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21 août 2012

Retour sur... Buffy The Vampire Slayer (1ère partie : 1998)

En 1998 débarque en France une énième série US pour ados, où l'on retrouve le décorum familier d'un Beverly Hills 90210 (d'ailleurs c'est le même lycée qui sert de décor) et les grands classiques des lycées US à la sauce Hollywood : pom-pom girls, couloirs bordés de casiers, manuels scolaires dans les bras et BO gentiment rock. Sauf qu'il se trouve que le lycée de Sunnydale est situé juste sur la Bouche de l'Enfer, haut lieu de manifestation démoniaque. Et que Buffy est une tueuse de vampire.

Joss Whedon réécrit et réadapte ainsi pour la télévision le scénario d'un film éponyme (et qu'il s'appelait originellement en VF Bichette la Terreur) qu'il avait écrit et qui était sorti en 1992. Pas forcément satisfait du film (il y a de quoi) mais plutôt convaincu de l'intérêt de son idée, il réussit avec la FOX, voguant sur le succès dans le fantastique d'X-Files, à mettre la première saison en chantier et Buffy est diffusé sur la chaine WB, plutôt orientée djeun's, en 1997.

Plutôt prudent, seuls 12 épisodes sont produits pour cette première saison. Quelques éléments de mythologies sont posés : Angel, le vampire avec une âme, l'Observateur, la Bouche de l'Enfer. Et si qualitativement, les épisodes restent encore très "monstres de la semaine", l'ombre d'un grand mal, celle du Maître (un vampire bien vieux et bien puissant), plane toujours plus ou moins sur l'ensemble de la saison. Et honnêtement, difficile à première vue, de voir ce que cette série pouvait bien proposer de plus, au delà d'un sympathique spectacle télévisuel.

Et pourtant, le ver est dans le fruit. Sous couvert de légèreté et de monstres de la semaine, les thèmes abordés touchent directement et sérieusement le public cible sans jamais les parodier : la pression du groupe, les amours, les pulsions hormonales, la conformation ou non aux normes. Quoi d'autre ? Mais si ! Regardez bien... L'héroïne ? Une blondinette futile, du même genre que celles qui se font massacrer dans les films d'horreur, et pourtant puissante et mortellement dangereuse. Ses acolytes ? Une vraie bande de geek (un cancre, une intello, un bibliothécaire), plutôt middle-class et loin d'être juste des faire-valoir. L'acolyte du grand méchant ? Un enfant, certes vampire (le Juste des Justes), mais difficile pour le spectateur de ne pas être dérangé par cette image symboliquement contradictoire. Et alors qu'X-Files aura influencé une grande partie des séries produite après elle avec son gimmick une saison/un cliffhanger, Joss Whedon pose lors de cette première saison sa marque de fabrique de showrunner : une saison, une intrigue, une grande menace qui parcours l'ensemble de la saison et une fin ouverte mais pas trop, au cas où la série ne soit pas renouvelée, ce qui parmet de ne pas frustrer le spectateur.

Au terme de la saison, Joss Whedon ose même tuer son héroïne. Pour mieux la faire renaître certes, puis tuer le Maître et de clore ainsi la saison, bouclant l'arc narratif ouvert au premier épisode et évitant ainsi des questions sans réponse au cas où Buffy ne soit pas renouvelée. Mais là encore, cela aurait dû nous mettre la canine à l'oreille. Joss Whedon ne se refuserait rien, et même pas de tuer son héroïne. Et les six saisons qui vont suivre ne nous feront pas mentir.


21 mars 2012

Retour sur... The X-Files (3ème partie : 1998-2000)


Après la Fin annoncée dans le cliffhanger du précédent season finale (The End, s5 ép.20) et la parenthèse cinématographique (1998) avec Fight the Future, quel visage, malgré le succés immense (à la télé tout du moins, bien que le film ne fut pas mal accueilli -plus d'1,5 million d'entrées en France - et fut bénéficiaire grâce à l'international), X-Files allait-elle proposer pour ce qui devait peu à peu nous emmener vers la conclusion d'une bonne partie de la série ?

Ce n'est en tout cas pas pour rien que la série s'ouvre sur The Beginning (s6 ép.01) et qu'elle effectuera, le temps d'un épisode (Drive, s6 ép.02), un long trajet de la côte est à la côte ouest. Car si en réalité la production de la série ne quitte pas la côte ouest (les tournages et la production se sont essentiellement déroulés à Vancouver pour les 5 premières saisons), elle démarre une nouvelle aventure du côté de Los Angeles. Et cela se verra clairement à l'image, et peut-être aussi dans les scénarios. L'humour et un peu de légèreté s'imposent beaucoup plus (on a, entre les épisodes 04 et 08 de la sixième saison, un quinte ravageur, drôle et plein d’auto-dérision, entre autre avec le dyptique Dreamland et l'énorme Michael McKean), moins de sombres forêts sous la pluie, plus de soleil et de lumière. Les scénaristes n'hésitent plus, non plus, à plonger dans les bonnes vieilles recettes des épisodes de Noël (le savoureux et touchant How The Ghosts Stole Christmas, s6 ép.06), du baseball (qu'ils mêlent à l'affaire Roswell dans The Unnatural, s6 ép.19), de la parodie d'émission de TV (X-Cops, s7 ép.12) ou de la mise en abyme avec le très cinématographique et ultra-référencé Hollywood A.D. (s7 ép.19), scénarisé et réalisé par Duchovny himself. On se délectera aussi d'Arcadia (s6 ép.15), jeu de massacre grinçant dans l'univers trop bien quadrillé des banlieues pavillonaires US.

Mais si la sixième saison fait ressentir un parfum de créativité (elle fait pour moi partie des trois grandes saisons d'X-Files, avec la troisième et la quatrième), la septième a tout d'un chant du cygne. Retour à des loners plus sombres, parfois aussi moins originaux (mais que demander encore au bout de 7 ans et plus de 120 épisodes ?), mais un peu d'amour aussi, car il n'y a plus vraiment de doute quant à la réalité du couple Mulder-Scully (All Things, s7 ép.17) et surtout fin d'un voyage pour Mulder, qui trouve la réponse au mystère qui l'a mu durant toutes ces années dans le plus bel épisode d'X-Files qu'est le dyptique Sein und Zeit/Closure (s7 éps.10-11, et que de larmes versées, encore aujourd'hui, par votre serviteur...). La boucle sera, d'une certaine manière, bouclée avec le season finale Requiem (s7 ép.22), se déroulant sur les lieux-même de la toute première enquête ; Requiem, qui porte si bien son nom et qui marque la fin d'X-Files version Mulder.

Pourquoi ne pas dire "qui marque la fin d'X-Files" tout court ? Je sais que certains (beaucoup ?) n'hésitent à voir dans ce Requiem la véritable fin de la série, avec le départ de Mulder. Mais ramener X-Files à la simple présence de Mulder est à mon avis un contre-sens, car X-Files démarre non pas avec Mulder, mais avec Scully. Elle est la pincée de vie, d'espoir dans la quête mortifère de Mulder, mais celle qui sera aussi, après sa disparition, son héraut. Finir la série sur Mulder ne serait donc pas raccord, ni logique. La série, à mon humble avis, ne pouvait se terminer qu'avec Scully. Et après 7 saisons d'amour inconditionnel, ce n'était pas la déception mais la curiosité, l'excitation qui m'habitait à l'orée de ce qui allait être l'ultime tour de piste de ce formidable freak show.



...à suivre et pour finir (ou pas ?) : X-Files (dernière partie 2000-2002)

21 févr. 2012

Fringe, saison 3


Le salut de Fringe passait obligatoirement par une troisième saison réussie, après une seconde largement décevante.

