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15 août 2011

L'Armée des Morts


Y'a-t-il exercice plus casse-gueule pour un premier film que d'être à la tête du remake d'un des films des plus grands films de zombie de l'histoire du cinéma, c'est à dire Dawn of the Dead, plus connu sous nos lattitudes comme Zombies, de George Romero ?

Sûr que c'est à la fois un excellent moyen de lancer une carrière. Ou pas. Tout dépend du rendu final, et c'est typiquement le genre de rendu final scruté à la loupe par des gens comme moi, sachant tout de même que Snyder fait partie de mes réals chouchous depuis 300, et que je n'ai finalement vu ce remake que très récemment.

Mais pour un tel remake, je ne lui aurai concédé aucune faute de goût, tant Zombies est une masterpiece de l'histoire du cinéma.

Alors, sans arriver à la hauteur du brûlot social qu'est Zombies, force est de constater que Snyder a réussi son coup. Bien qu'il garde le centre commercial comme principal lieu d'action du film, l'ensemble n'a finalement pas grand chose à voir avec l'original, tout en se référant pourtant à celui par l'intermédiaire de cameos (Tom Savini, Ken Foree...), de petits détails et bien évidemment par son titre en VO, conservant le même que l'original.

Mais de l'intro (le basculement, en quelques heures, une nuit tout au plus, d'un monde normal à un monde infesté) au final (inattendu mais tellement logique finalement), en passant par un générique (emmené par la voix rocailleuse de Johnny Cash) qui nous annonçait déjà le goût de Snyder pour les génériques intégrés pleinement à la narration du film et quelques morceaux de bravoure, comme la relation à distance (échecs, panneaux, messages...) entre Kenneth et Frank ou le bébé zombie, Snyder nous offre ainsi un film de zombies sacrément efficaces, avec surtout de très bons personnages, forts, lâches, attachants, détestables, usants, pathétiques. Humains quoi.

Bref, Zack Snyder réussit son coup, car il n'a pas essayé de refaire du Romero (chapeau bas aussi au scénario de James Gunn). Il reste ainsi un des films de zombies les plus efficace des années 2000.

13 oct. 2010

Bienvenue à Zombieland


Difficile de ne pas être emballé par ce que propose Zombieland, à commencer par son introduction originale et efficace et son générique apocalyptique au son du Metallica grande époque ( avec Cliff Bole à la basse) "For Whom The Bell Tolls". Difficile de ne pas être emballé par le casting quatre étoiles, Woody Harrelson en tête en cowboy allumé et torturé (avec lui le banjo et le petit air de Délivrance deviennent littéralement mortels...). Difficile de ne pas tomber en pâmoison devant le gros cameo de Bill Murray dans le rôle d'un Bill Murray ultra hollywoodien, villa, robe de chambre en velours rouge et tout le bataclan. Difficile de s'ennuyer, enfin, dans ce zombie/road movie/comédie sans baisse de rythme, fun mais pas parodique, respectueux du genre, avec pas mal de bonnes idées (les fameuses règles de survie érigées en running gag, le détournement de la traditionnelle scène de contamination/élimination, l'absence totale de simili pouvoirs résiduels...) et offrant un final à la hauteur de l'ensemble.

Mais je ne crierai ni au génie ni au culte. Car si Zombieland est sans aucun doute un excellent film de zombie, je n'ai pu m'empêcher en le regardant de penser à Shaun of the Dead, le chef d'oeuvre du trio Wright-Pegg-Frost, tant ces deux films sont similaires par bien des points, et à se demander même si Zombieland n'est pas la réponse US aux zombies d'Albion. Entre cette volonté de ne pas jouer sur l'héroïsme, de proposer un un vrai film de zombies mais pas que, d'utiliser le quotidien et la routine et de la pervertir avec des zombies, cette volonté des personnages de maintenir ou de retrouver une cellule familiale rassurante, diffcile de ne pas voir un sérieux lien de cousinage entre les deux films.

