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24 déc. 2009

Transformers : Revenge of the Fallen


Plutôt agréablement surpris par le premier, je restai cependant réservé quant au fait que Michael Bay puisse réussir une seconde fois un divertissement filmique sans verser dans le bigger, louder, too much of de tout. Je ne me suis jamais emballé à l'avance pour une michael-bayserie, et ce malgré, et je le répète, un premier volet loin d'être dégueu.

N'y allons pas par quatre chemins : ce deuxième Transformers est raté dans ses grandes largeurs comme dans ses détails. M. Bay n'en a cette fois-ci rien à secouer de raconter un tant soit peu une histoire. Bourré d'ellipses, rajout de seconds rôles inutiles et sans consistance et boursouflé par une réalisation onanique, les personnages s'effacent et sont balayés par l'hystérie d'un réalisateur qui ne veut jamais laisser les choses se poser, préférant laisser ses pulsions scopiques faire un mille-feuilles de séquences de destruction massive quasi gratuites, où le facteur humain ne compte pas et où l'intelligence et la beauté disparaissent. Pour preuve les lieux sacrifiés sur l'autel de la branlette destructrice du sieur Bay : Shangaï, une très belle forêt, une université et particulièrement sa bibliothèque, Petra, Le National Air and Space Museum, quelques constructions antiques égyptiennes dont des pyramides (pendant plus d'une demi-heure), et j'en oublie peut-être un ou deux.

Les rares scènes valables ou bonnes idées (un vieillard transformers, une bombasse decepticon, très T3) sont ainsi noyés dans un bloubiboulga indigeste, pénible et finalement ennuyeux de toutes ses séquences, au point d'avoir du mal à se rappeler de ces bonnes idées. On peut juste dire un grand bravo, encore une fois, à ILM pour avoir réussi des prouesses en terme d'animation et de CGI, mais les responsables des effets spéciaux ne rattrapent en rien l'inanité du film, et son affreuse et interminable bataille finale. Je passerai sur la musique testostéronée à outrance et sur les acteurs qui ne peuvent que passer à coté d'un tel film.

Il paraît que, si un troisème devait se faire, Michael Bay voudrait faire quelque chose de pas forcément plus long, mais plus sombre et qu'il voudrait explorer plus les personnages. Transformers 3, futur film d'auteur ? Ce qui est sûr, c'est que le 2 est en tout cas à foutre dans le même panier que 90% du reste de la filmo de Michael Bay : aux chiottes.

10 nov. 2008

Transformers


Chose promise, chose due, surtout quand le hasard fait bien les choses. Comme je l'ai écrit dans ma critique de The Island, je me devais d'aller jeter un œil sur le dernier rejeton michael-baysien, surtout que les images de la bande-annonce et une critique de Mad Movies avaient plutôt aiguisé ma curiosité.
Point de départ ultra-classique, lutte du bien contre le mal, la Terre menacée, des gros robots donc un matériau tout ce qu'il y a de plus adapté pour notre cher Michael. Faut bien vous avouer aussi que j'étais plutôt sceptique quand à l'intérêt d'une adaptation cinématographique nd'un comics/dessin animé qui semble avoir ses fans, mais qui pour moi reste plutôt du coté Club Dorothée. Et en plus vous savez désormais que M. Bay n'est pas spécialement ma came en terme de péloches.
Ca commence mal, il faut l'avouer. Des militaires, des plans en hélico (le gimmick baysien ultime), un attrissage et ces mêmes militaires marchant au ralenti sous le soleil d'Arabie (un autre gimmick baysien ultime), un aperçu potache du camp militaire, un capitaine qui a hâte de retrouver son bébé et sa femme. J'ai eu peur, je vous l'avoue.
Et puis la menace se dessine, et s'en suit une impressionnante séquence de destruction massive d'un camp militaire par un de ces transformers. Soudain, comme si le fait d'avoir, dans les 5 premières minutes, posés à l'écran ses tics filmiques, Michael Bay nous déroule un vrai film divertissant, grand spectacle, bien foutu, pas trop con et plutôt drôle.
Est-ce l'influence de Spielberg (le père Steven est à la production) ? La maturité ? Une surcharge de tentatives intellectuallisantes pour The Island ? Je n'en sais trop rien, mais Michael nous signe là l'un de ses tous meilleurs films. Il y a de l'humour pas trop lourd (la séquence de drague avec la voiture qui passe des morceaux adaptés à la situation, un must de finesse chez Michael Bay), es personnages ne sont pas pris à la légère, (chapeau bas Shia LaBoeuf, et mention spéciale à John Turturo aux sous-vêtements particulièrement seillants) et jamais les Transformers ne prennent le dessus sur eux ou sur l'histoire. ILM (la boite d'effets spéciaux à G. Lucas) a d'ailleurs fait un boulot exceptionnel : les robots font preuve d'une fluidité impressionnante. Et que dire de l'ultime bataille en pleine ville ?
Pas de héros trop musclés, des personnages attachants (robot et êtres humains confondus), un sujet qui ne paye pas de mine mais qui lui donne les moyens d'exprimer ses envies testostéronnées, une grande boite d'effets spéciaux, un vrai producteur avec une vision artistique, voici peut-être les ingrédients qu'il faut à Michael Bay pour nous pondre (enfin ?) un film qui se regarde avec plaisir du début à la fin, sans avoir l'impression d'être pris pour une buse.
En même temps je suis vache avec lui, parce que je dois bien avouer que ConAir (Les Ailes de l'Enfer, et son atterrissage à Las Vegas !) et The Rock sont loin de m'avoir déplu. Mais merde, là, c'est son meilleur film quand même.