Et cette saison tient toutes ses promesses. Exploitant joyeusement nombre de concepts SF excitants, et en particulier celui du monde parallèle qui occupe une bonne partie de cette troisième saison (difficile d'en dire plus sans spoiler), elle reste toujours cohérente et solide quant à sa mythologie. S'éloignant de plus en plus d'X-Files (qui peut encore comparer les deux séries ?) et de son univers paranoïaque, on est ici bien plus dans une SF quasi steampunk, où la suspension d'incrédulité fonctionne à plein régime.

Portée par un casting toujours impeccable (l'exploitation du principe d'univers-miroir leur permet ainsi de s'exprimer sur des registres très différents), soutenue par des effets spéciaux de haute volée et se terminant sur un cliffhanger particulièrement excitant, la troisième saison de Fringe redresse allégrement la barre et offre à nos yeux de série-phage la meilleure saison de SF télévisuelle depuis fort longtemps. Pourvu que ça dure encore un peu.

4 févr. 2012

Sons of Anarchy, saison 4


Il en va de Charming comme du chateau d'Elseneur ou de Vérone. Quoique l'on souhaite ou que l'on choisisse de faire, on ne peut s'en évader, et souvent au quatrième acte, tout se noue et rien ne pourra démêler ce qui entraînera le final forcément... tragique.

Et ce n'est pas pour rien si, pour SoA, je me réfère aux codes de la tragédie (et j'en parlais déjà à propos des deuxièmes et troisièmes saisons), car tout semble dans le déroulement de cette quatrième saison nous amener vers une tragédie en 5 actes : sentiment d'un destin auquel ne peut échapper Jax Teller, les mensonges qui affleuraient explosent enfin, des morts, des malentendus aux conséquences tragiques, des personnages extérieurs aux Sons qui sont bien plus spectateurs, témoins qu'acteurs, ou dont les actions amplifient l'inévitable enchaînement des actions, tel Escalus dans Roméo et Juliette.

Alors, il est vrai que rien actuellement ne me permet de dire que cette quatrième saison pourrait être l'avant-dernière. Mais par sa capacité de maintenir une qualité d'intrigue constante et l'intransigeance des scénaristes (et du créateur Kurt Sutter), elle nous promet en tout cas une cinquième saison particulièrement dur et terrible pour les Sons. Mais je me prends à rêver qu'elle sera effectivement la dernière, pour que cette série soit autant dans le fond que dans la forme une véritable tragédie.

Car il va sans dire que l'avenir des Sons, de Charming et de Jax Teller parait désormais bien sombre et que je ne vois guère désormais d'espoir de salut ou un échappatoire quelconque. Comme toutes les tragédies, cela finira dans le sang. Et pour Sons of Anarchy, ce sera en plus avec du talent.

16 déc. 2011

Fringe, saison 2


Dire que Fringe a failli perdre tout intérêt dès sa deuxième saison n'est pas peu dire. Il faut dire que, durant 14 épisodes, il ne se passe pas grand chose. Sachant qu'en plus, l'épisode 11 (Unhearted) est un épisode de la saison 1 non diffusé à l'époque, qui tombe comme un cheveu sur la soupe, sans cohérence aucune, et, sans trop spoiler, qu'un des personnages réapparait malgré sa mort au début de la saison.

Quatorze, allez disons onze en ne comptant pas le premier épisode (A New Day in the Old Town), le quatrième (Momentum Deferred) et le dixième (Grey Matters), sans réel avancement quant à l'intrigue (le Dessein, les métamorphes, William Bell...), ça fait long, surtout pour une série façon Fringe, même si certains de ses loners sont bien foutus (August, s2 ép. 08, en posant le cas de conscience d'un Observateur, sort du lot, ainsi que l'étonnant Johari Window, s2 ép.12). Et cela nous rappelle malheureusement la quatrième saison d'Alias, de la même équipe et souffrant exactement du même défaut : une première moitié de saison soporifique avec des missions sans beaucoup d'intérêt dans l'intrigue.

Mais heureusement, tout comme la pénultième saison des aventures de la jolie Miss Bristow (qui se clôt dans une apothéose zombi-esque), elle termine en trombe. Du quinzième jusqu'au dernier épisode (l'un des meilleurs étant l'excellent White Tulip, s02 ép.18, belle et solide histoire de temps et d'amour), plus rien ne nous fera lâcher le téléviseur, tant soudainement l'arc final déploie tout son potentiel SF jusqu'à un final moderno-steampunk grisant.

Néamoins, malgré les deux premiers tiers gachés de cette seconde saison, la série garde toutes ses qualités : un cadre SF prenant et plein de possibilités, des SF superbes et des maquillages toujours aussi réalistes, des acteurs au poil (et des supers cameo avec Diane Kruger et un super Scott Glenn) et des personnages toujours aussi attachants. Ainsi, la relation entre Walter et Peter est véritablement le moteur de la série, jusqu'à un point qui redéfinit même l'ensemble des évènements vus jusqu'alors.

Vu le final, et malgré la semi-déception qu'est cette seconde saison, il va sans dire que l'on attend beaucoup de la troisième, qui confirmera, ou non, que Fringe est la digne héritière d'une tradition SF télévisuelle, qui va de Twilight Zone à Lost, en passant par Kolchack, X-Files et même Sliders ou Quantum Leap.

13 déc. 2011

Fringe, saison 1


Quatrième série de la nébuleuse Abrams (il ne faudrait pas non plus oublier ses compères Orci et Kurtzman, dèjà présents sur les 5 saisons d'Alias), Fringe s'annonçait comme le retour de la série de SF/fantastique, ancrée dans une certaine réalité, une actualité, un présent même, mettant en scène des enquêtes étranges dévolues au FBI. Qui a dit "ça me rappelle X-Files" ? Oui, et cela fait partie des influences avouées.

Et c'est aussi ce qui m'en a tenu éloigné, les plus fidèles d'entre vous sachant le quasi-culte que je voue aux aventures de Mulder et Scully. Et alors que la quatrième saison est en cours de diffusion aux USA, c'est une critique d'Alain Carrazé sur la troisième saison dans Mad Movies du mois dernier qui m'a convaincu de m'y mettre.

Et grand bien m'en a pris. Car si X-Files n'est pas loin, la Quatrième Dimension non plus, et cette saison de Fringe offre à cette série sa logique propre, sa mythologie, son état d'esprit. Pas de paranoïa et de grand complot gouvernemental, ici le moteur est plutôt la science, ses dérives, sa marchandisation (symbolisé par l'opaque multinationale Massive Dynamics) et surtout le Dessein, étrange projet et événement que je ne vous dévoilerai bien sur pas.

Plusieurs raisons de s'enthousiasmer de cette première saison, car si Fringe ne révolutionne pas fondamentalement la série fantastique, elle joue le jeu à fond : une intrigue dense mais qui avance, des mystères résolus peu à peu et d'autres entraperçus juste ce qu'il faut pour lancer les saisons suivantes, une réalisation solide, des maquillages gores et des effets spéciaux d'une qualité bluffante, des personnages bien écrits, de l'humour et une interprétation solide. Et un cameo dans le season finale qui ne pouvait que me faire joindre les doigts en V.

Force est de constater qu'il y a du métier et de l'intelligence chez Abrams et sa clique. Mélant habilement épisodes mythologiques et quasi-loners (épisodes dont l'intrigue n'a aucune conséquence sur l'arc narratif de la saison ou de la série) comme à la grande époque (et rappelant aussi la bonne recette d'Alias), il y avait en tout cas longtemps qu'une série ne m'avait pas hameçonné le ciboulot de cette manière. Confirmation, peut-être, pour la saison 2 ?

