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24 juin 2011

Les Valeurs de la Famille Addams


On prend les mêmes et on recommence...

Sans apporter de véritables changements de taille par rapport au premier volet des aventures de la famille Addams, Barry Sonnenfeld nous offre une comédie familiale gentiment incorrecte, avec son lot de petites vengeances envers quelques symboles du bon goût et de la bienséance made in USA.

Si le scénario diffère peu du premier dans ses grandes lignes (il y a toujours quelqu'un qui en veut à la fortune des Addams, l'amour entre Gomez et Morticia est toujours aussi joyeusement desaxé et les enfants déploient toujours des trésors de sadisme), on garde toujours un certain plaisir à voir un camp de vacances massacré (et la pique facile à Disney fait toujours du bien), un nourrisson à moustache, nourri au russe blanc, cible de la jalousie sadique des ses frangins et un furieux et libidineux tango, tout cela grâce tout d'abord à un casting impeccable et une interprétation au poil.

Je pense même que ce deuxième volet est supérieur au premier, Sonnenfeld exploitant à merveille la noirceur divertissante de chaque Addams, et en particulier en ce qui concerne la petite perle du film, Mercredi (Christina Ricci forever), entre ses amours naissantes et son mauvais esprit poseur.

Presque 20 ans et toujours jubilatoire, Les Valeurs de la Famille Addams passe les années en gardant cette amertume vivifiante, gentil majeur dressé salutaire sans être révolutionnaire.

13 févr. 2011

La Famille Addams


Déjà presque 20 ans pour cette Famille Addams, et il faut dire qu'elle vieillit plutôt bien. Si l'on passe outre la chanson du film chantée par MC Hammer (Addam's Groove, pour les plus courageux seulement...), Barry Sonnenfeld nous offre un divertissement gentiment incorrect et gothiquement hollywoodien, prenant un malin plaisir (et nous aussi) à retourner le canon des comédies familiales hollywoodiennes. Il faut dire que l'air était propice, les Simpsons exposaient hardiment leur mauvais esprit à la télé et Burton avait montré la voie et trouvé le succés avec Beetlejuice et Edward aux Mains d'Argent.

Si l'histoire est somme toute classique (le retour de Fester après 25 ans d'absence... mais est-ce bien lui où un imposteur ?), Sonnenfeld ne ménage pas ses efforts pour maintenir le rythme de film, ponctuant l'intrigue principale de scénettes vachardes, où Mercredi (exceptionnelle Christina Ricci) déploit tous ses talents en tortures diverses. N'oublions pas le couple amoureux fou, flirtant régulièrement avec le SM, que forme Gomez et Morticia, tout deux incarnés avec beaucoup de classe par le défunt Raul Julia et la troublante Angelica Huston (qui d'autre aurait pu être Morticia ? Hein ?). Christopher Lloyd en fait des caisses mais cela sied parfaitement à Fester et souvenons enfin la performance technique qu'a été la réalisation de la Chose, la main vivante jouée par l'acteur canadien Christopher Hart, dont l'ensemble du corps a été effacé numériquement pour ne conserver que la main à l'écran.

Pas avare en mauvais esprit, en bons mots et en décadence visuelle, la Famille Addams est une vrai douceur gentiment acide et défoulatoire qui ne fait pas son âge. Si Hollywood pouvait nous en refaire quelques unes, de péloches, dans le genre de temps en temps...