Pourtant, là où Shaun of the Dead offre une grande subtilité (ne serait-ce que dans sa première séquence où nous passons tous pour des zombies) même dans la terreur ou les aspects les plus beaufs des personnages, Zombieland apparaît comme un blockbuster de qualité certes, mais ne jouant pas tout à fait dans les mêmes sphères de subtilité, où les personnages, même bien écrits, sont plus typés (le geek a désormais, si l'on en doutait encore, un potentiel héroïque et sexy ultra bankable) et le spectaculaire reste la clef de voûte. Et l'arrivée pour 2011 d'une suite (dont l'intérêt artistique et scénaristique nous laisse dubitatif) achève de me convaincre que j'ai regardé un film de zombie bien plus hollywoodien qu'il n'y paraît. Et bien que je me sois délécté de Zombieland, il n'est pas prêt de faire tomber son illustre ainé Shaun of the Dead de son piédestal.

8 janv. 2009

Planet Terror


Autre moitié du diptyque rodriguo-tarantinien Grindhouse, il en est sans conteste le pendant le plus craspec et étonnement plus accessible que Death Proof (je m'explique un peu plus loin, d'abord un petit pitch).

Pour aller vite, une expérience de l'armée tourne mal dans une petite ville et transforme presque tous les gens en zombie. Seule une poignée arrive à rester humain et vont tout faire pour survivre, mais en fait l'histoire ne nous intéresse guère.

Robert Rodriguez s'est fait visiblement plaisir et a lâché la bride. Cascades, effets spéciaux, maquillages, décors, ambiance, tout rappelle un cinéma presque perdu, que quelques défricheurs avaient lancé sur le devant de la scène (les références à Zombies de Romero sont pléthore, ne serait-ce que par la présence de Tom Savini, acteur-maquilleur sur ce même Zombies). Dans ce sens, Planet Terror s'inscrit dans le même élan nostalgico-respectueux à la Doomsday, avec pour différence certaine le sens du spectacle et du décorum que Marshall n'a pas, ou en tout cas n'a pas totalement réussi à mettre en place.

Et c'est en cela que j'utilisais en introduction le terme accessible pour qualifier ce film. Non pas qu'il soit visible par tous (je pense à ma mère, par exemple, les mecs qui explosent ou les orgies de barbaque humaine, c'est pas ce qu'elle kiffe le plus au cinéma, mais mon père risque de bien se marrer en revanche), mais Rodriguez est un réalisateur de cinéma de divertissement, un entertainer. Et ce n'est pas, en tout cas ici, une critique que je lui adresse, bien au contraire. Il fait là, comme il a toujours fait avec plus (Desperado) ou moins (Shark Boy & Lava Girl) de qualité, un cinéma spectaculaire, pour passer un bon moment d'1h30, et suffisamment bien troussé pour ne pas avoir l'impression d'avoir été pris pour un con.

Tarantino filme pour lui un cinéma cinéphile, Rodriguez filme pour le spectacle rendu sur l'écran. Deux visions complémentaires du cinéma, avec un amour visible dans les deux cas pour le cinéma, qu'importe son genre. Grindhouse, quel que soit le respect final du dogme de départ (soyons honnête, pour ça Rodriguez a été un peu plus honnête que son compère), est avant tout cela : une manière de dire ce qu'est le plaisir de faire et de regarder du cinéma.


PS à l'éditeur de mon coffret DVD : où sont les vraies bandes-annonces de faux films avec des loups-garoux femelles SS, des fait pas ci et Thanksgiving ? Seule la délirante Machette est présente, en introduction de Planet Terror. Pourtant, il me semble bien avoir vu ici ou là des images de celles-ci. N'ai-je pas le bon coffret ? N'existent-elles qu'en import ? Ont-elles seulement été diffusées au cinéma lors de la sortie des films en France ? En tout cas, une fois n'est pas coutume que l'esprit d'un film ou d'un concept ne soit pas respecté à la lettre par les éditeurs et distributeurs de ce genre de galette...