17 oct. 2011

True Blood, saison 4


Rares sont désormais, dans les médias, les critiques plutôt positives de True Blood, à l'exception de son générique (qui restera surement comme l'un ds grands génériques de série de l'histoire de la télévision). Qu'est-il donc reproché à True Blood et à Alan Ball, son créateur, depuis la deuxième saison ? Pour résumer, le principal reproche est en filigrane mais c'est celui-là : ne pas avoir fait un Six Feet Under avec des vampires. Donc de ne pas avoir refait un chef d'oeuvre.

Alors, oui, il faut accrocher à l'univers fantastique (garous, fées, vampires, fantômes, sorcières) et, de fait, à sa logique. Mais n'est-ce pas le cas d'un bon paquet de séries ? Loin d'être foutraque, il faut plutôt louer le travail d'Alan Ball d'avoir justement, depuis 4 saisons, réussi à conserver une cohérence tout en multipliant les créatures, les communautés, en faisant intervenir de nouveaux personnages (parfois pour une saison, parfois pour un peu plus) sans oublier les historiques, qui s'étoffent, nous surprennent parfois (Jason Stackhouse en est le plus bel exemple, et Sam Merlotte devient enfin plus attachant) et nous déçoivent que peu, ou pas.

Surtout, jamais la série n'édulcore son propos. Car ici, tout n'est souvent que pouvoir, intrigues, vengeances, rancunes, trahisons, déceptions. Mais aussi repli sur soi (les rares dialogues entre communautés ne sont souvent que discours de façade, politiquement corrects ; restent les tensions et la volonté d'écraser l'autre, ou la survie dans l'entre-soi incestueux), et parfois un peu d'amour (LaFayette et son beau brujo), de beauté, de valeurs.

La série reste fidèle également à son organisation (on entre vite dans le vif de l'intrigue, et le dernier épisode en guise d'épilogue nous annonce la saison à venir) qui fait sa qualité, et le message politique reste présent, en filigrane. Enfin, elle parvient à nous surprendre encore, et à jouer avec nos nerfs, ce qui n'est pas si mal après quatre saisons aussi denses. Alors, peut-être que True Blood n'est pas un monument de la télévision. Et alors ? C'est un grand show, qui respecte son matériau fantastique initial, et qui surtout prend son spectateur pour ce qu'il est : intelligent et avide de frissons.

8 oct. 2011

Sons of Anarchy, saison 3


Alors que la diffusion de la quatrième saison vient de débuter outre-atlantique, il me semblait bien avoir complétement zappé d'évoquer ici la troisième saison de Sons of Anarchy. Oubli que je m'en vais de ce pas effacer.

Après le final tragique de la seconde saison, l'intrigue nous menait directement vers l'Irlande, tandis que l'ATF, toujours sous la houlette de l'Agent Stahl (Ally Walker, impeccable perverse), resserrait l'étau autour du MC après la fuite de Gemma.

Sans vouloir dévoiler l'intrigue à ceux qui découvriraient la série, cette troisième saison est loin de décevoir : révélations, trahisons, retournements, dénouements. La série est menée tambour battant, sans jamais édulcorer son propos (quel final !), et les membres du SAMCRO, aussi durs, violents qu'ils soient, restent attachants, se révèlent même pour certains d'une humanité troublante. Et malgré des valeurs plutôt archaïques, plus proches du western que de la diplomatie onusienne, ce SAMCRO est définitivement addictif.

Western moderne aux accents de polar et de tragédie shakespearienne, au casting encore et toujours impeccable, cette troisième saison confirme Sons of Anarchy dans le club des séries absolument immanquables. En VO, bien évidement.

30 sept. 2011

Misfits, saison 2


Après une première saison efficace et addictive, on pouvait quand même bien se demander si la suite serait une redite (le petit manque de perspective au niveau de l'intrigue) ou arriverait à maintenir le niveau (bons mots de l'inénarrable Nathan, la "malédiction" du superviseur des TIG, rythme soutenu, personnages attachants) en gommant les petites scories de la première, dont le très relatif intérêt d'un personnage comme Alisha, véritable viagra sur (très jolies) jambes et dont les faibles perspectives dues à son pouvoir semblaient bloquer le personnage dans son évolution.

Pour faire bref (contrairement à la phrasagraphe précédente),Howard Overman (le créateur et unique scénariste de cette seconde saison) y est bel et bien arrivé. Entre le mystérieux cascadeur en noir (et je ne ferai pas de spoiler), Alisha dont le rôle s'étoffe, Nathan qui n'est pas que (même s'il l'est beaucoup) cette andouille insupportable et des perspectives plutôt sombres, cette deuxième saison démontre les ressources de son créateur-scénariste (vous ne verrez plus les produits laitiers comme des sensations si pures que ça...). Et il est aussi agréable, pour le spectateur que je suis, de voir un concept (ce qu'était un peu la première saison) s'étoffer pour devenir un véritable récit.

Je ferai juste ma fine bouche sur le Christmas Special (grande tradition dans les séries anglo-saxonnes), considéré comme le septième épisode de cette saison. Si le but de l'épisode est de donner les prémices de l'intrigue de la troisième saison (cette automne en outre-manche), et de ce point de vue là ces éléments font saliver, j'ai été un peu plus circonspect par l'autre facette, l'épisode (même si le pitch, un prêtre qui devient Jésus en achetant des pouvoirs, avait du potentiel) souffrant de quelques ellipses si l'on le rattache au sixième : que s'est-il donc passé entre les deux ? Il y a trop de vide pour une série qui nous a vite habitué à ne pas trop laissé planer de mystère. Et j'ai été ainsi bien plus emballé par ceci (VO non sous-titrée, et attention spoilers si vous n'avez pas vu cette deuxième saison).

Avec toujours cette réalisation nerveuse et glacée en adéquation avec le décorum (et il y en aurait à dire sur cette ambiance de béton, impersonnelle et anxiogène, cf. l'énorme épisode - s02 ép04 - où le pouvoir d'un mec est celui de vivre sa vie comme s'il était le personnage d'un jeu façon GTA), des acteurs toujours aussi bons, une BO excellente, vous ne pouvez pas passer à côté. Et surtout, n'essayez même pas de savoir s'il existe une VF, c'est à voir en VO. Et ça ne se discute pas.

4 sept. 2011

Retour sur... The X-Files (2ème partie 1995-1998)


Quand la saison 3 s'ouvrit sur ce double épisode (The Blessing Way/Paper Clip s3 éps 01-02), cloturant l'énorme cliffhanger de la deuxième saison, il fallait être aveugle, sourd et ermite pour ne pas voir et comprendre qu'X-Files venait de passer la vitesse supérieure. La conspiration devenait familiale et dépassait le simple cercle des pontes de l'administration US ; elle devenait aussi historique (rappelant ainsi que les alliés ne se sont pas gênés pour récupérer des savants de l'Axe), s'ancrant profondément dans cette alter-histoire des USA. Il suffit de voir (ou de revoir, c'est épisode inusable) Musing of a Cigarette Smoking Man (s4 ép7) pour s'en convaincre.

Car c'était surtout cela qui pointait son nez. X-Files allait nous romancer une certaine histoire de la bannière étoilée, par le prisme de la famille Mulder et du regard d'un témoin et acteur incrédule : Scully. Une uchronie, une histoire sombre, secrète, puante, mais qui avait fait et défait des vies au service d'un grand projet, dont les contours était encore, à ce moment là, plutôt flous. Et c'est ainsi qu'à travers les épisodes mythologiques (Nisei/731 s3 éps 9-10, Piper Maru/Apocrypha s3 éps 15-16), ces contours et les enjeux se dessinent (l'énorme Tungunska/Terma, s4 éps 8-9), saison après saison, jusqu'à la confirmation d'un invasion programmée (Patient X/The Red and the Black, s5 éps 13-14), avec entre chaque saison le désormais attendu cliffhanger (tous de haute volée, trois saisons confondues). Et bien évidemment, en point de mire, le film, qui clôturera ces trois saisons et mettra sur les rails les deux prochaines.

