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28 juin 2010

United States of Tara, saison 2

Si Diablo Cody s'est planté allégrement avec son Jennifer's Body au cinéma, force est de constater que le format télévisuel lui sied bien et qu'elle confirme, avec cette deuxième saison d'US of Tara, tout le bien que l'on pensait de cette série suite à sa première saison.

Difficile de lui trouver des défauts, mis à part d'être trop courte (12 épisodes de 25 minutes), tant le charme opère, par la qualité d'écriture, la finesse des personnages, la subtilité des situations (cette série semble abhorrer les grosses ficelles soapifiantes façon Desperate Housewives), la délicatesse de l'humour et l'absence de gros sabots catharsiques (ce qui n'empêche ni l'empathie ni l'émotion).

Évitant aussi la surenchère et la multiplication des alter (Buck, T., Alice et les autres), ceux-ci n'apparaissent jamais pour le show mais toujours en fonction des évènements (à noter ainsi la quasi absence de T., l'ado délurée ultra sexuée, de la seconde saison), Tara étant toujours (et d'autant plus cette saison) le personnage principal, magnifiquement porté par Toni Collette. Mais si la quête de sens et de vérité de Tara nourrit l'intrigue principale de la série, les scénaristes n'en oublient jamais les autres membres de la famille, se dépatouillant eux aussi avec leurs propres existences mais aussi avec les conséquences de la problématique maternelle.

United States of Tara est sans aucun doute, actuellement, l'une des grandes réussites télévisuelles. Espérons ainsi que cela se maintienne, tout simplement.

21 avr. 2010

Jennifer's Body


A tout niveau, ce film est un allumeur, ou si vous préférez cette péloche est une allumeuse : Diablo Cody, Megan Fox, un rituel satanique, un bled de bouseux, du sang, des tripes, des ados couillons et Megan Fox. Bref, des atours et des appels du pied plein de promesses, sans jamais de passage à l'acte franc et généreux.

Si Diablo "Juno" Cody (jetez aussi un œil, puis le deuxième, à US of Tara) est donc au scénario, on se demande bien si c'était une bonne idée pour elle de s'attaquer au film de genre. Voulant absolument mélanger (le genre de ce début de millénaire n'a-t-il donc de salut que dans le pot-pourri ?) les codes des films accrochant le public visé (les teenagers, avec en tête de gondole la Sacha Grey du pré-pubère, alias Megan Fox, mais j'y reviendrai plus loin), on retrouve ainsi du teen-movie (jusque dans la BO, parfois affreuse, parfois, mais plus rarement, étonnante de justesse avec l'image comme le final sur le Violet de Hole), un peu de gore, un peu de Satan, un peu de slasher, et surtout du vilain teen-movie. A vouloir trop retourner, se moquer, y compris prendre de haut ces mêmes codes, le film se plante royalement dans les grandes lignes, et surtout va là où il semblait ne pas vouloir aller : un grand mur de clichés et de défauts. Si l'intro en prison (joli coup de tatane...) donne un peu de mystère à un film dont l'affiche semblait baliser le parcours, le soufflet retombe très vite (ridicule scène de l'incendie du bar, dans le genre je me fous de la gueule du monde...) et, hormis une scène bien fichue en terme de tension (le retour de Jennifer chez sa meilleure amie après l'incendie), le reste du film est moyen, ennuyeux et raté dans sa conclusion. Plus généralement, le propos et les intentions du film restent dans un flou même pas artistique, tant l'ensemble apparaît capillotracté, mal maîtrisé, mal fagoté. Ca sonne creux et craneur.

Coté interprétation, rien à dire en revanche à propos de la miss Amanda Seyfried, qui joue Needy la copine de Jennifer. Plus que la Jennifer, c'est bien elle le personnage central du film. Développant une jolie palette, elle fait assurément de l'ombre à sa camarade de jeu Megan Fox qui, faute d'un rôle bien écrit, se contente de jouer l'argument publicitaire, dévoilant très légèrement sa jolie plastique mais rarement ses capacités d'actrice si ce n'est au détour de deux ou trois scènes en succube, ou encore dans la scène précédemment cité (la scène bien fichue en terme de tension). La réalisation hésite entre travelling de clip MTV, esthétique léchée et bucolique au détour d'une scène de natation nudiste de Jennifer, singeant là encore les clichés du genre et plutôt plate le reste du temps.

