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1 mai 2012

Avengers


Après la qualité très variable des précédents films annonçant la réunion de famille, et sachant que cette même réunion fut décidé quelque peu sur le tard, réussir à lier tout cela tout en s'en démarquant relevait de la quasi mission impossible. Puis Joss Whedon arriva et et l'espoir apparu au bout du tunnel. Mais au final, a-t-il réussi ?

Serait-ce de par sa science de la gestion de personnages multiples acquise au cours des 7 saisons de Buffy ? Serait-ce grâce à sa connaissance et son travail fait avec Marvel autour de comics ? Serait-ce parce qu'il a eu les coudées franches ? Car, oui, Whedon, réussit à (re)lancer une franchise pas forcément bien barrée, et il le fait avec un talent fou. Autant sur le scénario qu'à l'écran, Whedon fait montre d'une maîtrise impressionnante, n'oubliant aucun personnage (tous ont leurs moments de gloire), ne les dénaturant jamais (voire, comme avec la Veuve Noire, leur donne enfin de l'ampleur), s'amusant avec eux au détour de répliques cinglantes (les vannes d'Iron Man sont de grands moments). Et, surtout, il n'oublie jamais le fait que ces Avengers sont une alliance improbable et fragile entre des "héros" ne partageant, à l'inverse des X-Men, que la préservation de leurs intérêts individuels.

Mis en valeur par un méchant, Loki, à la hauteur de leurs égos respectifs, ces Avengers crèvent l'écran et Whedon gagne enfin la reconnaissance du grand écran. Et il n'hésite pas à donner une leçon de cinéma d'action lors de la bataille finale, véritable mélange entre une guérilla urbaine et une guerre de tranchées, gérant à merveille tous les enjeux narratifs et visuels avec un sens de l'équilibre enivrant, là où un Michael Bay ne propose avec une séquence similaire dans Transformers 2 que déstruction priapique et hystérique.

Si Abrams, au parcours relativement similaire (à l'exception que Whedon a été moins couronné de succès après Buffy sur grand et surtout petit écran, malgré des œuvres exceptionnelles comme Dollhouse), est désormais bien installé autant sur petit que sur grand écran, gageons qu' Avengers permettra aussi à Whedon de connaître la même reconnaissance, au delà de geeks comme moi vénérant son whedonverse, et de lui permettre de poursuivre avec un deuxième Avengers annoncé (ne partez pas au générique de fin). Car le futur grand méchant promet.

22 févr. 2012

Captain America The First Avenger


Je n'attendais rien du Captain, loin de faire partie de mon panthéon Marvel. Et les films tournant autour des Vengeurs (Thor et Iron Man) ne m'ont jusqu'alors guère emballé. Si l'on ajoute à ça un super héros fleurant bon un patriotisme que je ne goûte guère et un Joe Johnston à la caméra, pourtant compagnon de route de Lucas et Spielberg, qui ne m'a jamais emballé en tant que réalisateur, dubitatif pourrait être aisément le mot définissant mon état d'esprit avant de visionner ce film.

Et c'est agréable d'être surpris comme cela. A comparer de ses précédentes réalisations (au hasard : Rocketeer, Jumanji et Jurassic Park III), Joe Johnston signe là sûrement son meilleur film. Jouant à fond la carte de l'aventure, de l'action et de l'héroïsme old school, sans jamais flirter avec la naphtaline d'un patriotisme rance et burné (le film détourne même de façon intelligente la propagande de guerre), il nous offre deux heures de spectacle rétro-futuriste divertissant, au sens le plus noble du terme. A ce titre, les effets spéciaux et autres CGI sont, à l'inverse d'un Thor ou d'un Green Lantern, là pour servir le film, offrir le cadre visuel adéquat, et pas juste pour en mettre plein la vue en essayant de masquer l'indigence d'un scénario.

Un héros très humain (Chris Evans, convaincant), un vrai méchant (Hugo Weaving, impeccable sous le masque du Crane Rouge), des seconds rôles solides (Tommy Lee Jones en tête), le film n'oublie pas non plus de se référer à la BD de Kirby, ne serait-ce que par la présence des Howlers, le commando qui suivra le Captain dans sa guerre contre Hydra. Et Joe Johnston se permet même de citer Indiana Jones (une réplique du Crane Rouge, rappelant la recherche de reliques dans le désert, ainsi que sa mort, assez proche de celle des nazis dans l'Arche Perdue) et Star Wars, dans une poursuite forestière à moto rappelant celle en speeder du Retour du Jedi.

Et si, à titre personnel, j'aurais largement préféré que le film se termine sur ce crash polaire (les 5 dernières minutes étant là uniquement pour faire le lien avec la réunion de famille que sera The Avengers), je ne boude pas pour autant mon plaisir. Honnête de bout en bout, Captain America m'a, et j'en suis le premier surpris, tout simplement conquis.

18 janv. 2012

Thor


Chez Marvel Comics, je le dis tout de go : les Vengeurs ne sont pas ma tasse de thé. Moi, mon truc, ce sont les mutants, avec ou sans X. Et Thor est bien l'un des héros de la Marvel qui, dans le lot de ceux qui ne font pas frétiller mes neurones de fanboy, refroidit, sans jeu de mot avec les rigines du sieur Thor, sans forcer mes ardeurs geek parfois peu avouables.