Et au milieu de tout ça ? Difficile de faire le tri, peu d'ivraie (un Teso Dos Bichos, s3 ép18, fait partie des rares épisodes dispensables de ces trois saisons) et du bon grain à tous les étages, tant ces trois saisons sont en tout point de grandes saisons, de celles qui font les séries qui marquent. Entre la folie douce et l'humour barge des scénario de Darin Morgan (mais qu'est-il devenu ?), que ce soit Clyde Bruckman's Final Repose (un de mes chouchous, fataliste et drolatique, s3 ép 4) ou l'hilarant Jose Chung's From Outer Space (s3 ép 20), le gore anticipant presque les deux premiers longs de Rob Zombie (le génial et violent Home, s4 ép2) ou l'allégeance au bis avec enfin l'épisode sur les vampires digne de la série (Bad Blood, s5 ép12) ou l'énorme War of the Coprophages (s3 ép12), la tendresse d'un magnifique Post-Modern Prometheus (en noir et blanc s'il vous plaît, s5 ép5) ou d'un Small Potatoes (s4 ép20), ou encore le poignant The Field Where I Die (sûrement dans mon top10 si j'en avais un, et je fais ma madeleine à chaque fois, s4 ép. 5), on est là dans du haut de gamme, dans du malin, du drôle, de la distance par rapport au show lui-même.

Et c'est peut-être (en fait, j'en suis sûr) cela, cette distance, qui a fait aussi la longévité et la qualité d'X-Files, avoir cette intelligence d'apporter du rire dans la nuit, dans l'horreur, dans la folie. Sans oublier que les scénaristes et Chris Carter ont apporté grand soin à tous les personnages (rien que l’ambiguïté d'un personnage comme Skinner, ou le parcours de Krycek, ou encore la difficulté d'être l'informateur de Mulder, semblable à celle d'être le batteur de Spinal Tap), y compris les secondaires, offrant même à deux d'entre eux un stand alone, saison 4 pour l'homme à la cigarette (voir premier paragraphe) et l'excellent The Lone Gunmen (s5 ép3) pour le trio infernal et barré des Lone Gunmen (Byers, Frohike et Langly) potes théoriciens du complot de Mulder, et où l'on découvre leur rencontre sous un jour (et un final) plutôt inattendu. Et c'est tout cela qui, à coup sûr, fait que les saisons trois, quatre et cinq méritent amplement qu'on les regroupe dans un commun Premier Age d'Or de la Série. Et on le verra par la suite, ce n'est pas non plus pour rien que le season finale (s5 ép.20) de la cinquième saison se nomme The End...


...à suivre : X-Files (3ème partie 1998-2000)

24 août 2011

Misfits, saison 1


Dernière sensation venue d'outre-Manche, Misfits montre une fois de plus que nos voisins britons savent faire de le bonne série.

En seulement 6 épisodes pour cette première saison, la série se pose vraiment comme celle à surveiller du coin de l’œil, tant l'approche du super-pouvoir est ici abordé de manière rafraichissante, sur certains aspect même décomplexé sans vouloir tomber dans la caricature. Ces pouvoirs tombent littéralement sur la tête de ces 5 marginaux (traduction de misfits), ou au moins 4 d'entre eux (et quelques autres), et ils essayent de s'en dépatouiller tant bien que mal, avec leurs problèmes de jeunes adultes pas franchement dans les clous et surtout avec leur travaux d'intérêt généraux. Pas vraiment d’héroïsme donc, mais de la survie, plutôt.

Les personnages sont bien construits et les 6 épisodes nous permettent de mieux découvrir chacun. On sent tout de même quelques personnages plus fort, plus porteurs, comme Nathan (au milieu sur la photo, insupportable et drolatique petit con égoïste sans pouvoir) et surtout Simon (à droite toute sur la photo), attachant et dérangeant, sûrement le personnage le mieux écrit. Les filles sont un peu en retrait à mon goût, malgré Kelly, au caractère bien trempée, garçon manqué à l'accent (en VO, of course) improbable et inimitable.

Coté histoire, difficile de faire la fine bouche (visuellement ça a de la gueule, et coté narration et action on ne s'ennuie guère), mais je me permettrai, suite à la vision de cette première saison, d'émettre quelques réserves sur la possibilité de tenir cette série sur la longueur. Si cette première saison est une excellente saison d'introduction, il manque un petit fil conducteur, quelque chose qui nous montrerait que le créateur sait d'une manière ou d'une autre où il souhaite nous emmener (mis à part, peut-être, ce mystérieux cycliste à capuche du cinquième épisode ?).

Mais cela reste tout de même un peu du pinaillage (en attendant en tout cas le visionnage de la deuxième saison), tant la qualité globale de ces 6 épisodes, la liberté de ton, l'humour, l'esprit railleur et une BO d'enfer font qu'on devient rapidement accro à Misfits. Immanquable donc, et en VO, uniquement.

21 nov. 2010

Retour sur... The X-Files (1ère partie : 1993-1995)


Il y a eu un avant et un après X-Files. Non pas que cette série ait changé véritablement la face du monde, mais ils n'étaient pas si nombreux ceux à prendre vraiment au sérieux les séries TV avant celle-ci. Il faut se souvenir du phénomène que ça a été, après plusieurs années au soleil de Magnum, Mac Gyver et Miami Vice ; le fantastique, la SF, le sombre, le glauque, n'ont pas fait vraiment recette dans les années 1980, alors que les années 90 voient le retour sur petit écran de Star Trek et l'arrivée de Babylon V, qui marquent, avec X-Files le retour en force de tous ces genres à la télévision, sans oublier l'anthologie Tales from the Crypt qui sévit depuis 1989 (et ce jusqu'en 1996). Souvenons-nous aussi du merchandising, des articles y compris dans la presse plus téléramesque, des débats sur la vision du monde proposée par cette série et de quelles séries (de qualité variable) ont suivi, embrayant sur le retour en grâce des petits hommes verts, des monstres en tout genre, des psychopathes et des gouvernements secrets : Profiler, Buffy, le Caméléon, Millennium (du même Chris Carter), The Nowhere Man (oubliée aujourd'hui, ultra paranoïaque et diffusée à l'époque sur C+), Roswell, Dark Skies... Lost peut même être considéré comme une descendante directe d'X-Files, par son ambiance paranoïaque, son fantastique-réaliste et ses mystères résolus au compte-goûte.

Mais en 1993, quand arrive X-Files sur la Fox, il n'est pas question encore de tout ça. La série a le droit à sa première saison mais personne ne mise vraiment dessus et il n'est absolument pas question d'imaginer les huit saisons qui vont suivre. D'ailleurs, Chris Carter envisagea à l'époque le dernier épisode de la première saison (The Erlenmeyer Flask, s1 ép. 23), comme une conclusion de saison et de série, au cas où il n'aurait pas la chance d'obtenir une deuxième saison. Mais dès le premier épisode (le pilote devrais-je dire), tout est là : gouvernement secret, manipulation de l'information, un informateur secret (Gorge Profonde) et un mystérieux Homme à la Cigarette. Et le second épisode (Deep Throat, s1 ép. 2) enfonce le clou, dans le même genre et dans une ambiance de défiance envers l'armée suite à la première guerre d'Irak et son étrange syndrome. En élargissant très vite le champ des enquêtes non classées (à l'époque pas besoin de faire suivre absolument un épisode avec un autre), X-Files n'échappe pas au coté "monstre de la semaine", mais son ambiance crépusculaire, sa volonté de coller à l'époque (les dates des épisodes correspondent à une semaine près au jour de diffusion sur la Fox), son sérieux et son allégeance au genre avec un grand G font mouche assez rapidement. Prenons pour exemple l'épisode Ice (s1 ép. 8), véritable The Thing sur 45 minutes, ou l'éprouvant When Darkness Falls (s1 ép. 20), qui se permet en même temps un petit message écolo pas dégueu, ou encore le magnifique et touchant Beyond The Sea (s1 ép. 13). Si le reste de cette saison n'est pas toujours du même acabit, ces épisodes-ci portent déjà la marque des scénaristes et réalisateurs qui vont faire X-Files : Glen Morgan, James Wong, Chris Carter, David Nutter, Rob Bowman. Et il ne faudrait pas oublié le duo d'acteur, David Duchovny et Gillian Anderson, rapidement convaincants.

