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21 févr. 2012

Fringe, saison 3


Le salut de Fringe passait obligatoirement par une troisième saison réussie, après une seconde largement décevante.

Et cette saison tient toutes ses promesses. Exploitant joyeusement nombre de concepts SF excitants, et en particulier celui du monde parallèle qui occupe une bonne partie de cette troisième saison (difficile d'en dire plus sans spoiler), elle reste toujours cohérente et solide quant à sa mythologie. S'éloignant de plus en plus d'X-Files (qui peut encore comparer les deux séries ?) et de son univers paranoïaque, on est ici bien plus dans une SF quasi steampunk, où la suspension d'incrédulité fonctionne à plein régime.

Portée par un casting toujours impeccable (l'exploitation du principe d'univers-miroir leur permet ainsi de s'exprimer sur des registres très différents), soutenue par des effets spéciaux de haute volée et se terminant sur un cliffhanger particulièrement excitant, la troisième saison de Fringe redresse allégrement la barre et offre à nos yeux de série-phage la meilleure saison de SF télévisuelle depuis fort longtemps. Pourvu que ça dure encore un peu.

16 déc. 2011

Fringe, saison 2


Dire que Fringe a failli perdre tout intérêt dès sa deuxième saison n'est pas peu dire. Il faut dire que, durant 14 épisodes, il ne se passe pas grand chose. Sachant qu'en plus, l'épisode 11 (Unhearted) est un épisode de la saison 1 non diffusé à l'époque, qui tombe comme un cheveu sur la soupe, sans cohérence aucune, et, sans trop spoiler, qu'un des personnages réapparait malgré sa mort au début de la saison.

Quatorze, allez disons onze en ne comptant pas le premier épisode (A New Day in the Old Town), le quatrième (Momentum Deferred) et le dixième (Grey Matters), sans réel avancement quant à l'intrigue (le Dessein, les métamorphes, William Bell...), ça fait long, surtout pour une série façon Fringe, même si certains de ses loners sont bien foutus (August, s2 ép. 08, en posant le cas de conscience d'un Observateur, sort du lot, ainsi que l'étonnant Johari Window, s2 ép.12). Et cela nous rappelle malheureusement la quatrième saison d'Alias, de la même équipe et souffrant exactement du même défaut : une première moitié de saison soporifique avec des missions sans beaucoup d'intérêt dans l'intrigue.

Mais heureusement, tout comme la pénultième saison des aventures de la jolie Miss Bristow (qui se clôt dans une apothéose zombi-esque), elle termine en trombe. Du quinzième jusqu'au dernier épisode (l'un des meilleurs étant l'excellent White Tulip, s02 ép.18, belle et solide histoire de temps et d'amour), plus rien ne nous fera lâcher le téléviseur, tant soudainement l'arc final déploie tout son potentiel SF jusqu'à un final moderno-steampunk grisant.

Néamoins, malgré les deux premiers tiers gachés de cette seconde saison, la série garde toutes ses qualités : un cadre SF prenant et plein de possibilités, des SF superbes et des maquillages toujours aussi réalistes, des acteurs au poil (et des supers cameo avec Diane Kruger et un super Scott Glenn) et des personnages toujours aussi attachants. Ainsi, la relation entre Walter et Peter est véritablement le moteur de la série, jusqu'à un point qui redéfinit même l'ensemble des évènements vus jusqu'alors.

Vu le final, et malgré la semi-déception qu'est cette seconde saison, il va sans dire que l'on attend beaucoup de la troisième, qui confirmera, ou non, que Fringe est la digne héritière d'une tradition SF télévisuelle, qui va de Twilight Zone à Lost, en passant par Kolchack, X-Files et même Sliders ou Quantum Leap.

13 déc. 2011

Fringe, saison 1


Quatrième série de la nébuleuse Abrams (il ne faudrait pas non plus oublier ses compères Orci et Kurtzman, dèjà présents sur les 5 saisons d'Alias), Fringe s'annonçait comme le retour de la série de SF/fantastique, ancrée dans une certaine réalité, une actualité, un présent même, mettant en scène des enquêtes étranges dévolues au FBI. Qui a dit "ça me rappelle X-Files" ? Oui, et cela fait partie des influences avouées.