Et quand j'ai su qu'une idôle de ma jeunesse, Kenneth Branagh, celui- là même qui ouvrit mon esprit à Shakespeare (et je l'en remercie à jamais), se chargeait de réaliser, je me disais alors que le besoin d'argent fait faire de drôles de choix (même si je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, bien évidemment).

Jamais foncièrement réussi, pas non plus totalement raté, Branagh signe un pop corn movie bien calibré, ni plus ni moins, où il ne se passe tout de même rien de passionnant. Une intro bancale, une réalisation parfois aussi (littéralement d'ailleurs, mais quel est donc cette manie et l'objet de basculer la caméra à l'oblique, à moins que cela soit un drôle d'hommage au nanar scientologue Battlefield Earth, le film 100% décadré), des décors d'Asgaard qui font des réception de l'ambassadeur un modèle de sobriété, des séquences terrestres rarement captivantes. Et puis des fois, on se raccroche au wagon, surtout parce que le personnage le plus intéressant du film n'est pas Thor mais son frère Loki. La fin fratricide est d'ailleurs le meilleur moment du film, où l'on sent que Brannagh a pu lâcher un peu les chevaux d'une production malgré tout bien trop calibré pour en tirer réellement quelque chose. Même Natalie Portman, qui d'habitude apparaît à nos yeux si délicieuse, nous semble fade et potiche.

Il s'agit ici clairement d'introduire Thor en vue de la grande réunion des Vengeurs au cinéma. Mouef... Plaisant, mais sans plus, que Brannagh retourne à ce qui l'emballe vraiment, ou qu'il nous fasse un vrai film de super-héros avec de l'enjeu et de la tension. Gageons en tout cas que ce n'est pas ce film qu'on retiendra de sa filmographie.

4 déc. 2009

Iron Man


J'ai cru entendre, à l'époque de sa sortie, crier presque au génie, ou mettre ce film dans le très-haut du panier du film de super-héros, malmené avec certaines franchises du genre 4 Fantastiques (déjà que le premier est une purge, le deuxième en arrive à être presque inqualifiable). Je dois tout de même avouer que ce personnage de l'univers Marvel, et ses potes des Vengeurs de la côte ouest, n'ont jamais été ma came plus que ça, ayant toujours été plus porté du coté de l'Institut Xavier. Mais ses premières aventures sous le soleil du Vietnam et la fabrication de la première armure m'ont tout de même marqué, et la genèse du personnage est plutôt intéressante.

Bon point pour le film, et c'est d'ailleurs sa meilleure partie, il reprend, en le déplaçant du Vietnam à l'Afghanistan, le même point de départ que le comics originel. Et c'est agréable de retrouver une genèse similaire, donc un respect de l'œuvre originale : le playboy vendeur de mort, l'enlèvement et la blessure quasi fatale, la rencontre et la relation avec le professeur Yinsen, le design de la première armure, moderne et à la fois très en rapport avec celle de la BD... Robert Downey Jr est bon, aucun doute, il porte bien son personnage et ce coté classe, playboy, mondain mais blessé à la fois physiquement et intérieurement lui va très bien.

Mais après cette bonne première demie-heure, le scénario devient vite prévisible et très convenue : recherches, secrets, amours, trahison(s) jusqu'au dénouement final... C'est pas mal mené, c'est pas mal filmé (les CGI, les séquences de vol d'Iron Man entre autre, ne m'ont pas spécialement emballé tout de même, manquant souvent de réalisme, dans un style similaire les CGI des Spidey sont un cran au-dessus) mais ça manque d'un truc en plus pour totalement m'emballer. Jon Favreau n'est pas Sam Raimi ; sur des intrigues relativement similaires, chez le premier l'ennui pointe presque son nez, le talent du second donnant la touche en plus qui fait la qualité supérieure du premier Spiderman face à ce premier Iron Man (le second arrive l'année prochaine).

Voilà. Un film de super-héros correct sans plus, loin d'être d'une transcendance folle, un pop-corn movie pas trop vilain. Et Downey Jr tient tout de même le film sur ses épaules, car les seconds rôles sont loin d'être, à part le prof Yinsen (joué par Shaun Toub, inconnu au bataillon). terriblement dignes d'intérêt. S'il arrive sans trop de mal à être au-dessus du lot d'un bon paquet de franchises bousillées (Punisher, Ghost Rider, Daredevil, Elektra, 4 Fantastiques, X-Men 3, et l'inénarrable Catwoman...), on ne peut pas dire qu'on attend de fait le deuxième volet. Et si l'ami Il Gatto vient de nous révéler une possible erreur de casting, la fin du film (il faut aller au bout du bout du générique de fin) nous en révèle une, déjà en 2008, en la personne (et il rempile pour le 2) de Samuel L. Jackson en Nick Fury, non pas qu'il soit noir mais il n'a juste pas le visage de l'emploi : trop souriant, pas assez anguleux, trop cool et pas assez implacable. Mais ce n'est que mon humble avis.