Et tout ça offre en 1994 une seconde saison à X-Files, dans la lignée de la première, et qui débute avec la fermeture du bureau des affaires non classées suite aux événements de la fin de la première saison et à nouveaux les secrets du Gouvernement autour des extraterrestres (Little Green Men, s2 ép. 1), mais surtout avec le fil conducteur de toute la démarche de Mulder : l'enlèvement de sa sœur, supposément par les extraterrestres. Et un léger changement de cap s'effectue, avec désormais la volonté de s'inscrire dans une mythologie et donc dans une continuité. A coté d'épisodes isolés (dits loners) arrivent ainsi officiellement des épisodes dits mythologiques (le fameux enlèvement de Scully du double épisode Duane Barry-Ascension, s2 ép. 5-6 et sa "conclusion" dans le très beau One Breath, s2 ép. 8) et la série va garder cette architecture de saison jusqu'à la fin. Et un second double épisode (Colony-End Game, s2 ép. 16-17) enfonce le clou avec la soudaine apparition de la sœur de Mulder...

Si les épisodes mythologiques sont de qualité, le reste de cette seconde saison devient moins anecdotique, s'étoffe lui aussi. Les épisodes brassent larges, entre possessions, parasites, expériences gouvernementales de toute sorte, démons sadiques et même des (très décevants) vampires. On retiendra tout particulièrement l'angoissant Blood (s2 ép. 3) et le décalé Humbug (s2 ép. 20), véritable hommage au Freaks de Tod Browning, plein d'humour et voyant ainsi l'arrivée dans l'équipe de scénaristes de Darin Morgan, qui marquera les saisons suivantes par ses histoires toujours empreintes d'un humour salvateur, mais jamais à coté de la plaque.

Mais ce qui marquera véritablement un tournant, tel le meurtre de JR dans Dallas (en utilisant donc la technique dite du cliffhanger, dont Dallas est l'un des rares représentants avant X-Files), c'est l'épisode final Anasazi (s2 ép. 25). Cette fois-ci, Chris Carter est en confiance, la série s'installe et commence à se vendre, elle trouve son ton, son ambiance (les fameux crépuscules, les bois, la parano ambiante...), son public. Ce season finale ne va donc pas conclure la saison, mais plutôt annoncer la suivante. Et quand cet étrange wagon rempli de cadavres et enterré au milieu du désert explose sur ordre de l'Homme à la Cigarette, avec Mulder à son bord, c'est aussi l'explosion du phénomène que va faire d'X-Files la série, avec ER (Urgences en VF), la plus emblématique des années 90.

...à suivre : X-Files (2ème partie : 1995-1998)

17 nov. 2010

Burn Notice, saison 3


Que j'essaie d'être original pour parler de cette troisième saison de Burn Notice apparaît comme un véritable défi par rapport à ce que j'ai déjà écrit sur cette série.

Tentons donc une comparaison culinaire qui, je le précise, n'a qu'un rapport extrêmement capillotracté avec cette série (si ce n'est les origines celtiques de Miss Fiona Glenanne). Burn Notice, c'est un peu la recette des crêpes au sarrasin : pas spécialement compliquée mais facilement ratée, un délice quand c'est réussi (si vous voulez me nommer aux awards 2010 de la métaphore, ce sera gentil, mais cela ne le mérite vraiment pas).

J'aime cette série. Elle arrive à être spectaculaire, attachante, prenante, sérieuse et fun sans vraiment rentrer dans une surenchère saison après saison. Les personnages ne font pas du sur place, les bad guys ont la classe et Jeffrey Donovan y est tout simplement énorme (en VO uniquement, la VF ayant eu le don magique de transformer cette série en grosse bouse).

Cette série ne sera peut-être jamais un chef d'oeuvre ou culte. Peu importe, elle a la classe, et ça, ce n'est pas donné à toutes les séries. Et puis, promis, j'essaie de me racler la soupière pour la quatrième...

24 oct. 2010

True Blood saison 3


Après une deuxième saison excessive, grand-guignol, charnelle et intense, on pouvait facilement craindre une baisse de forme pour la troisième. Si l'on est loin du priapisme de la précédente saison, cette troisième fournée annuelle des aventures de Sookie Stackhouse n'est pas sans qualité, loin de là.

Alors oui, si les séquences de sexe débridé, de poitrine dénudée ont basé l'essentiel de votre intérêt pour cette série, la troisième saison ne peut que vous décevoir. En effet, celle-ci est plus politique mais aussi plus sentimentale, plus psychologique, moins débridée. La reconnaissance des droits des vampires (la progression du vote de l'amendement est en filigrane une bonne partie de la saison) fait son chemin en façade, mais en coulisse les pions se déplacent, les alliances se nouent et avec la Grande Révélation (celle qui a révélé l'existence des vampires) se pressent derrière d'autres créatures dont le secret de l'existence ne tient qu'à un fil.

Dès lors, on ne s'étonnera guère de l'arrivée de garous divers, de métamorphes et d'une ou deux autres créatures dont je tairai le nom au risque de spoiler. On ne s'étonnera pas non plus de découvrir l'animal politique qu'est véritablement le vampire, à changer presque radicalement la perception de certains personnages. Coté humain, ceux-ci ont une fâcheuse tendance à être dépassé par ce monde débarquant dans leur réalité, subissant de plein fouet l'avènement de ces créatures, à commencer par Tara et le touchant LaFayette, l'un des personnages les plus attachants de True Blood.

Alan Ball poursuit ainsi avec constance (la saison est toujours organisée de la même façon : peu de question en suspens, aucune ellipse entre deux saisons, évolution des personnages) son fangshow trouble, décortiquant l'avidité liée au pouvoir et une Amérique sclérosée et fermée. Et l'on se demande bien ce qui attend la ville de Bon Temps pour la saison à venir tant le dernier épisode ouvre de portes, suggère des bouleversements à venir.

True Blood est le meilleur show, télé et cinéma confondu, de vampires et autres monstres depuis des années, car il ne passe jamais à coté des mythes, ne nie jamais les monstres, ne cherche pas le spectaculaire dans la monstruosité mais plutôt les failles, les désirs, les espoirs et les troubles. Et ça, Alan Ball nous a démontré par le passé qu'il savait faire avec Six Feet Under. Et il est en train de le réussir avec True Blood.

31 août 2010

Burn Notice, saison 2

Cette seconde saison de Burn Notice confirme tout le bien que je pensais d'elle lors de la première. Pourtant, rien ne change véritablement : Michael Western cherchant les raisons de son éviction, son coté chevalier blanc, la tension amoureuse entre lui et la belle Fiona et une mère jamais satisfaite mais toujours concernée.

