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26 août 2012

La Taupe

Sous un écrin de tweed suranné, La Taupe est une plongée vertigineuse dans l'espionnage britannique 70's, ses méandres policés, ses tourments voilés, courant en pleine guerre froide après une gloire révolue. Ce panier de crabe feutrée est mis ainsi peu à peu en lumière, Tomas Alfredson (Morse) dévoilant le cadre (les lieux deviennent vite familiers) et le déroulement de l'enquête par une réalisation au millimètre, tendue et patiente, soutenue par une reconstitution précise (quel sens du détail, il nous rappelle ainsi dans cette maniaquerie le Zodiac de Fincher), et par un montage labyrinthique (difficile au début de repérer les flashback) mais dont la finesse joue grandement dans la valeur de ce film.

Porté par un Gary Oldman des très grands jours et un casting 5 étoiles, tous au diapason (de Colin Firth à John Hurt, en passant par Ciaran Hinds, Mark Strong, Tom Hardy et j'en passe), ainsi qu'une musique discrète mais impeccablement choisie, La Taupe nous emballe aussi parce qu'il nous prend à contre-pied, trop habitué à un espionnage cinématographique plus spectaculaire. En transcrivant à merveille les affres, les turpitudes, les contradictions et les luttes d'ego et de pouvoir au service d'une Nation et d'une guerre sans bataille, tout en déroulant une véritable enquête d'espionnage, Tomas Alfredson réalise ici un film d'espions hors cadre, étonnant et captivant. Une très grande réussite.

11 nov. 2011

Duplicity


Habitué des films d'espions (c'est lui qui signe les trois scénars de la trilogie Jason Bourne) du coté gouvernemental, Tony Gilroy nous offre ici la facette industrielle, bagarre moins explosive mais toute aussi tordue entre deux entreprises de cosmétiques (excellent générique au demeurant, où les deux patrons se foutent joyeusement et malhabilement sur la tronche sous le regard médusé de leurs troupes respectives).

Au milieu de cette guerre industrielle, Gilroy fait jouer un joyeux jeu de poker menteur à l'impeccable duo Clive Owen (grande classe) et Julia Roberts (pas fan, mais elle a quand même un truc), jouant habilement avec un Mac Guffin pas piqué des hannetons, et dévoilant ses cartes lentement mais surement, avec pas mal d'humour et un sens du rythme indéniable, un art certain de la révélation et du rebondissement, jusqu'à un dénouement savoureux.

Et malgré quelques scories de réalisation un peu tape-à-l'oeil (les séquences en split screen, qui n'apportent rien de plus au point de vue du réalisateur), Duplicity est un film prenant, délivrant un joyeuse parano communicative, nous manipulant du début à la fin sans nous prendre pour des buses. On en demande pas plus.