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19 août 2012

Control

Parce qu'Anton Corbijn s'est attaché avant tout à raconter l'histoire d'un homme plutôt que d'iconiser un parcours artistique, Control réussit là où la plupart des biopic se plantent.

On pourra peut-être me rétorquer qu'à l'inverse d'un Johnny Cash, d'un Ray Charles ou d'une Edith Piaf, Ian Curtis a eu une carrière éclair. Mais je ne pense pas que cela soit si important. En optant pour le noir et blanc (illustrant l'ennui ambiant qui règne dans cette banlieue de Manchester, mais aussi la profonde dualité du personnage), en cadrant à merveille tout autant ses plans de transition que ses séquences plus narratives (Corbijn n'est pas photographe pour rien), en n'apposant jamais un regard sensationnaliste sur son personnage (sa maladie ne se transforme jamais en chemin de croix à l'écran), Corbijn  nous offre, pour son premier long-métrage, une histoire profondément humaine.

Jamais romantique ni nostalgique, mais plutôt lucide et magnifié par l'interprétation de Sam Riley, ce Control est bien loin des canons hollywoodiens bipopic-esques, ce qui fait sa force, et ce qui fera sans nul doute sa longévité. Et gageons aussi qu'il n'est pas nécessaire de connaître grand chose à Joy Division pour aimer le film, ce qui est peut-être, au final, l'une des plus grandes qualités de Control.

9 déc. 2011

The Runaways


Le biopic est un genre casse-gueule, et rares sont ceux qui en sortent avec les honneurs (Ali, de Michael Mann, fait partie des rares exceptions). Et les biopics rock ne dérogent pas à la règle, souvent plus enclins à passer à la moulinette de l'icônisation leur sujet plutôt que de raconter une histoire (The Doors, d'Oliver Stone, en est l'un des exemples les plus criards).

Et là où Floria Sigismondi (grosse carrière de clipeuse) remporte dans l'ensemble l'adhésion de mon humble personne, c'est que l'hagiographie ne l'intéresse pas. Car ce qu'elle raconte (et plutôt bien), c'est justement la création et la vie façon étoile filante de ce produit sex, drugs & rock'n roll façonné quasi entièrement par ce grand malade (au sens du marketing quasi prophétique) qu'était Kim Fowley.

Si l'on pourra lui reprocher (un peu) de surtout s'attacher à la frontman Cherry Currie, un peu moins à Joan Jett, et de mettre de coté les trois autres (pas un mot à la fin sur la gratteuse soliste Lita Ford, loin d'être malhabile avec sa 6 cordes, et sur la tapeuse de fûts Sandy West), le film arrive tout de même à retranscrire ce parfum de souffre (elles étaient tout de même mineures !) et cette énergie adolescente et destroy qu'a libéré Kim Fowley.

A ce titre le casting est impeccable (les miss Fanning et Stewart sont amplement crédibles), avec une mention spéciale à Michael Shannon, jouant avec justesse un Kim Fowley outrancier, et les séquences musicales très réalistes (c'est quand même mieux quand on a l'impression que les acteurs savent jouer).

Bien que ne retranscrivant surement qu'une petite partie sur l'aspect trash de la vie du groupe (mais peut-être aussi cela n'était pas nécessaire), Floria Sigismondi nous offre un film honnête, collé à son sujet, mais aussi la photographie d'une époque charnière, où le marketing allait bientôt supplanter le contenu du disque...