Et c'est aussi ce qui m'en a tenu éloigné, les plus fidèles d'entre vous sachant le quasi-culte que je voue aux aventures de Mulder et Scully. Et alors que la quatrième saison est en cours de diffusion aux USA, c'est une critique d'Alain Carrazé sur la troisième saison dans Mad Movies du mois dernier qui m'a convaincu de m'y mettre.

Et grand bien m'en a pris. Car si X-Files n'est pas loin, la Quatrième Dimension non plus, et cette saison de Fringe offre à cette série sa logique propre, sa mythologie, son état d'esprit. Pas de paranoïa et de grand complot gouvernemental, ici le moteur est plutôt la science, ses dérives, sa marchandisation (symbolisé par l'opaque multinationale Massive Dynamics) et surtout le Dessein, étrange projet et événement que je ne vous dévoilerai bien sur pas.

Plusieurs raisons de s'enthousiasmer de cette première saison, car si Fringe ne révolutionne pas fondamentalement la série fantastique, elle joue le jeu à fond : une intrigue dense mais qui avance, des mystères résolus peu à peu et d'autres entraperçus juste ce qu'il faut pour lancer les saisons suivantes, une réalisation solide, des maquillages gores et des effets spéciaux d'une qualité bluffante, des personnages bien écrits, de l'humour et une interprétation solide. Et un cameo dans le season finale qui ne pouvait que me faire joindre les doigts en V.

Force est de constater qu'il y a du métier et de l'intelligence chez Abrams et sa clique. Mélant habilement épisodes mythologiques et quasi-loners (épisodes dont l'intrigue n'a aucune conséquence sur l'arc narratif de la saison ou de la série) comme à la grande époque (et rappelant aussi la bonne recette d'Alias), il y avait en tout cas longtemps qu'une série ne m'avait pas hameçonné le ciboulot de cette manière. Confirmation, peut-être, pour la saison 2 ?

11 août 2011

Céçuikidikiyé - Super 8


Parce qu'on ne peut rien refuser à quelqu'un qui, un jour, dans une 205 sur la route des Martres de Veyre à Opme vous permet, aux hasards de la conversation, de mettre un nom sur un film tant recherché mais au nom oublié, et ce grâce à la simple évocation de trois images gravé dans le cerveau d'un enfant de 7 ou 8 ans. Parce que je ne suis pas non plus suffisamment en forme en ce moment pour me déplacer dans un cinéma. Et enfin, parce que c'est un ami, qu'il sait écrire et que ça fait un moment que je lui propose de lui laisser un peu de place ici. Merci d'accueillir M. Fabhenry de Hautefort.


Les années 80, on est bien d’accord, c’est un peu le chant du cygne du rock’n’roll. Le punk vient de crever comme il l’a voulu, avant d’être majeur. Les synthés, la reverb baveuse et le mixage merdique des batteries se sont mis d’accord pour conjointement saccager ce qu’il reste des groupes 70’s qu’on a aimé et leurs successeurs.

Mais concernant la distraction cinématographique à grande échelle (le blockbuster), les 80’s nous ont donné quelques pièces magiques pleines d’idées farfelues et d’humour bon enfant. Si l’on excepte Star Wars (pardon, la Guerre des Etoiles à l’époque) on suivait des personnages attachants un peu (beaucoup) caricaturaux et l’action prenait place dans un monde que l’on connaissait.

