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4 juil. 2010

Kick-Ass


Cela fait plusieurs semaines que je tergiverse sur ce film, enfin sur la chronique que je veux en faire, ne sachant par quel bout la prendre.

Ce film n'a pourtant rien du Stalker ou du Septième Sceau du film de super-héros. C'est juste une mise en abîme de l'univers, des codes du super-héros, et de ce que cela implique dans un monde "réel". Une mise en abîme, issue d'un comics de John Romita Jr. et de Mark Millar, que Matthew Vaughn (l'excellent et frontal Layer Cake, vendu faussement à l'époque comme un Snatch bis) réussit sans problème, grâce à une mise en scène efficace, un scénario solide (et validé par les auteurs du comics) et une belle brochette d'acteurs, où Nicolas Cage retrouve enfin un rôle consistant à la hauteur de ses qualités.

Réussissant habilement le grand écart entre spectacle super-héroïque (les scènes d'action ont vraiment de la gueule, en particulier l'assaut final dans le building de la mafia par Hit Girl), chronique adolescente (excellente introduction) et regard critique sur le mythe du super-héros couplé à quelques piques acerbes sur l'omnipotence de l'image, Matthew Vaughn se permet de déranger là où on ne verrait, dans un contexte cinématographique différent, que des séquences fun et décomplexées, où une gamine de 12 ans éduquée par son père à dessouder du "méchant" et à réclamer un couteau-papillon pour Noël ferait rire une salle parce que "c'est pour de faux". Mais le film arrive à nous pincer une zone du cerveau assez fortement pour nous rappeler que tout ceci pourrait être vrai, et ça perturbe mon regard de spectateur. Là où je jubilais au massacre des 88 Crazies par The Bride dans la House of Blue Leaves (Kill Bill vol.1), je ne peux m'empêcher de me dire qu'une gamine de 12 ans ne devrait pas savoir dézinguer à tout va du mafieux patibulaire, même si elle le fait avec autant de style que The Bride (à ce titre, Chloë Moretz, qui joue la Hit Girl en question, est en tout point bluffante dans son personnage, avec ce qu'il implique à la fois de légèreté et d'horreur).

Vous allez me dire :"mais alors, c'est bon, tu viens de la faire ta chronique, et ça avait pas l'air si compliqué à sortir." Certes. Mais que le film m'ait dérangé dans le bon sens du terme, passe encore, mais en tergiversant aussi longtemps sur cette chronique, j'en suis venu à repenser à la séance de cinéma. Et c'est en fait non pas le film qui me pose encore problème aujourd'hui, mais la réaction d'une partie du public à la vision du film, bouffant du pop-corn et riant à toute scène un peu rentre-dedans, sans distance aucune face au propos du film, rabattant seulement son caquet lors d'une terrible scène de torture. Oui, ce manque de distance chez ces spectateurs, cette recherche de fun à tout crin dans la violence graphique alors que la justice façon super-héros peut rapidement sentir le rance façon vert-de-gris, cela m'a dérangé, car là est l'un des propos du film. Si je ne peux exiger de quiconque d'avoir la même appétance et le même regard pour le cinéma que le mien, il m'est difficile d'accepter ce manque de sens critique, de distance chez certains de mes congénères. Mais je ne m'emballerai pas non plus et n'alourdirai pas ce blog d'une diatribe contre l'appauvrissement des intelligences. Je ne m'attendais juste pas à le vivre devant ce film-là.

11 janv. 2010

Ghost Rider


Que dire ? Ce film est un ratage total. Il faut dire que l'affiche annonce la couleur et que le générique du film enfonce le clou après une introduction brouillone et toute vilaine. Cette péloche à peine digne d'un direct-to-video est une réécriture honteuse et pop-corn du comics sans une seule once de volonté de faire un divertissement correct. La réalisation ne vaut strictement rien et se ridiculise encore plus par l'utilisation massive de CGI terriblement laids, la musique est d'une abyssale nullité, l'histoire ne vaut pas tripette, les punchlines sont affligeantes et les acteurs sont soit nuls (les démons sont moches et ridicules), soit à la ramasse (la callipyge Eva Mendes n'est que callypige, dans ce film en tout cas, et n'est que l'ombre du personnage féminin original). Nicolas Cage a décidément une drôle de carrière ces derniers temps, capable souvent du pire (il est ridicule ici) ces derniers temps. A croire qu'il dit oui à tout, ou qu'il ne sait pas lire, ou qu'il signe ses contrats sous Rohypnol ou GHB, ou que ses cachets sont si ridicules qu'il doit jouer dans tout ce qui passe (ce qui revient à la première hypothèse). Ou il est maso. Ou il n'en a rien à secouer et fait l'acteur comme d'autres font éboueurs.

S'il n'y a pas grand chose de plus à dire sur Ghost Rider, je me pose toutefois des questions sur la firme Marvel. A-t-elle, tout comme Johnny Blaze, passer un pacte avec Méphistophélès l'obligeant à refiler ses franchises au premier tâcheron qui passe, voire de lui redonner une franchise quand il vient d'en bousiller une première (le réalisateur, Mark Steven Johnson, est déjà coupable du Daredevil) et en plus de lui proposer de faire une suite à cet affreux film dont je vous parle (Ghost Rider 2 est annoncé pour 2012) ? Ou vraiment n'en a-t-elle strictement rien à foutre de ses personnages (rappellons au passage qu'au States les personnages de comics appartiennent aux firmes comme DC ou Marvel et non aux auteurs) et en profite juste pour se faire un max de blé, peu importe la manière ? Sûr que de ce point de vue, DC Comics semble tout de même moins gourmand, ou plus regardant sur le résultat final. Mieux vaut, dès lors, se replonger dans ses vieux Strange et se dire que Spidey et les X-Men de Synger (je ne parle pas du 3) ont eu du bol. Leurs camarades de papier, pour la plupart, ont eux été sacrifiés sur l'autel du Dieu Vert.