Et une fois de plus, sur ce schéma classique, il y a une classe, un rythme, un ton, une qualité, un truc en plus qui fait que Burn Notice sorte à nouveau du lot pour cette seconde saison. De plus, le casting des acteurs jouant les seconds rôles récurrents ou les guest stars le temps d'un épisode est du haut de gamme : Tricia Helfer (l'icônique N°6 de Battlestar Galactica) qui joue une intrigante espionne, ayant les moyens de réintégrer Michael, Michael Shanks (Dr Jackson dans la série Stargate-SG1) à contre-emploi en espion psychopate, Silas Weir Mitchell (vu aussi dans Earl dans le rôle de Donny Jones) en marchand d'arme frappadingue ou encore la tronche de bad guy entre Tarantino et Michael Ironside de Mark Sheppard (l'avocat Romo Lampkin de Gaïus Baltar dans Battlestar Galactica, vu aussi dans l'épisode l'Incendiaire de la saison 1 d'X-Files, et plus récement dans Medium et la cinquième saison de 24).

Si cette série a définitivement quelque chose en plus et connait un certain succés aux USA, c'est peut-être aussi parce qu'elle propose une alternative plus légère mais pas débilitante dans le paysage actuelle des séries, où la froide réalité enveloppe beaucoup de séries policières (quelqu'un regarde encore CSI ?), avec des personnages toujours durs, implacables, plongés jusqu'au cou dans leur sacerdoce de métier. Matt Nix, le créateur de Burn Notice, a mis de la distance dans son show aux éléments scénaristiques pourtant peu édulcoré (prise d'otage, drogues, meurtres, mafia, trahisons diverses et cadavres un peu partout). On s'attache aux personnages, on s'amuse mais on se prend aussi au jeu, et les dernières minutes de l'épisode final nous rappellent aussi que le monde de Michael Western est impitoyable. Mais les personnages ne se garde pourtant jamais de sourire, et c'est finalement peut-être ça le truc en plus de Burn Notice.

18 août 2010

Star Trek The Next Generation, saison 5


Difficile de ne pas répéter ce que j'ai déjà écrit pour les saisons précédentes, particulièrement pour la troisième et la quatrième, tant la qualité de la série et le niveau de la plupart des épisodes restent élevés. Et si nous restons bien dans l'univers Star Trek, cette petite soeur qu'est TNG ne doit désormais plus grand chose à la série originale, si ce n'est bien évidemment son univers immense.

Le cliffhanger final de la saison 4 (Redemption I, s. 4 ép. 26) trouve sa conclusion avec Redemption II (ép.1), où le complot romulien visant à profiter de la fragilité du pouvoir klingon à la limite de la guerre civile se confirme et devient plus pressant. Sans tout dévoiler, l'épisode nous renvoie également à des événements alter-temporels survenus lors de la saison 3 (Yesterday's Entreprise, s.3 ép. 15). Excellent double épisode au demeurant, en partie grâce à la meilleure connaissance des us et coutumes klingonnes que donne cette épisode, il est cependant largement supplanté par l'exceptionnel (au niveau d'un Best Of Both Worlds, s.3 ép. 26 et s.4 ép. 1) double épisode Reunification (ép. 7 et 8), exceptionnel à plus d'un titre. Tout d'abord, son lieu d'action est essentiellement romulien (alors que les vaisseaux sont connus, Romulus est elle une quasi énigme pour nous spectateur). Ensuite, la présence de Spock en fait forcément quelque chose d'un peu spécial. Si ST-TNG n'a jamais spécialement cité son illustre ainée, c'est la première fois que la filiation se fait à l'écran. De plus, du point de vue de la mythologie trekienne, les conséquences de ce qui se déroule et se trame dans ce double épisode vont aller jusqu'au récent Star Trek de JJ Abrams. Une telle cohérence impose le respect. Enfin, cet épisode nous dépeint la société romulienne et nous démontre sa complexité, loin de l'image véhiculée jusque là de conquérants insatiables, intrigants et sournois.

L'autre épisode absolument incontournable met en scène les borgs (I, Borg, ép. 23). Ou devrais-je dire un borg, échoué sur une planète, que l'équipage récupère pour études. Ce borg, au contact de l'Enterprise (rappelons que les borgs ne sont rien seuls et que la notion d'individu ne veut rien dire, seul compte le Collectif), va découvrir justement la notion d'individu, au contact entre autre de Geordi et de Data. Prévoyant tout d'abord de l'utiliser en vue d'infliger un coup fatal au Collectif, menaçant toujours plus l'intégrité des quadrants alpha et beta (1 quadrant est un secteur de la galaxie), vivre au contact de ce borg s'initiant peu à peu au jeu de l'individualité va peu à peu poser des problèmes d'éthique.

Dans cette antépénultième saison de ST-TNG, on retrouvera également quelques seconds rôles récurrents comme l'enseigne bajorane Ro Laren, Guinan jouée par Wooppi Goldberg, O'Brien au téléporteur, quelques apparitions de Wesley Crusher ou la toujours flamboyante Lwaxana Troi. On trouve aussi quelques guest star comme la jolie Ashley Judd (vue dans Heat ou le Collectionneur) dans une version d'Invasion of the Bosysnatchers (The Game, ép. 6) et surtout la bombe Famke Janssen (Goldeneye, Jean Grey dans X-Men ou plus récemment dans Nip/Tuck saison 2), promise au mariage forcé pour question de paix (The Perfect Mate, ép. 21). Seul Q n'apparaît jamais dans cette saison, alors que toutes les autres ont au moins une fois leur Qpisode.

Coté créatures étranges, confrontations culturelles, dilemmes éthiques et même amoureux (The Outcast, ép. 17, qui évoque avec finesse, car nous ne sommes qu'en 92, l'homosexualité), cette saison est ainsi riche en aventures variées et grisantes. Rares sont les épisodes vraiment ennuyeux (il y en a surement un ou deux, mais j'ai omis de les noter) et l'épisode final (Time's Arrow, ép. 26), dont la conclusion ouvre la sixième saison, est lui trekien en diable : découverte du cadavre (en tout cas sa tête) de Data, déphasage de l'espace, retour vers le XIXème siècle en compagnie de Mark Twain (Jerry Hardin, inoubliable Gorge Profonde dans X-Files, est plus vrai que nature), complot extraterrestre et une Guinan qui en sait bien plus que ce qu'elle veut bien en dire...

A très vite pour la sixième. Live long and prosper, to all !

3 juil. 2010

Burn Notice, saison 1

Que ce soit en littérature, au cinéma ou à la télévision, l'espionnage excite depuis longtemps l'imagination des scénaristes et les mirettes des spectateurs. De Mission : Impossible (et son affreux reboot des eighties), le décalé et pop The Avengers (mais si, Steed et son chapeau melon, Peel et ses bottes de cuir) et autre The Man from UNCLE (Des Agents Très Spéciaux en VF) dans les années 60 aux plus récents Alias (à redécouvrir) et Chuck (très surestimé à mon goût), l'espionnage semble ainsi un thème inusable, bien que déjà fortement balisé.

Au premier abord, Burn Notice avait peu de chance de me charmer, ne serait-ce de part son lieu d'action qu'est Miami, ville envers lequel je nourris de tenaces a priori télévisuels, sûrement marqués par l'esthétique Miami Vice et la certitude de retrouver de l'affreuse musique afro-cubaine. Mais la seule présence au générique de Bruce Campbell (dois-je rappeler une énième fois qu'il est et sera, tel Kurt et Snake, Ash à jamais, bien qu'il ait pris un coup de vieux) a suffisamment titillé ma curiosité pour aller au-delà de mon antipathie pour Miami.

