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28 mai 2012

Dark Shadows


Peut-être que Burton c'était mieux avant La Planète des Singes et Big Fish. Peut-être qu'au fond il a renié tous ses idéaux tordus. Peut-être qu'il ne refera jamais plus un Edward au Mains d'Argent. Mais pas de bol pour vous, je fais partie de quelques hurluberlus qui pensent que Big Fish fait partie de ses 5 meilleurs films. En revanche, nous nous accorderons surement tous pour dire que son Alice est une purge à faire réévaluer la Planète des Singes amplement à la hausse.

Mais maintenant que les présentations sont faites, passons à Dark Shadows. Et sans crier au chef d'oeuvre, voilà somme toute un bon Burton. Gardant l'esprit et la nature soap opera de ce qu'était Dark Shadows à la télévision US, Burton nous offre ainsi un vrai soap de 2h, avec force poses, regards, manigances, meurtres, sexe, rebondissements et grosses ficelles. Et passé à la moulinette burtonienne, on assiste tout de même à quelques scènes valant vraiment le détour, dont le feu de camp du vampire avec les hippies, et ils nous offre surtout une sacrée galerie de personnage sacrément bien campés, avec une mention spéciale toute particulière à Michelle Pfeiffer et Chloë Moretz, mais surtout une Eva Green qui vampirise allégrement l'écran dès son apparition.

Certes, pas de grand message sur la différence, pas de jeu de massacre extraterrestre, pas de grand freak façon Pingouin, ce n'est qu'un soap finalement. Mais Burton n'oublie jamais que le carburant d'un soap est fondamentalement sombre, pervers et tordu. Et rien que pour ça, ça rassure, et l'on se dit que tout n'est finalement pas mort avec Alice. Et c'est peut-être ça le plus important, non ?

4 mai 2012

Les Sorcières d'Eastwick


Si l'on voit bien que le point de départ est de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière puritaine d'une petite ville calme et proprette, métaphore à peine déguisé d'une Amérique WASP s'épanouissant lors de ces 80's reaganiennes, on se rend compte aussi très vite que cette charge n'ira pas au bout de ses bonnes premières intentions.

Naviguant à vue dans cette bourgade d'Eastwick, George Miller semble avoir laissée la pédale d'accélérateur chez Rockatanski, tout autant qu'un scénario potable, qui laisse une tonne d'éléments sans réponse ou lance des pistes jamais vraiment exploitées (et en particulier en ce qui concerne ces fameuses sorcières), et qui lâche peu à peu ses intentions bravaches pour laisser place à une morale légèrement social-démocrate, pas vraiment républicaine mais loin d'être bien rentre-dedans. Sachant que plus le film avance, plus Nicholson, dans un de ses rôles typique fin 80's et les années qui vont suivre, est en roue libre (ridicule dans le dernier quart d'heure) et que Susan Sarandon perd tout charme à l'apparition de son brushing dans le plus pire style eighties, il ne nous reste guère que le regard éternellement troublant de Michelle Pfeiffer pour nous sortir un peu de l'ennui.

C'est à se demander quelle magie a bien pu opérer à l'époque pour que ce film ait un succès plus qu'honorable car ces Sorcières d'Eastwick, tout comme le lifting de Cher, ont à tout point de vue bien mal vieilli.