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2 août 2012

The Dark Knight Rises


Il est difficile de reprocher à Nolan son sens du cadre, de la caméra et sa volonté de proposer du cinéma à la fois spectaculaire et cérébral. Mais ce qui pointait déjà dans les précédents volets du Dark Knight et qui sautait aux yeux dans le surestimé Inception, c'était le manque d'humanité, de sentiments, d'émotion, d'empathie. Tout semblait être coulé dans du béton armé, dans un réalisme chirurgical, formellement impressionnant mais humainement vide.

Et cet ultime volet de la saga Batman version Nolan est à ce titre une vraie surprise. Enfin, Nolan conjugue sa science du plan (et de l'arrière-plan), du découpage, de la composition avec, dans sa camera, une véritable empathie pour ses personnages qui transpire de la bobine.

Nolan propose certes une conclusion, mais tout d'abord 2h40 de cinéma extrêmement maitrisé et réfléchi, où Gotham en véritable personnage à part entière subit toutes les plaies étasuniennes (de la bomba atomique au 11 septembre), refusant la 3D (mais éblouissant les mirettes avec des plans IMAX), au casting sans faute et conservant jusqu'au bout la logique et le cadre qu'il a donné à son Batman.

A mon humble avis, ce Dark Knight Rises est tout bonnement le meilleur des trois, tout en étant de bout en bout indissociable des deux précédents films. Et peut être bien le meilleur Nolan à ce jour. Et, juste histoire de, si Michelle Pfeiffer sera à tout jamais Catwoman, Anne Hathaway fait une formidable Selina Kyle.

23 déc. 2010

Inception


J'étais pourtant le client idéal : scénario alambiqué juste ce qu'il faut (introduction labyrinthesque au possible), bonnes idées (les défenses du subconsient qui cherchent l'auteur du rêve, le personnage de Cotillard), caméra brillante, prouesses techniques (les scènes en apesanteur dans l'hôtel sont bluffantes) et casting haut de gamme (Leo Di Caprio se bonifie avec l'âge, Cotillard a la classe, Ellen Page confirme tout le bien que je pense d'elle...).

Mais si ce n'est pas un mauvais film, disons tout de même qu'il est possible qu'on en ait fait beaucoup trop autour de ce film. Très solide sur beaucoup de points, Christopher Nolan pêche pourtant ici par ambition, tant il semble vouloir nous épater plutôt que de nous émouvoir. Il rate ainsi quelques points intéressants comme les soi-disantes architectures labyrinthiques des différents rêves (quasiment inexploitées), la fin ouverte est un peu facile (dans ce genre de film, une telle fin frise le cliché), la séquence neigeuse jamesbondesque est plutôt raté et le concept d'inception est complétement sous-exploité. En effet, si l'implantation d'une idée dans l'esprit du personnage de Cillian Murphy est sensée être l'une des deux intrigues principales, toute cette partie de l'histoire n'est guère immersive et sa conclusion est torchée à la truelle.

Mais surtout, là où Nolan se plante, c'est dans l'émotionnel du monde du rêve. Alors que ce monde-ci est sensé être régi par les émotions, les rêves apparaissent toujours froids, durs, glaciaux, carrés, sans aspérités, chirurgicaux. Seule la relation entre Leo et Cotillard développe un tant soit peu cette relation onirisme/émotion et offre quelque possibilité d'attachement à ces deux personnages (pour les autres personnages, et exception faite de celui d'Ellen Page, difficile de ressentir quoique ce soit envers eux, simples rouages dans une mécanique de grand casse très Ocean's Eleven, moins cérébral certes, moins "sérieux" mais aux seconds rôles pourtant plus étoffés). Le reste n'est pas plus immersif et touchant qu'un blockbuster de Michael Bay, même si c'est un peu plus intelligent.

Blockbuster, donc, un chouia au-dessus de la moyenne par son concept et le talent de mise en image de Nolan, ce n'est pourtant qu'un blockbuster parmi d'autres et loin d'être le chef d'oeuvre annoncé et encensé : Inception, déception.