Bien m'en a pris car, si Miami y est représenté par ses oripeaux les plus clichés lors des plans de transition (bikinis, salsa beurk et plages de rêves), voilà bien les seuls reproches que j'ai à faire à cette première saison de Burn Notice, où Michael Westen se fait griller (retirer son statut d'espion) en pleine mission et va rechercher le pourquoi du comment (avec l'aide de deux comparses, une ex-IRA et un ex-SEAL), en sachant qu'il a interdiction de sortir de Miami sous peine de devenir l'ennemi public number one.

Sans être la série du siècle, elle distille sans surdosage (et sur 13 épisodes pour cette saison) du fun et de la fraîcheur à un paysage télévisuel plus marqué depuis quelques années par le sérieux à tout crin, surtout dans le genre espion (dans Alias et 24, on ne se paye que rarement une bonne tranche de rigolade). Si l'on n'est pas non plus dans Max la Menace question rigolade, la dynamique du trio est bien écrite et fonctionne sans coup férir, entre petites vacheries, mauvaises habitudes, anecdotes amoureuses et amitiés tenaces (et quelques trucs d'espion aussi). S'il on rajoute avec ça les histoires de famille de Michael qui ne bouffent en rien la série, on obtient une saison bien équilibrée, avec des structures d'épisodes certes assez similaires et classiques mais qui ont ce truc en plus qui fait passer la pilule. Enfin, les trois derniers épisodes donnent à eux seuls tout son piment à cette première saison, avec pour le premier (ép. 11, False Flag) un duel au soleil entre Michael Westen et une étonnante tueuse à gage jouée par Lucy Lawless (forever Xena, mais aussi très convaincante dans X-Files et Battlestar Galactica plus récemment) et pour les deux suivants (ép. 12, Dead Drop et ép. 13, Loose Ends) un efficace et très rythmé double programme final, qui clôt avec panache cette saison et ouvre sans en faire trop la porte à la deuxième.

Pour (presque) finir, petite parenthèse sur Bruce Campbell : il y est impeccable, classe et tient son rôle avec mesure d'ex-SEAL fricotant avec le FBI et les vieilles dames riches et célibataires de Miami et aimant parfois un peu trop la bouteille. Et il convient, et je conclurai cette chronique ainsi, pour ceux que ça ne rebute pas de regarder Burn Notice en VO pour l'accent délicieusement irish de Gabrielle Anwar (vue aussi dans The Tudors) et le talent pour les accents de Jeffrey Donovan, (très charmeur et bien moins monolithique que les premiers épisodes peuvent laisser à penser) l'interprète de Michael Westen, qu'aucune VF ne saurait, avec tout le talent du monde, retranscrire dans les enceintes de votre téléviseur.

28 juin 2010

United States of Tara, saison 2

Si Diablo Cody s'est planté allégrement avec son Jennifer's Body au cinéma, force est de constater que le format télévisuel lui sied bien et qu'elle confirme, avec cette deuxième saison d'US of Tara, tout le bien que l'on pensait de cette série suite à sa première saison.

Difficile de lui trouver des défauts, mis à part d'être trop courte (12 épisodes de 25 minutes), tant le charme opère, par la qualité d'écriture, la finesse des personnages, la subtilité des situations (cette série semble abhorrer les grosses ficelles soapifiantes façon Desperate Housewives), la délicatesse de l'humour et l'absence de gros sabots catharsiques (ce qui n'empêche ni l'empathie ni l'émotion).

Évitant aussi la surenchère et la multiplication des alter (Buck, T., Alice et les autres), ceux-ci n'apparaissent jamais pour le show mais toujours en fonction des évènements (à noter ainsi la quasi absence de T., l'ado délurée ultra sexuée, de la seconde saison), Tara étant toujours (et d'autant plus cette saison) le personnage principal, magnifiquement porté par Toni Collette. Mais si la quête de sens et de vérité de Tara nourrit l'intrigue principale de la série, les scénaristes n'en oublient jamais les autres membres de la famille, se dépatouillant eux aussi avec leurs propres existences mais aussi avec les conséquences de la problématique maternelle.

United States of Tara est sans aucun doute, actuellement, l'une des grandes réussites télévisuelles. Espérons ainsi que cela se maintienne, tout simplement.

10 juin 2010

Retour sur... Heroes (saison 1 à 4)

J'inaugure aujourd'hui une nouvelle thématique, les Retour Sur..., qui me permettront de revenir, parfois de manière plus dense comme ici, sur des séries dont je n'ai pas détaillé les saisons jusque là, et qui a mes yeux méritent le coup d'œil ou un retour critique. Cela me permettra aussi de jeter un œil dans le rétroviseur sur quelques vieilleries connues par nous sur le bout des doigts (regardez vers l'antépénultième lettre de l'alphabet, par exemple, ou vers quelques pieux joliment manipulés par une blondinette californienne). A suivre donc...

Après 4 saisons et des audiences toujours en baisse depuis la deuxième saison, Heroes vient d'être annulé par NBC, bien qu'il semblait que la saison 5 devait être l'ultime saison, cloturant la série sur le chapitre Brave New World (chapitre ouvert dans les dernières minutes de l'épisode éponyme et final de la saison 4).

Malgré une première saison encensée, que cette série soit arrivée jusque là tient déjà de la gageure, tant la critique et le public se sont désintéressés d'Heroes, et on ne reviendra évidemment pas sur la diffusion télé (c'est valable pour tellement d'autres) pour la France (quoique France4 semble vouloir faire un meilleur boulot que TF1), sinon on peut y passer des heures et ça ne sera pas bon pour mon cœur. Et bien que cette quatrième saison ne soit pas la meilleure, et qu'Heroes ne sera surement pas une série qui restera dans les mémoires de beaucoup, la désaffection pour cette série a été aussi violente et rapide que sa mise au firmament lors de sa première mise à l'antenne.

La principale critique adressé à l'égard d'Heroes a toujours été son coté soap, avec multiplication d'intrigues, de sous-intrigues, de capillotraction, de personnages, de retournements, ce qui n'est d'ailleurs pas faux. Les personnages de Noah et Claire Bennet (le père barbouze et la fille pom-pom girl invincible) en sont d'ailleurs les exemples les plus flagrants : on s'aime, on se ment (toujours pour le bien de l'autre, enfin c'est l'excuse...), on se déchire, on se rabiboche, on se promet de ne plus faire tout ça et puis finalement on y retourne à cœur-joie... Mais arrêtons-nous sur cette critique deux minutes. La volonté de Tim Kring a été de transposer un univers dense (les super-héros) porté depuis 50 ans par la BD et que le cinéma a difficilement transposé (quelques réussites sur combien de ratages...), de part le format de durée limité sur grand écran qui rend délicat l'équilibre entre satisfaction des fans acharnés et nécessaire élagage de l'univers choisi pour toucher le plus grand monde. Alors quand en plus une suite se met en œuvre, la tentation du toujours plus (surtout dans les personnages) ne fait pas que pointer le bout de son nez et rend l'exercice encore plus casse-gueule. La série télé semblait ainsi (et semble toujours, à mes yeux) le format adapté à l'adaptation de ce type d'univers : une saison d'une vingtaine d'épisode c'est plus de 13 heures de programme, contre à peine 9 heures pour les trois Spiderman. Les moyens ne sont peut-être pas les mêmes, mais quand on voit aujourd'hui la qualité de réalisation des séries TV depuis 15 ans, on sait que le fossé qualitatif s'est considérablement réduit en peu de temps. Et quiconque a lu ou a tenté de lire les X-Men par les Strange (pour les plus vieux d'entre nous), a arrêté, puis a repris un jour par curiosité, sait que l'univers des comics est pire que les Feux de l'Amour : retournement de vestes, morts, résurrections, mariages, disparition, naissances, futurs alternatifs, présents modifiés, univers parallèles qui s'entrechoquent. Et je passerai sur les relectures, les reboots et remises à zéro. Voilà ce qui caractérise l'univers des super-héros. Un vrai bordel, tout simplement.