Il y a ceux qui se passent à New York (Ghostbusters)

Et puis il y a ceux qui se passent dans un bled pourri. C’est l’été. On y voit rouiller un groupe d’enfants ou d’ados à caractéristiques définies (le héros pas-toujours-populaire-mais-sympa, l’intello bricolo, le comique, la jolie fille, sa copine grande gueule, etc.) Rien ne semble vouloir troubler leur ennui fait de petits jobs d’été, de râteau avec la bonasse de l’école, et de soirées passées avec des potes un peu débiles…

Quand soudain, un extra-terrestre vous demande de piloter le Navigator ou vous imprime dans la tête des plan pour aller faire les Explorers de l’espace. Ou alors ce plan est dans le grenier du papa antiquaire et le Goonies peut aller sauver Astoria. Ou sauver la terre d’une invasion qui vient de Mars. Ou même aider un E.T. à téléphoner maison (ligne fixe only)

Et moi, petit pré-ado des 80’s de Corrèze qui rouille en été, je me disait que rien n’est perdu, que le vaste monde commence justement dans mon bled pourri.

Certes, ces films sont plus ou mojns bon, mais je m’aperçois qu’ils ont une touch très 80’s et forment un élément de nostalgie plutôt sympa.

Super 8, c’est tout ces films en bien. Voire en mieux pour un certain nombre.

Le groupe d’enfants est bien typique et l’on peut s’y reconnaître mais les persos ne sont pas caricaturaux même si typés (le héros en deuil mais qui ne se la joue pas blessure secrète, son pote exalté mais immature, son copain débilos mais un peu inquiétant, la jolie qui ne se la pète pas bourgeoise,…)

Et surtout : ils sont bien dirigés. Les acteurs jouent vraiment bien. Cela n’a pas toujours été le cas dans les 80‘s. Le réal se permet même une mise en abîme : il se font un petit film de zombie (en Super 8) et les enfants sont amenés à jouer les acteurs. Bons acteur ou mauvais acteur. Déjà, avec un acteur pro, c’est pas toujours très heureux. Mais faire cela avec des enfants, c’est risquer la catastrophe (qui a dit Harry Potter ?)


Le décor est bien foutu aussi. On est 1979, mais on ne se sent pas dans une reconstitution. Abrams n’insiste pas sur les élément habituellement très 80’s, hormis la super 8 et une allusion au communisme. Le reste pourrait encore se trouver aujourd’hui. Il aurait pu nous passer à longueur de temps de la musique de merde, nous mettre des coupes mulets et des moule-burnes. Mais non. Ouf !

Avec tous ces éléments, Abrams pose une ambiance. Et c’est cette ambiance qui fait tout le sel du film. Abrams a fait le choix de mettre en avant tout ce qui nous plaisait finalement dans ces film : les liens entre les personnages, leurs sentiments respectifs, leurs secrets, leur volonté acharnée de vouloir finir leur film malgré tous les événements, etc. Tout cela prime sur une histoire de monstre / ET qui terrorise le ville. En cela, il va à l’inverse du modèle 80’s : là où, à l’époque, les personnages servaient de base identificatoire pour rendre le suspens efficient, ici c’est la trame de l’histoire qui révèle et fait évoluer les personnages. Le père dit à un moment à son fils : «c’est la première fois qu’on fait face ensemble, seuls, à une situation. » Ce qui compte est plus le lien que ça met en jeu que la situation elle-même ou la manière dont ils y font face.

Bon, c’est pas le Garçu de Pialat. Ni même Tomboy. Y’a quand-même une histoire d’E.T. avec des effets spéciaux bien faits et des scènes d’action haletantes. Mais ce qui reste c’est cette nostalgie sympa de nos jeunes étés ennuyeux où finalement tant de choses se sont passées et ont pu faire de nous un peu de ce que nous sommes.

Fabhenry de Hautefort

7 mai 2009

Star Trek - Croire en son Destin


Malgré une petite réticence (doute quant aux qualités de JJ Abrams avec le médium cinéma, sous-titre français pas terrible, doutes quant au casting...), j'y suis allé avec ces a priori, et ce malgré une presse plutôt et étonnamment enthousiaste, sachant qu'en plus les derniers efforts cinématographiques de la franchise (malgré un Nemesis de bonne facture) n'ont ni emballé les foules ni la critique française (une certaine exception culturel, il faut croire, face à cet univers...).

