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10 janv. 2011

Le Beau-Père


Remake d'un film de 1987, il n'est pourtant pas la peine de se demander s'il vaut ou non l'original (et ça tombe bien, je ne l'ai jamais vu). Il n'y a en effet pas grand chose à sauver dans ce thriller mollasson et convenu, qui peine à donner du rythme et un tant soit peu de frisson à cette histoire pourtant pas inintéressante de maniaque au vernis de beau-père idéal.

Seul le casting quasi exclusivement issu des séries US (d'Urgences à Gossip Girl, en passant par American Gothic, Nip/Tuck, Heroes et House) tient un tant soit peu la route, et soulignons ainsi tout particulièrement la prestation de Dylan Walsh (le Dr MacNamara de Nip/Tuck, où il montrait déjà sa capacité à faire surgir les aspérités d'un personnage aux allures du bon père WASP libéral) qui campe le fameux beau-père sans outrance et dont la simple présence crée le malaise. Mais il ne sauve pas le film, qui lui s'englue dans le cliché final du dénouement sous l'orage et de la petite fin ouverte.

Les plus lubriques d'entre rendront grâce enfin au réalisateur de nous offrir une Amber Heard (All the Boys Love Mandy Lane) en sous-vêtements et bikini les 3/4 du film. Mais l'on se permettra aussi d'ajouter qu'il aurait pu passer aussi un peu d'énergie à réaliser quelque chose de plus potable quand on voit ce que l'acteur principal a fait de son personnage. Allez hop, aux oubliettes la vilaine péloche.

25 oct. 2010

All the Boys Love Mandy Lane


Ne nous attardons pas sur les affres de l'exploitation ciné de cette péloche, datant déjà de 2006, tout fraichement sorti en DVD par chez nous, et longtemps bloquée par les frangins Weinstein, producteur dudit film, refroidis alors par l'échec commercial du dyptique Grindhouse Planet Terror et Death Proof. A la vision, du film, disons-le franchement : ils ont fait les cons.

Voici là une drôle de péloche, à la croisée des chemins d'Halloween, Bowling for Columbine, Carrie et Virgin Suicides. Avec une musique quasi anachronique, ou en tout cas en décalage avec les images, qui accompagne ainsi la camera flottant amoureusement autour de la troublante Mandy Lane, on n'est jamais vraiment sûr de ce que l'on regarde, et c'est par là que le malaise s'installe. Même si, peu à peu, on se rend compte de ce qui se met en place, la caméra n'est jamais vraiment neutre, laissant ainsi le charme de Mandy Lane nous happer, nous offrant un univers adolescent priapique, décérébré, mais pourtant terriblement pathétique dans sa recherche d'amour.

Slasher et chronique adolescente, Jonathan Levine réussit à tout point de vue ce film et nous offre en plus une vraie révélation : Amber Heard. Innocence, trouble et mystère, la jolie blonde joue, incarne, est Mandy Lane, sans fausse note, évanescente et omniprésente. Tous les garçons aiment peut-être Mandy Lane, mais les écrans l'auraient sûrement adoré, car Mandy Lane a été calibré pour le cinéma. A croire que les Weinstein sont passés à coté du charme. Quels cons, ces frangins...

13 oct. 2010

Bienvenue à Zombieland


Difficile de ne pas être emballé par ce que propose Zombieland, à commencer par son introduction originale et efficace et son générique apocalyptique au son du Metallica grande époque ( avec Cliff Bole à la basse) "For Whom The Bell Tolls". Difficile de ne pas être emballé par le casting quatre étoiles, Woody Harrelson en tête en cowboy allumé et torturé (avec lui le banjo et le petit air de Délivrance deviennent littéralement mortels...). Difficile de ne pas tomber en pâmoison devant le gros cameo de Bill Murray dans le rôle d'un Bill Murray ultra hollywoodien, villa, robe de chambre en velours rouge et tout le bataclan. Difficile de s'ennuyer, enfin, dans ce zombie/road movie/comédie sans baisse de rythme, fun mais pas parodique, respectueux du genre, avec pas mal de bonnes idées (les fameuses règles de survie érigées en running gag, le détournement de la traditionnelle scène de contamination/élimination, l'absence totale de simili pouvoirs résiduels...) et offrant un final à la hauteur de l'ensemble.

Mais je ne crierai ni au génie ni au culte. Car si Zombieland est sans aucun doute un excellent film de zombie, je n'ai pu m'empêcher en le regardant de penser à Shaun of the Dead, le chef d'oeuvre du trio Wright-Pegg-Frost, tant ces deux films sont similaires par bien des points, et à se demander même si Zombieland n'est pas la réponse US aux zombies d'Albion. Entre cette volonté de ne pas jouer sur l'héroïsme, de proposer un un vrai film de zombies mais pas que, d'utiliser le quotidien et la routine et de la pervertir avec des zombies, cette volonté des personnages de maintenir ou de retrouver une cellule familiale rassurante, diffcile de ne pas voir un sérieux lien de cousinage entre les deux films.

Pourtant, là où Shaun of the Dead offre une grande subtilité (ne serait-ce que dans sa première séquence où nous passons tous pour des zombies) même dans la terreur ou les aspects les plus beaufs des personnages, Zombieland apparaît comme un blockbuster de qualité certes, mais ne jouant pas tout à fait dans les mêmes sphères de subtilité, où les personnages, même bien écrits, sont plus typés (le geek a désormais, si l'on en doutait encore, un potentiel héroïque et sexy ultra bankable) et le spectaculaire reste la clef de voûte. Et l'arrivée pour 2011 d'une suite (dont l'intérêt artistique et scénaristique nous laisse dubitatif) achève de me convaincre que j'ai regardé un film de zombie bien plus hollywoodien qu'il n'y paraît. Et bien que je me sois délécté de Zombieland, il n'est pas prêt de faire tomber son illustre ainé Shaun of the Dead de son piédestal.