Tim Kring a eu la bonne idée de créer de toutes pièces son univers de super-héros plutôt que d'adapter un univers existant, et qui doit certes beaucoup aux X-Men (les mutants, leurs pouvoirs, les manipulations génétiques, la question du secret et de la mise au grand jour de l'existence de ces personnes) mais qui s'en éloigne aussi, ne serait-ce que par l'absence de véritable organisation type Institut Xavier ou Confrérie des Mauvais Mutants et aussi par l'absence de costumes. Et si, chez les heroes, c'est parfois le bordel en terme d'intrigue, force est de constater que peu de questions sont restées en suspens, grâce au système de chapitre. La série a ainsi été divisé en 6 chapitres (dont le dernier que nous ne verrons donc jamais) qui ont permis, tout en créant et perpétuant un univers assez cohérent, de circonscrire sur chaque saison une intrigue principale. Enfin, c'était le principe, car la grève des scénaristes en 2007 a divisé par 2 les chapitres 2, 3 et 4, ces deux derniers ayant été condensé sur la troisième saison, et la deuxième saison n'a duré que 11 épisodes, ce qui a pu donné chez certains ce goût de mauvaise maîtrise des intrigues.

Mais pour ainsi dire, j'ai du mal à comprendre ce qui a causé la désaffection du public et les critiques acerbes, surtout à partir de la saison 2. Si c'est le fait d'avoir condensé les intrigues, je trouve tout de même que les scénaristes se sont particulièrement bien sortis de la division en 2 chapitres de la saison 3, qui est sans aucun doute, avec la première saison, la plus réussie et la plus spectaculaire. Et puis, coté personnage, si certains étaient dès le départ fadasses (Peter Petrelli en tête), d'autres ont tout de même été particulièrement bien traités et ont maintenu le niveau d'intérêt de la série, en particulier Nathan, Hiro et Sylar. Ce sont les trois personnages, avec des parcours et des personnalités très différentes, qui ont connu une vrai progression, une évolution intéressante et que les scénaristes n'ont jamais lâché. Et si la saison 4 est sans aucun doute la plus faible (mauvaise gestion des intrigues multiples et qui affaiblit la portée de certains personnages comme Matt Parkman, malgré un méchant séduisant et complexe), le parcours des trois heroes précités reste le vrai point fort de la série.

Alors, à coté des faiblesses de la quatrième saison, peut-être que l'univers des comics, quand il concerne un ensemble de personnages, n'est pas encore assez grand public pour maintenir une audience suffisante pour une grande chaîne US. Car Heroes n'a pas été une mauvaise série. Une grande série, certes non, mais, avec son univers cohérent et original (par exemple, l'avenir écrit dans un comics, élément central de la série à ses débuts, a donné une véritable identité visuelle à la série, ce que n'a pas oublié la série française Hero Corp), ses personnages dans l'ensemble attachants et bien construits, sa structure fidèle à l'esprit comics et ses thématiques, déjà balisés chez les X-Men (entre pouvoir, science, bannissement de populations catégorisés et chasse aux sorcières), aux résonances toujours d'actualité, Heroes aura été sans nul doute une des bonnes séries de ces 5 dernières années. Elle aurait, en tout cas, mérité de pouvoir conclure son dernier chapitre Brave New World, où l'existence des heroes était enfin révélé à la face du monde...

7 juin 2010

Dark Angel, saison 2


La seconde saison de Dark Angel démarre sur la même lancée que la première saison. Malgré la destruction de Manticore 2.0 (la première mouture étant détruite à la fin de la première saison) dans les deux premiers épisodes et la libération de créatures toutes plus transgéniques les unes que les autres, la série peine à décoller vraiment et reste sur un rythme de croisière pas désagréable mais peu original pendant près de 14 épisodes (les 2/3 de la saison), chaque épisode étant globalement brodé à partir du même canevas, à savoir Max qui doit sauver un évadé de Manticore. Deux ou trois épisodes sortent du lot de part la nature du transgénique de la semaine (ép. 10, Brainiac) ou par le contexte (dans ce cas-ci, Halloween, avec l'ép. 5, Boo). Qui plus est, deux nouveaux personnages, Joshua et Alec (jumeau d'un X-5 psychopathe rencontré dans la saison 1), sont parachutés comme side-kick de Max de manière un peu cavalière, une manière peu discrète de relancer une dynamique.

Pourtant, ces deux personnages seront bien traités par la suite, devenant bien plus que des faire-valoir, s'étoffant véritablement et devenant attachants et aussi importants au maintien de l'intérêt de la série que Max et le Veilleur, et l'on peut saluer les scénaristes pour n'être pas tombé dans le piège du side-kick à la mords-moi-le-nœud assez rapidement, piège qui aurait achever la série sans aucun doute. Le grand méchant de la saison 2, Ames White, détrone haut la main Lydecker (qui disparaît rapidement, sans qu'on sache vraiment s'il est mort ou non) et Mme X (qui meurt dès le premier épisode) question talent d'ordure sadique. De plus, l'arrivée d'Ira Steven Behr (que les trekkies connaissent bien pour son travail dans Star Trek : TNG et Star Trek : DS9) en tant que consulting producer en cours de saison va apporter un vrai reboot à cette deuxième saison. Et avec le très fun et léger Fugheddaboudit (ép. 15), la série se lance enfin, avec force mythologie entre secte eugéniste (le Culte de la Procréation, the Breeding Cult en VO) aux sombres desseins et contexte socio-politique trouble, où il est bon de se trouver des sorcières à bruler. Exit les pistes un peu fumeuses entre barbouzes sud-afs surboostés et groupes clandestins d'opposition, la fin de la série se précisant, elle s'est ainsi recentrée sur un véritable fil conducteur, et plus seulement le sauvetage de la semaine, et se donne un rythme et une densité dramatique, sans pour autant changer quoique ce soit question casting et reprenant les rares éléments mythologiques qui parsèment les deux premiers tiers de cette seconde saison, qui va amener à l'énorme et superbe épisode final.

Épisode final qui à ce jour est l'unique réalisation de James Cameron pour la télévision, et l'unique incursion dans sa série depuis les scénarios des deux premiers épisodes de la série. Et force est de constater qu'il lui a donné un final digne de ce nom (1h30) à sa série et que Freak Nation est tout bonnement l'un des meilleurs épisodes de séries qu'il m'ait été donner de voir. Emotion, action (la scène de castagne est ahurissante, et Cameron se fait un petit plaisir en filmant Max et son adversaire se foutre sur la gueule comme des catcheuses, les cordes en moins et le béton en plus), réflexion et scènes chocs (le transgénique crucifié et brulé sur une croix en X), Cameron clôt ainsi sa série par une grande claque et un plan final façon Iwo Jima, où les transgéniques plantent un superbe drapeau sur Terminal City, qui impose l'existence des transgéniques à la face du monde, coming out à la fois plein d'espoir et de craintes pour l'avenir.

Si l'on ne peut qu'être frustré par le fait que la série se soit arrêtée après un tel épisode, force est de constater que le dernier tiers de cette ultime saison surclasse qualitativement largement tout le reste de la série, et qu'on ne peut que se réjouir de cet arc final, surtout quand on nous offre un tel series finale. Même si, nous, pauvres téléspectateurs, il ne nous reste que notre imagination pour envisager ce que deux ou trois saisons de plus auraient donné, entre la recherche du Père (The Sandman, à l'origine de toutes les créatures de Manticore), la toile du Culte de la procréation s'étendant aux plus hautes sphères et ne cherchant que la guerre civile avec les transgéniques de Manticore, les débuts de Terminal City comme nation et entité politique et enfin la révélation d'une mission quasi messianique pour Max...