Star Trek est un univers difficile à réécrire, à réinventer, compte-tenu de sa longévité médiatique (40 ans !), de sa chronologie précise et de son cadre plutôt rigoureux (valeurs véhiculées, relations entre les peronnages, design...). Surtout si, comme l'a choisi Abrams, on veut reprendre tout, ou presque, aux origines (grande mode hollywoodienne, soit-dit en passant, si l'on repense aux derniers Batman, au Superman de Singer, ou au récent Wolverine, et je dois en oublier d'autres).

Sans vraiment dévoiler l'intrigue, la solution est scénaristiquement la meilleure qui soit, pour cet univers et pour un public profane, clairement visé par Abrams : cette solution est l'uchronie (cliquez sur le lien pour ceux qui ne connaisse pas ce procédé), en gros de créer un univers parallèle, chose commune ces dernières années dans les comics US du genre X-Men si je ne me trompe. Et de fait, cela fonctionne, même si, jusqu'au dévoilement du pourquoi du comment, j'ai mis du temps à comprendre comment Abrams allait se dépatouiller avec toutes les incohérences face à la chronologie originale. Ainsi (et j'étais accompagné d'un novice en la matière qui le confirmerait), tout est a redécouvrir, même si le connaisseur est servi en terme de références, sans pour autant que celles-ci biaisent le plaisir du néophyte.

Visuellement, Abrams a saupoudré un univers plutot austère au départ d'une bonne dose de space opera à la Star Wars, sans pour autant dénaturé l'esprit : les batailles spatiales sont dantesques, les visuels (la sortie de l'Enterprise des brumes de Titan...) sont magnifiques, les vaisseaux ont de la gueule. Pourtant, cela ne l'empêche non plus de nous offrir de beaux personnages, Spock en tête, ainsi que l'evil guy Nero, et d'offrir des moments réellement émouvants (les 5 premières minutes, j'ai failli verser ma larme...). Les pyjamas sont là, la téléportation, la chambre de dilithium aussi, et même l'infirmière Chappell, mais au delà de ces clichés, tout ce qui fait le charme de Star Trek est là et entre particulier le fameux esprit d'équipe : Spock et Kirk peuvent être héroïques tant qu'ils le veulent, sans leur équipage ils ne sont rien. Et on ne s'ennuie pas une seconde, en vibrant lors des batailles, en prenant le temps de s'attacher aux personnages, en attendant avec impatience le dénouement et en se disant qu'à la fin, on est pas contre le fait qu'Abrams rempile pour une ou deux péloches du même acabit.

Coté casting, Zachary Quinto EST Spock, qui plus est sous le haut-patronnage de Leonard Nimoy (je n'en dis pas plus)... Eric Bana (le Hulk d'Ang Lee) campe un vrai bad guy romulien, comme la série n'avait pas eu de bad guy (exception faite des Borg, en particulier de la reine Borg de Premier Contact) de ce genre depuis peut-être Khan, et sans ainsi faire le catalogue de tous les personnages, je parlerai juste de l'impeccable et scotty-esque Simon Pegg (Shaun du plus que respectable Shaun of The Dead, et flic incorruptible et bruckheimer-esque du non mois réussi Hot Fuzz) qui cultive une étonnante similitude d'interprétation avec James Doohan, l'interpréte original de l'ingénieur en chef Montgomery Scott. A noter le retour de la désormais discrète au cinéma Winona Ryder (Amanda Grayson, la mère humaine de Spock) qui, si l'on la voit peu à l'écran, illumine toujours autant de sa présence l'écran d'une salle obscure.

Du grand spectacle, de l'humour, de l'espace, du suspens, des pyjamas, de l'action, de l'émotion et des téléportations, pour sûr j'ai vu un excellent film de science-fiction, qui démontre la force de cet univers qui tient finalement, plus que par sa chronologie, surtout parce qu'il véhicule certaines valeurs toujours d'actualité, même 40 ans plus tard, et qu'Abrams a eu la bonne idée de ne pas diluer dans du sentimatilisme forcené ou de la castagne à tout va, d'où aussi, quand le générique de fin arrive, la sensation d'avoir vu un vrai film de Star Trek.