Reste donc pas grand chose à se mettre sur les mirettes, si ce n'est pour les fans hardcore de Megan Fox. Pourtant et bizarrement, je n'apposerai pas le libellé nanar sur ce film, car il a un goût assez improbable de film qui a failli réussir son truc (mais qu'il l'a raté sans doute aucun). Reste à savoir ce qu'il voulait réussir. Et reste aussi, et surtout, à suivre les futures péloches de la plus que convaincante Amanda Seyfried.

12 sept. 2009

United States of Tara, saison 1

Tara est une mère de famille, artiste peintre, 2 ados, un mari paysagiste, une sœur, des parents casse-couilles, une vie bien remplie en somme. Sauf que Tara, suite à un traumatisme indéterminé, est atteint d'un trouble mental appelé trouble dissociatif de l'identité (autrement dit elle partage sa cervelle et sa vie avec d'autres personnalités), ce qui multiplie, pour elle et sa famille, les soucis.Nous arrivons à un moment ou Tara a décidé, pour essayer de retrouver un semblant de vie, de stopper tout traitement neuroleptique, sachant pertinemment que cela va faire réapparaitre les autres personnalités et les désagrément qui vont avec (particulièrement l'incapacité pour Tara de se souvenir de quoi que ce soit lorsqu'une de ses personnalités fait ou dit quelque chose). Ses personnalités sont au nombre de trois : Alice, ménagère très 50's et fervente croyante, Bud, vétéran du Vietnam amateur de bowling et de pornos, et T., ado de 16 ans délurée, sans gène et très portée sur la gaudriole.

Et voici peut-être l'une des toutes meilleurs séries de cette année. Sur le même format que Californication (d'ailleurs ces deux séries sont diffusés sur la même chaine aux USA), c'est à dire des dramas de 25 minutes (format sitcom) et saison d'une douzaine d'épisodes, voici, au delà de l'aspect spectaculaire du principe (ce trouble mental est toujours une aubaine pour les scénaristes TV ou cinéma), le portrait d'une famille américaine (car Bud, T. et Alice font partie intégrante de la famille) qui navigue à contre courant de l'archétype de la sitcom familiale : on retrouve ainsi un peu l'esprit frondeur, athée d'une famille à la Malcolm in the Middle, avec ce lien, ce respect et cet amour qu'il y a entre tous les membres de la famille.

Le casting est impeccable. S'il convient de souligner la partition exceptionnelle (aucun intérêt de regarder cette série autrement qu'en VO, ne serait-ce que pour les changements de voix des différentes personnalités) de la non moins exceptionnelle actrice qu'est Toni Collette (l'inoubliable Muriel, Sixième Sens, Pour Un Garçon) qui tient là peut-être le big rôle de sa carrière, les autres (dont John Corbett, vu aussi dans Sex & The City en Aidan, l'un des flirts les plus longs de Carrie Bradshaw) sont loin de faire de la figuration, et grâce à la qualité d'écriture de la série, cela n'est pas un Toni Collette Show.

Difficile d'en dire plus sans spolier la trame de cette première saison, j'attends ainsi avec une certaine impatience la suite qui, je l'espère, ne va pas tomber dans le piège "toujours plus" question personnalités. Dans la série des petits plus qui rendent le spectacle encore plus agréable, il est à noter que la série possède un générique original et particulièrement joli, très colorée, présentant les personnalités de Tara en peinture façon pop up, et des musiques de qualité, qui doivent beaucoup au fait qu'elle soit produite par Dreamworks, la boite à Spielberg/Geffen, et c'est ainsi que l'on retrouve, pour mon plus grand plaisir (c'est l'un de mes groupes préférés), Eels à trois reprises sur la saison dont le premier et le dernier épisode.

De l'humour, de la parole libre, de l'émotion (magnifique séquence, épisode 7-Alterations, où Bud s'occupe de la sœur de Tara à la sortie d'une opération de chirurgie reconstructrice), il y a tout ça dans chacun des 12 épisodes et plus encore car il y a une vraie fraicheur dans cette série, sans pathos mais capable de gravité, sans angélisme ni volonté de normation et qui nous montre surtout que le freak peut faire, un peu, le bonheur.