Rectification honteuse de ma part
le 23/12/2008
ConAir, comme me l'a très justement fait remarquer Mariaque dans les commentaires, est de Simon West, qui avait signé là son unique bon film. Je n'avais donc aimé que The Rock de Michael Bay, jusqu'à ce jour. Mais j'aime donc toujours plus de film de Bay que d'Assayas ou de Lelouch.

20 oct. 2008

The Island


Aaaah, Michael Bay... The Rock, Les Ailes de l'Enfer, du gros actionner bourrin pas trop mal troussé et suffisament bien mené pour ne pas s'ennuyer.
Aaaah, Michael Bay... Armageddon aussi. Bad Boys, mouef. Bref Michael Bay est ultra bankable, a toujours de très gros moyens et chaques plans de chaque film veulent tout de même démontrer qu'on dépense pour ceux-ci une bonne grosse dizaine de SMIC toutes les 30 secondes.
Michael Bay, je suis pas contre, mais je suis pas très souvent pour. Alors pourquoi regarder The Island, à la prétention affichée de traiter un sujet vraiment sérieux (la marchandisation de l'humain par le clonage, pour faire vite), donc pour plaire au public qui ne regarde jamais un film de Michael Bay, tout en restant du Michael Bay ?
Parce que je me suis dit que la bande-annonce m'avait trompé et que MB mettrait de coté les 3/4 du film ses tics filmiques. Qu'est-ce que je suis con, moi, des fois.
Bon, il faut lui reconnaitre une première heure pas trop à coté de la plaque, plutôt dans le sujet et je me suis bien laissé embarqué par cette histoire d'île. Les personnages sont bien campés, les acteurs font correctement leur job (Sean Bean en tête), mais on sent quand même cet empressement parfois désagréable au niveau de la caméra, ce besoin d'aller très vite, comme une grosse envie pressante de pisser ; et pourtant, il arrive quand même à mettre en place plutôt proprement ce qui va faire le twist qui va enfin permettre à Michael de se soulager, après s'être retenu (on peut presque le féliciter d'avoir attendu aussi longtemps).
Quand le pot-aux-roses est finalement découvert (l'île=salle d'opérations, eh oui ce sont des clones pour de riches et puissants qui ont ainsi leur assurance d'avoir des organes ou mères porteuses parfaitement coordonnées à eux-mêmes), Michael revient à ses sales habitudes, sales en tout cas dans ce film. Le reste du film est sans intérêt (sauf pour une scène où Scarlett Johansson explose la main d'un mec avec un pistolet à clous, ben oui on se refait pas), une grande entreprise d'explosion et de destruction de toute forme de décor et d'objets en tout genre (ouh la vilaine redite presque cheap, tellement les voyants "alerte plagiat" sont flashy, de la scène d'autouroute de Matrix), y compris de l'histoire. L'intérêt diminue proportionnellement aux débris, et aux plans tape-à-l'oeil en hélico avec des hélicos, qui s'amassent, et même la scène de mélange de fluides Scarlett/Ewan est baclée. Dommage, parce que surgit parfois quelques éléments intéressants : le clone "produit" d'un puissant (mannequin, designer et même President of the USA), tout ça pour rester jeune, en forme, pour garder son pouvoir finalement, sans se soucier d'un quelconque éthique. Un tous pourris pas non plus super prégnant sur la péloche, mais tout de même étonnant chez Michael. Mais s'en est-il vraiment rendu compte, ou doit-on cela seulement au scénario ?
Bref, Michael Bay pêche là par prétention, et excés de confiance en son art cinématographique, et signe là une croûte trop bancale pour être suffisament digeste. Je garde plus de sympathie et d'appêtit pour les deux films de MB que j'ai cité au début de ce post. Faut que j'aille quand même faire un tour du coté des Transformers. MB, on peut pas vraiment l'aimer, honnêtement, mais on peut pas non plus vraiment ne pas y jeter un oeil et puis le deuxième.