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21 juin 2011

X-Men - Le Commencement


Alors qu'Ultime Tâcheron, le super-vilain du navet gros budget à Hollywood j'ai nommé Brett Ratner, avait quasiment enterré la franchise X-Men au cinéma avec l'affreux X-Men 3, je ne donnais pas cher de la possibilité de relancer la franchise.

Mais Bryan Singer, l'instigateur et réalisateur des deux premiers volets, n'a pas lâché l'affaire et proposé le reboot à Matthew Vaughn, tout juste auréolé du succés (largement mérité) de Kick-Ass, mais surtout réalisateur engagé à l'origine sur le 3 et qui avait pourtant quitté le navire avant le début du tournage. Et on en vient à regretter de fait cette décision, car Matthew Vaughn semble avoir tout compris, ou presque, de ce qu'il fallait faire et ne pas faire sur ce genre de film.

Alors j'évacuerai rapidement l'éventuelle querelle ou les possibles réticences quant au canon Marvel, car si quelqu'un comprend exactement où en sont les X-Men, dans quelle dimension parallèle, quel reboot faut-il respecter, quelle équipe faut-il prendre en compte, qu'il me fasse signe, je me ferai un plaisir de lui laisser la parole ici-même.

Je disais donc : Matthew Vaughn a (presque) tout compris. Retour au duo Xavier-Magneto, mais cette fois-ci aux origines, aux 60's, période à la fois foisonnante dans l'histoire du comics lui-même, mais aussi riche en terme de background historique, tant sur la guerre froide que sur la poussée de la défense des droits civiques (le "mutant et fier de l'être" scandé plusieurs fois fait immédiatement penser au "black and i'm proud"). Mais plutôt que de rester sur des aspects sombres, durs principalement développé par Singer dans les deux premiers, les 60's permettent aussi à Matthew Vaughn d'instiller un peu de légèreté, d'humour, de pop façon James Bond. De ce point de vue, le duo Emma Frost-Sebastian Shaw (gigantesque Kevin Bacon) est james-bondien au possible, de la tenue/coiffure de la vénéneuse télépathe au sous-marin classieux de Shaw. Pop certes, mais jamais caricatural, et pas toujours tendre avec ses héros, ne serait-ce qu'avec Xavier, petit péteux dragueur, Gandhi du mutant mais conformiste au possible dès qu'il s'agit de l'apparence de Mystique.

Matthew Vaughn n'oublie aucunement le spectaculaire, sans en faire trop, et réussit particulièrement cette ultime scène, la tentative de vengeance de Magneto envers les navires US et russe. On peut pourtant reprocher à la fine équipe (s'il ne signe pas le scénario, Singer est pourtant à la production) un petit péché d'autoplagiat de par la séquence de massacre/élimination par un téléporteur, car la scène (bien fichue au demeurant car tout se passe au second plan) où Azazel élimine un section entière de la CIA est tout de même un sacré copier-coller de la spectaculaire séquence d'ouverture d'X-Men 2 avec Diablo au sein de la Maison Blanche.

Casting impeccable (aucune faute de goût, premiers ou seconds rôles), solidité et rythme de l'ensemble, il ne faut pas bouder son plaisir devant ce retour en grâce, ou au moins en très grande forme de mes mutants favoris, surtout que les dernières productions Marvel n'ont pas laissé de traces imperrissables. Et Matthew Vaughn confirme, avec ce quatrième film, son goût du travail bien fait (et pourtant le délai pour ce X-Men a été court, 13 mois toute phase comprise) et son sens indéniable du spectacle intelligent. Définitivement, un réalisateur à ne pas perdre de vue.

4 juil. 2010

Kick-Ass


Cela fait plusieurs semaines que je tergiverse sur ce film, enfin sur la chronique que je veux en faire, ne sachant par quel bout la prendre.

Ce film n'a pourtant rien du Stalker ou du Septième Sceau du film de super-héros. C'est juste une mise en abîme de l'univers, des codes du super-héros, et de ce que cela implique dans un monde "réel". Une mise en abîme, issue d'un comics de John Romita Jr. et de Mark Millar, que Matthew Vaughn (l'excellent et frontal Layer Cake, vendu faussement à l'époque comme un Snatch bis) réussit sans problème, grâce à une mise en scène efficace, un scénario solide (et validé par les auteurs du comics) et une belle brochette d'acteurs, où Nicolas Cage retrouve enfin un rôle consistant à la hauteur de ses qualités.

Réussissant habilement le grand écart entre spectacle super-héroïque (les scènes d'action ont vraiment de la gueule, en particulier l'assaut final dans le building de la mafia par Hit Girl), chronique adolescente (excellente introduction) et regard critique sur le mythe du super-héros couplé à quelques piques acerbes sur l'omnipotence de l'image, Matthew Vaughn se permet de déranger là où on ne verrait, dans un contexte cinématographique différent, que des séquences fun et décomplexées, où une gamine de 12 ans éduquée par son père à dessouder du "méchant" et à réclamer un couteau-papillon pour Noël ferait rire une salle parce que "c'est pour de faux". Mais le film arrive à nous pincer une zone du cerveau assez fortement pour nous rappeler que tout ceci pourrait être vrai, et ça perturbe mon regard de spectateur. Là où je jubilais au massacre des 88 Crazies par The Bride dans la House of Blue Leaves (Kill Bill vol.1), je ne peux m'empêcher de me dire qu'une gamine de 12 ans ne devrait pas savoir dézinguer à tout va du mafieux patibulaire, même si elle le fait avec autant de style que The Bride (à ce titre, Chloë Moretz, qui joue la Hit Girl en question, est en tout point bluffante dans son personnage, avec ce qu'il implique à la fois de légèreté et d'horreur).

Vous allez me dire :"mais alors, c'est bon, tu viens de la faire ta chronique, et ça avait pas l'air si compliqué à sortir." Certes. Mais que le film m'ait dérangé dans le bon sens du terme, passe encore, mais en tergiversant aussi longtemps sur cette chronique, j'en suis venu à repenser à la séance de cinéma. Et c'est en fait non pas le film qui me pose encore problème aujourd'hui, mais la réaction d'une partie du public à la vision du film, bouffant du pop-corn et riant à toute scène un peu rentre-dedans, sans distance aucune face au propos du film, rabattant seulement son caquet lors d'une terrible scène de torture. Oui, ce manque de distance chez ces spectateurs, cette recherche de fun à tout crin dans la violence graphique alors que la justice façon super-héros peut rapidement sentir le rance façon vert-de-gris, cela m'a dérangé, car là est l'un des propos du film. Si je ne peux exiger de quiconque d'avoir la même appétance et le même regard pour le cinéma que le mien, il m'est difficile d'accepter ce manque de sens critique, de distance chez certains de mes congénères. Mais je ne m'emballerai pas non plus et n'alourdirai pas ce blog d'une diatribe contre l'appauvrissement des intelligences. Je ne m'attendais juste pas à le vivre devant ce film-là.