l'esprit : les batailles spatiales sont dantesques, les visuels (la sortie de l'Enterprise des brumes de Titan...) sont magnifiques, les vaisseaux ont de la gueule. Pourtant, cela ne l'empêche non plus de nous offrir de beaux personnages, Spock en tête, ainsi que l'evil guy Nero, et d'offrir des moments réellement émouvants (les 5 premières minutes, j'ai failli verser ma larme...). Les pyjamas sont là, la téléportation, la chambre de dilithium aussi, et même l'infirmière Chappell, mais au delà de ces clichés, tout ce qui fait le charme de Star Trek est là et entre particulier le fameux esprit d'équipe : Spock et Kirk peuvent être héroïques tant qu'ils le veulent, sans leur équipage ils ne sont rien. Et on ne s'ennuie pas une seconde, en vibrant lors des batailles, en prenant le temps de s'attacher aux personnages, en attendant avec impatience le dénouement et en se disant qu'à la fin, on est pas contre le fait qu'Abrams rempile pour une ou deux péloches du même acabit.

Coté casting, Zachary Quinto EST Spock, qui plus est sous le haut-patronnage de Leonard Nimoy (je n'en dis pas plus)... Eric Bana (le Hulk d'Ang Lee) campe un vrai bad guy romulien, comme la série n'avait pas eu de bad guy (exception faite des Borg, en particulier de la reine Borg de Premier Contact) de ce genre depuis peut-être Khan, et sans ainsi faire le catalogue de tous les personnages, je parlerai juste de l'impeccable et scotty-esque Simon Pegg (Shaun du plus que respectable Shaun of The Dead, et flic incorruptible et bruckheimer-esque du non mois réussi Hot Fuzz) qui cultive une étonnante similitude d'interprétation avec James Doohan, l'interpréte original de l'ingénieur en chef Montgomery Scott. A noter le retour de la désormais discrète au cinéma Winona Ryder (Amanda Grayson, la mère humaine de Spock) qui, si l'on la voit peu à l'écran, illumine toujours autant de sa présence l'écran d'une salle obscure.

Du grand spectacle, de l'humour, de l'espace, du suspens, des pyjamas, de l'action, de l'émotion et des téléportations, pour sûr j'ai vu un excellent film de science-fiction, qui démontre la force de cet univers qui tient finalement, plus que par sa chronologie, surtout parce qu'il véhicule certaines valeurs toujours d'actualité, même 40 ans plus tard, et qu'Abrams a eu la bonne idée de ne pas diluer dans du sentimatilisme forcené ou de la castagne à tout va, d'où aussi, quand le générique de fin arrive, la sensation d'avoir vu un vrai film de Star Trek.